Sassou Nguesso : Un pseudo-panafricaniste ENCOMBRANT !

Arrivant presqu’au soir de son règne sans partage de 50 ans, le dictateur Sassou Nguesso vient de se faire proclamer le premier des panafricanistes qui soient, en décidant d’ouvrir largement les portes et frontières du Congo à tous les ressortissants des pays africains. A partir du 1er Janvier 2027, tous les citoyens des 54 pays africains entreront sur le territoire congolais sans visas.

Ainsi donc, le Congo dont la capitale est Brazzaville, sera le premier pays dans le monde à ouvrir ses frontières largement aux citoyens de plus de 50 pays, à y entrer sans visas, et certainement à y habiter. Une grande première dans le monde. Eh ben oui, il faut bien des premiers de la classe, et Sassou Nguesso devient ainsi le premier panafricaniste de la classe ! Chapeau à notre « empereur abidjanais ! » A première vue, on serait tenté de saluer cette décision qui semble œuvrer pour l’unité africaine ! Mais que chiche ! De quelle unité Sassou Nguesso voudrait-il afficher quand bien même que les populations de son propre pays sont livrées à des conditions de pauvreté absolue par la faute même de celui-là qui veut proclamer cette unité de façade !!

De quelle unité africaine Sassou Nguesso veut parler quand bien même, sa gouvernance est caractérisée par des pratiques (népotisme, tribalisme, clanisme, exclusion, …) tout à l’opposé de ce qu’il dit et de ce qu’il veut montrer à la face du monde ! Pourquoi en-est-il ainsi avec ce monsieur ?

A ce jour, il n’y a aucun pays connu au monde, aucun, qui a ses frontières largement ouvertes aux citoyens de plus de 50 autres pays. Aucun pays ! Les Etats-Unis d’Amériques, la plus grande puissance militaire et économique du monde a ses frontières ouvertes aux citoyens de près de 40 pays (près de 30 pays européens et quelques pays asiatiques et américains); mais soulignons-le avec gravité, les Américains ont tous les moyens, des plus simples aux plus sophistiqués de contrôler tous les flux des entrants et des sortants dans leur pays. Moyens qu’aucun pays africain ne peut disposer, encore moins le pauvre Congo du dictateur Nguesso.

Il faut très sincèrement avouer que nous, amoureux de Marcus Garvey, Frantz Fanon, Check Anta Diop, Nkwame Nkrumah, Thomas Sankara, Mohammar Khadaffi, et autres africains ayant exprimé leur amour pour ce continent africain, avons de la peine a trouver des mots justes pour écrire ce texte. Nous ne savons ce que les actuels jeunes « haut-parleurs » du panafricanisme (tels Nyamsi Franklin, Nathalie Yamb, Ibrahim Traore, Kemi Seba, et autres) disent ou diront à propos de la mesure proclamée par Sassou Nguesso. Ces jeunes panafricanistes cités n’ont jamais hésité d’accuser en effet Sassou Nguesso d’être l’un des piliers de la Françafrique, donc un des dirigeants africains qui œuvrent pour servir principalement les intérêts des autres en lieu et place de servir les intérêts des africains. 

Congo-Brazzaville : un pays presque à l’agonie !

Soyons clairs et nets : Il n’est pas un secret qu’au Congo, plus de 95% de la population vit quotidiennement sous des conditions de pénibilité presqu’incroyables pour un pays producteur de pétrole : sans eau potable courante, sans électricité fiable, sans voies de communications viables, sans voiries (donc cohabitant avec des tas d’ordures partout), sans systèmes éducatifs et sanitaires de qualité. Et la liste des manques est longue ! Et comme ce n’est pas un secret, même les dirigeants et citoyens des autres pays africains font de ces manques, a juste titre, des sujets de moquerie contre le Congo.

Les congolais croupissent sous un système de corruption et de népotisme érigé en mode de gouvernance où les détournements de l’argent et des biens publics (par les dirigeants et leurs associés) sont érigés en valeurs dans tous les coins du pays. En quoi des masses d’africains venus d’autres pays viendront-ils changer la donne, si ce n’est pour aggraver les choses déjà mal en point dans le pays !

Pourquoi Sassou ouvre-t-il les frontières à tous les citoyens africains ?

Aucun parlementaire congolais ne sera en mesure de répondre à la question ?  Une jeune dame congolaise, apparemment aux parfums de certains secrets d’hommes de pouvoir à Brazzaville, a décrit cette annonce comme étant « un effet d’ivresse de papy Sassou » et demande même de savoir qui avait écrit le discours lu par le dictateur congolais à Brazzaville, le Lundi 26 Mai 2026.

Quels parlementaires congolais, d’ailleurs tous (ou presque) nommés avec la volonté du dictateur a été consultés en amont de cette décision ?  

Comment en effet comprendre que dans un pays producteur de pétrole (depuis 1968), peuplé d’à peine 5 à 6 millions d’habitants, avec plus près de 80% de la population vivant dans des conditions frisant la pauvreté absolue, le président dictateur bombe le torse, sans consulter ses amis-affidés parlementaires, pour annoncer l’ouverture grande des frontières du pays ? La question subséquente est : comment un président qui cultive et manifeste du dédain pour son propre peuple, qu’il dirige depuis plus de 40-ans en leur refusant le minimum de bien-être et donc le refus de leur évolution socio-économique digne, peut-il en même temps dire aimer les autres peuples africains pourtant physiquement semblables aux congolais ?

Le Congo Brazzaville, déjà l’un des pays les plus ouverts et les plus accueillants sur le continent africain, donc au monde, est déjà trop rempli de citoyens d’autres pays. Allez-y visiter les marchés de Pointe-Noire, Loubomo, Ouesso, Impfondo, Kelle, Ollombo, Oyo, Djambala, Poto-Poto, Moungali, Ouenzé, Nkayi, Owando, etc, vous verrez que plus de 80% des commerçants sont des non-congolais. Les activités du secondaire (surtout dans la construction), de service (transport, finance, import/export, mécanique) sont principalement aux mains des étrangers (non-africains et africains).

Les jeunes congolais, diplômés et non-diplômés, formés ou non-formés, sans distinction, sont plongés dans un chômage endémique ? Que viendrait donc faire ces frères et sœurs africains, sûrement à la recherche d’un eldorado, dans ce pays de misère connue de tous ? Sassou Nguesso et ses conseillers peuvent-ils répondre sérieusement à ces questions. En quoi d’autres africains venus en masse d’autres pays, sans visas, viendront-ils changer la donne, si ce n’est pour aggraver ce chômage et ce mal-être dont l’insécurité !

Il y a tellement à dire sur ce sujet ! Et il rappelle la lutte des congolais contre l’installation des rwandais, déguisés en agriculteurs dans les terres au sud du Congo ! Cette décision proclamée par Sassou Nguesso s’inscrit dans le même registre.

Et pendant que nous écrivons ces lignes, nous apprenons justement que trois membres de la famille du dictateur Nguesso viennent d’être condamnés (à Paris) pour détournement et blanchiment de près de 2.7 millions de US-dollars (soit près de 1530 milliard CFA) orchestrés avec la complicité active de la compagnie américaine Propharma.

Pour conclure, on a comme l’impression que le dictateur Sassou Nguesso, au soir de sa vie, veut irrémédiablement se venger contre le peuple congolais avec lequel il n’a jamais connu un amour qui normalement lie des dirigeants à leurs peuples. Faute donc d’avoir eu l’amour de la part du peuple congolais, il leur inflige des conditions quotidiennes de vie incroyablement misérables malgré les richesses immenses du pays, principal producteur de pétrole en Afrique.

En décidant donc de faire venir en masse des populations africaines au Congo, il dit aux congolais : vous ne m’avez pas aimé pendant tout mon règne, eh ben, vous allez voir ce que je vais vous laisser comme misère, vous allez continuer à me subir, et vous ne serez pas prêts à m’oublier, toujours dans vos misères de vie.

Face à cette décision d’un monarque en fin de règne, il n’y a que le Peuple Congolais qui sera son propre rempart pour protéger les intérêts du Congo. La décision de Sassou Nguesso ne s’inscrit ni dans une démarche de coopération authentiquement humaine, ni dans une démarche panafricaniste comme il veut l’afficher en cherchant des applaudissements dont il est en manque de la part de son peuple dans son propre pays le Congo.  Il n’y aura ni de communauté internationale, ni de communauté africaine qui viendront au secours de ce pays livré au désidérata d’un homme trop trop imbu de sa personne. Nous osons espérer qu’il y aura au moins quelques parlementaires assez courageux pour apporter le débat de cette décision dans les rangs de l’Assemblée nationale. Mais répétons-le avec force, seul le Peuple Congolais sera le Défenseur du Congo. Ce papier n’est pas un appel contre l’unité africaine, mais un appel à un panafricanisme réfléchi, concerté et assumé.

Abel Ossé

Diffusé le 03 juin 2026, par www.congo-liberty.org

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Une réponse à Sassou Nguesso : Un pseudo-panafricaniste ENCOMBRANT !

  1. Samba dia Moupata dit :

    Le problème de Sassou Denis réside dans son absence de vision et de réflexion, ainsi que dans une forme de déni des réalités les plus élémentaires. Dans un pays où moins de 10 % de la population majoritairement Mbochi dispose d’une véritable activité économique, tandis que plus de 90 % survivent difficilement, souvent grâce à la rente locative ou à l’héritage familial accumulé depuis des décennies, lancer un appel à une immigration massive en provenance de toute l’Afrique relève d’une profonde irresponsabilité.

    L’une des principales faiblesses de Sassou Denis demeure son manque de culture et de compréhension des enjeux économiques et sociaux. Quant à ses relations avec ses conseillers, elles semblent davantage fondées sur la vassalité et la soumission que sur le débat d’idées, la compétence et la contradiction constructive. C’est précisément ce mode de gouvernance qui entretient les dérives et empêche toute remise en question sérieuse.

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