L’insoutenable omerta de Louis Sylvain Ngoma sur l’assassinat du président Marien Ngouabi

Louis sylvain Ngoma

« On peut tout fuir, sauf sa conscience »

Né le 24 juin 1941 à Pointe-Noire,  inamovible ambassadeur du Congo-Brazzaville au Brésil depuis le 21 avril 2012, ayant également prérogatives  sur l’Argentine, la  Bolivie, le Paraguay, le Chili, l’Uruguay, le Pérou, le Vénézuéla, la Colombie, le Suriname, l’Equateur, la Guyanne Britannique, membre éminent du PCT de la première heure depuis 1970, ce personnage de haut rang qui sait tout des crimes de Sassou Denis, garde le silence depuis l’assassinat  du Président  Marien Ngouabi, officiellement, le 18 mars 1977, dans la chambre numéro 8 de l’hôtel Mistral de Brazzaville.

Défini par son initiateur Régis le sommier comme « le Silence gardé sur un sujet compromettant ou tabou », l’assassinat du Président Marien Ngouabi est le pacte de silence autour du quel est né le 19 mars 1977 le CMP (Comité Militaire du Parti) composé de onze membres (Yhombi-Opango, Sassou Denis, Louis-Sylvain Ngoma, Raymond Damase Ngollo, Jean-Michel Ebaka, Martin Mbia, Pascal Bima, François-Xavier Katali, Nicolas Okongo, Florent Ntsiba et Pierre Anga).

Si l’annonce lue par Florent Ntsiba ne précisait pas les attributions de chacun des membres du CMP, il n’en demeure pas moins que Yhombi-Opango en devint le président, Sassou Denis et Louis-Sylvain Ngoma en devinrent vice-présidents.

Sauf à prendre les congolais pour des lapins de six semaines, qui peut croire un seul instant que Louis-Sylvain Ngoma ne connaisse pas les circonstances exactes de l’assassinat crapuleux du président Marien Ngouabi ?

Au crépuscule de sa vie, 85 aux prunes le 24 juin prochain, pourquoi Louis-Sylvain Ngoma garde-t-il le silence ? De quoi a-t-il peur ? Que la foudre du criminel Sassou Denis qui l’a mis à l’ombre au Brésil ne s’abatte sur lui ?

Au moment où notre pays est en lambeaux, plus divisé que jamais, il est temps que cet octogénaire livre sa part de vérité sur ce pan de l’Histoire de notre pays en brisant ce Code du silence qui s’impose dans toute communauté d’intérêts. 

Plus près de la fin que du début de sa vie, que gagne Louis-Sylvain Ngoma en protégeant Sassou Denis qui le méprise, au moment où plusieurs diplomates en fin de missions dites diplomatiques au Brésil par exemple, attendent depuis bientôt cinq ans leurs billets pour rentrer avec femmes, enfants et bagages au Congo ?

A travers ces lignes, nous convoquons Louis-Sylvain Ngoma devant le pays et devant l’Histoire. Qu’il nous dise sa part de Vérité sur cette partie sombre de l’Histoire de notre pays.

Membre de l’Etat-major Spécial Révolutionnaire avec Sassou Denis, Thystère Tchicaya et Jean-Pierre Ngombé, Louis-Sylvain Ngoma sera nommé Premier ministre par le Président Marien Ngouabi en remplacement de Henri Lopès, après la dissolution du Comité Central du PCT, à l’issue de son congrès extraordinaire qui eut lieu du 5 au 12 décembre 1975.

Aux côtés de Sassou Denis dès 1979 dans le bras de fer qui l’opposait à Yhombi-Opango, Louis-Sylvain Ngoma fut maintenu le 5 février 1979 au poste de Premier ministre par Sassou Denis. Présidant en février 1991 la Conférence Nationale dite Souveraine jusqu’à l’élection de Monseigneur Ernest Kombo, Louis-Syvain Ngoma est un tableau sur lequel s’écrit l’Histoire de notre pays.

Ne pouvant compter sur Sassou Denis, ordonnateur de l’assassinat de Marien Ngouabi dont il abusa de la veuve (Céline Ngouabi), encore moins sur Florent Ntsiba, l’annonciateur des exécutions sommaires d’innocents au petit matin, force est de constater que seul Louis-Sylvain Ngoma soit à même de délivrer à l’opinion congolaise une version non édulcorée de cet odieux assassinat.

Condamné à mort et exécuté le 25 mars 1977, les congolais souhaitent savoir ce qu’est advenue de la dépouille du président Alphonse Massamba-Débat.

Quid de la Cour Révolutionnaire d’exception instituée par le Comité Militaire du Parti le 3 janvier 1978, présidée par Charles Assemekang, et dont Jacques Okoko fut commissaire de gouvernement ?

Dix innocents avaient été condamnés à mort par cette Cour d’exception le 6 février 1978.

 Ce sont Doudi-Nganga, Germain Mizelet, Samba-Dia-Nkoumbi, Daniel Nkanza, Daniel Kianguila, Simon Sissoulou, Pierre Diazenza, Albert Konda, Grégoire Kouba, et Etienne Kikouba. Sassou Denis ayant refusé de les gracier.

Louis-Sylvain Ngoma ne va pas se taire continuellement. Il doit parler au nom de toutes ces âmes errantes pour permettre à leurs familles de faire -enfin- leur deuil. Car les larmes qui coulent sont amères. Mais, plus amères sont celles qui ne coulent pas.

A moins d’être le clone de Sassou Denis, s’il a encore un peu d’Humanité en lui, nous rappelons à Louis-Sylvain Ngoma, comme le disait si bien Jacques Ntéka Bikolo, que « la meilleure des journées est celle où, le soir venu, on n’est pas condamné par sa conscience. Un esprit sensé a pour meilleur confesseur la conscience et pour meilleur juge la Raison. Une conscience qui fait autant de bruit qu’une arme à feu est d’une grande paix ».

La conscience, c’est la capacité qu’a un être Humain de percevoir ce qui l’entoure, de ressentir ses propres émotions et pensées, et de se reconnaître comme un individu.

Louis-Sylvain Ngoma, quittez la scène en vous débarrassant du poids de l’assassinat du Président Marien Ngouabi. Dire votre part de Vérité ne sera pas une trahison à l’égard de Sassou Denis et de Florent Ntsiba.

Méditez sur ce qu’écrivait Gustave Flaubert : « Il n’y a de défaites que celles que l’on a tout seul, devant sa glace, dans sa conscience ».

Olivier MOUEBARA

Diffusé le 08 juin 2026, par www.congo-liberty.org

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Une réponse à L’insoutenable omerta de Louis Sylvain Ngoma sur l’assassinat du président Marien Ngouabi

  1. Samba dia Moupata dit :

    Le seul reproche que l’on puisse faire à Louis Sylvain est d’avoir soutenu Marien Ngouabi et Joachim Yombi Opangault ,malgré leurs résultats peu brillants à l’École militaire préparatoire des cadets, où ils n’avaient pas obtenu le BEPC. À l’inverse, Louis Sylvain disposait d’un parcours académique remarquable, étant diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr et ingénieur en génie civil.

    Par ailleurs, Marien Ngouabi était lui-même considéré par certains comme un homme aux capacités limitées, illustrant l’idée que des personnes partageant les mêmes faiblesses peuvent naturellement se rapprocher. Quant à Sassou Denis, leur jeune frère Mbochi du village, qui ne possédait pourtant que le certificat d’études primaires, il s’est finalement retourné contre celui qui l’avait aidé et soutenu, au point d’apparaître comme le bourreau de son bienfaiteur.

    Cette situation illustre combien les relations de pouvoir, de loyauté et de reconnaissance peuvent parfois évoluer de manière inattendue et douloureuse.

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