Congo, l’impunité de la Sûreté présidentielle de Sassou menace l’État de droit

Serge Oboa- le chien de garde d sassou denis

Face à la persistance du banditisme urbain en République du Congo, le pouvoir a fait le choix de militariser la réponse sécuritaire en déployant la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle (DGSP). Une stratégie aux dérives sanglantes qui, sous couvert de maintien de l’ordre, consacre l’exécution sommaire et piétine les fondements de l’État de droit.

Par Ismaël Mayéla, conseiller juridique, membre de l’Association pour la promotion de la Justice Pénale Internationale (AJPI).

La nature ayant horreur du vide chez les criminels et dans le milieu de la délinquance, en 2014, peu de temps après l’opération Mbata ya bakolo destinée à expulser en RDC les kuluna qui opéraient à Brazzaville, on a assisté à l’apparition des « bébés noirs ». Ces délinquants se sont illustrés par leur préférence pour les actions meurtrières tendant à créer terreur et désolation au sein des populations et à conférer du prestige aux agresseurs.

Afin d’endiguer ce fléau, les initiatives étatiques se sont multipliées. Dès mai 2017, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville lançait des patrouilles mixtes combinant police et gendarmerie. Si ces opérations se sont étendues au territoire national, elles n’ont enregistré que des succès relatifs. À la persistance du phénomène s’est ajoutée la faillite des structures de rétention. L’évasion massive survenue à la CNSS de Texaco [ndlr : bâtiment administratif reconverti en prison] dans la nuit du 22 au 23 mai 2025 – où plus de 130 détenus se sont volatilisés sous la pluie – a cruellement illustré l’incapacité de l’État à contenir ces jeunes dans l’attente de leur transfert vers les centres de rééducation d’Aubeville ou de Bokania.

Violences extrajudiciaires

Face à cette impasse, et dans un contexte lourdement marqué par l’échéance de la présidentielle de mars 2026, le pouvoir a choisi de durcir radicalement sa réponse. Par le décret n°2025-390 du 18 septembre 2025, la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle (DGSP) a été officiellement investie d’une mission de sécurité publique pour traquer les gangs urbains.

Cependant, depuis le déploiement de cette unité d’élite, les rues des villes se sont transformées en théâtres de violences extrajudiciaires intolérables. Les témoignages et les images documentant des exécutions sommaires de jeunes suspects, parfois capturés, ligotés et abattus à bout portant sur la voie publique, se sont multipliés.

En tant que juriste, il convient de rappeler une évidence : procéder à de telles exécutions est manifestement contraire à la Constitution congolaise de 2015. Son article 8 qui a aboli la peine de mort, reconnaît à la personne humaine un caractère sacré et le droit à la vie. En procédant, comme ils l’ont fait, à des exécutions sommaires, les agents cagoulés de la DGSP se sont rendus coupables d’assassinat au sens de l’article 296 du Code pénal. Loin de combattre la criminalité, cette unité devient elle-même criminelle. Certes, il est parfois légitime d’infliger une petite souffrance pour éliminer un problème plus grave, mais si le droit n’est plus respecté de façon aussi extrême et flagrante, qu’est ce qui protégera la population ?

Une impunité alarmante

Au lendemain du scrutin présidentiel de 2026, le constat est alarmant : aucun de ces agents n’a été inquiété par la justice. Cette impunité sape un peu plus la confiance, déjà quasi inexistante, des citoyens congolais envers leurs institutions. Elle octroie de facto un droit de vie ou de mort à une unité militaire. Si l’inaction de la justice congolaise pouvait auparavant s’expliquer par des raisons d’opportunité ou d’urgence sécuritaire, tel n’est plus le cas aujourd’hui. L’absence de poursuites s’apparente désormais à une validation tacite de ces dérives par l’appareil d’État…lire la suite sur le Mondafrique.com

Source : Le Mondafrique

Diffusé le 8 juin 2026, par www.congo-liberty.org

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5 réponses à Congo, l’impunité de la Sûreté présidentielle de Sassou menace l’État de droit

  1. Val de Nantes dit :

    Une unité militaire chargée de protéger le chef de l’État qui se substitue à la police nationale pour assurer les missions de police nationale, est un cas relève des époques royales. Et encore !
    Que dît le droit en la matière ? .
    Le post Sassou sera un chantier mental sur tout le Congo Brazzaville.
    Je pense que la  » tabula rasa » de Locke ne sera pas de trop dans la réorganisation du pays.

  2. pierre martin dit :

    les assassinats commis par les bebes noirs vous faisaient donc du bien?

    desole mais vous etes des adeptes du culte de gongolo massoke

    gongolo massoke se rejouissait des deces et s’attristait quand il y avait des naissances au village

    les bebes noirs ont ete tues et dautres mis aux arrets ils vous manquent!

    vous etiez tres contents sous lissouba(attaques des trains ninja aubevillois cocoyes cobras fusillades au centre ville de Brazzaville assassinat du docteur Roger molouba de loms / senegal….vous etiez contents mr!

    en 1997 vous aviez une joie debordante( chars de combat cobras faz angolais ninjas cocoyes mambas ….helicopteres ukrainiens….) cetait le bonheur donc

    les bebes noirs seront tous tues et leurs residences detruites.

  3. Samba dia Moupata dit :

    Les gens doivent prendre conscience qu’il s’agit d’un groupe de voyous Mbochi qui s’est accaparé le pays et qui s’impose par la force , dont le fameux to ko tika té . Ce pays a cessé de vivre normalement pour devenir un faux État. Comment peut-on encore parler d’un chef d’État alors que l’évidence révèle une barbarie ?

    Je me demande parfois si Sassou Denis n’a pas fini par traumatiser tout le monde. Emmanuel Todd , pourtant occidental, parvient à mettre les mots justes sur cette famille prédatrice. Dès lors, une question me vient à l’esprit : suis-je devenu l’un des rares intellectuels de ce pays à oser exprimer ce constat ?

  4. pierre martin dit :

    si le congo etait mal en point comme vous semblez le dire , la bad n’aurait pas tenue ses assemblees annuelles a brazzaville( pour la deuxieme fois en passant)

  5. Anonyme dit :

    Monsieur, je suis effaré de constater que les Congolais ne valident pas l’existence de la dictature au Congo. Que cela soit, une fois pour toutes, dit que le Congo est une dictature. Dans une dictature les institutions formelles ne jouent pas le même rôle que dans une démocratie. Mr le rédacteur de Mondafrique, l’état de droit n’existe pas au Congo donc il ne peut pas être menacé. David Londi.

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