SASSOU DENIS PREFERE INVESTIR DANS L’IGNORANCE QUE DANS LE SYSTEME EDUCATIF

Le Congo est un pays très jeune, 45% de la population a moins de 15 ans. Logiquement le besoin d’éducation est important compte tenu de la forte part de la population scolarisable. Mais ce besoin pressant d’éducation est en contradiction avec les moyens alloués chaque année par l’Etat à l’école, à peine 3% du produit intérieur brut.

En effet, parler de l’école et plus largement de l’éducation, c’est aborder les questions pédagogiques concernant les méthodes de transmission des connaissances et des savoirs aux élèves, et c’est également examiner le contenu des programmes pour savoir si ceux-ci sont adaptés aux réalités socio-économiques et politiques du Congo. Et c’est enfin, étudier les aspects touchant aussi bien l’organisation qu’à la formation des enseignants.

Aujourd’hui, des analyses démontrent que les pays qui se développent très vite sont ceux qui ont de bons systèmes éducatifs et par conséquent de bonnes performances scolaires. C’est le cas de la Corée du sud et des pays nordiques.

Or au Congo Brazzaville, le réseau scolaire est vétuste, renforcé par l’absence d’une volonté politique d’entretien du patrimoine scolaire. Et dans un pays où la corruption est devenue un avantage concurrentiel, les fonds alloués à l’entretien des bâtiments et au renouvellement du matériel sont détournés à des fins privées.

Une étude de 2005 du Ministère de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation démontrait que, dans le primaire seulement 67,8% des salles de classes étaient en bon état, contre 82,25% dans le collège et 62% dans les lycées.

En ce qui concerne le mobilier scolaire, le spectacle est désolant, les enfants sont assis à même le sol et les enseignants travaillent débout, sans bureaux et sans armoires de rangement. Aujourd’hui la situation s’est aggravée davantage.

Pourtant, au Congo, le droit à l’éducation est garanti par la Constitution, dans la pratique la couverture scolaire sur l’ensemble du territoire est inégale. Ce qui rompt avec le principe de l’égalité de tous devant le savoir et l’éducation. Le ratio maître/élève est très élevé, plus de 100 élèves par classe, le pays se situe en dehors de la moyenne des standards internationaux. En milieu rural, la situation est très préoccupante, la fermeture des classes liée au manque d’enseignants allonge la distance à parcourir par les jeunes enfants. Dans le primaire, en moyenne une école dans un rayon de 14 kilomètres, avec pour conséquence la limitation d’accès à l’éducation pour beaucoup d’enfants.

Toutefois, l’école, ce n’est pas seulement un toit et quatre murs, c’est surtout un lieu d’apprentissage, de vivre ensemble et de socialisation. Pour que les enfants apprennent, il faut un minimum de conditions requises, sauf que c’est loin d’être le cas au Congo. Pour s’en convaincre, en 2001 sur 500.921 enfants inscrits dans les écoles primaires, 80.948 disposaient d’un livre de calcul et 46 833 d’un livre de lecture. Et dans l’enseignement public, la situation est à peine croyable, c’est un livre pour 6 élèves en calcul et un livre de lecture pour 11 élèves.

En ce qui concerne, les indicateurs de qualité dans l’enseignement d’Etat, dans le primaire 9,2% d’établissements seulement ont un point d’eau contre 47,7% dans les collèges et 29% dans les lycées. Il en est de même pour l’électricité, dans le primaire 1,5% à peine d’école d’un réseau électrique, 43,1% dans le collège et 63% dans les lycées.

Par ailleurs, au pays de l’émergence et du chemin d’avenir, les enfants n’ont pas le droit de satisfaire leurs besoins naturels, puisqu’en matière de latrines, 43,1% en disposent dans le primaire, 63,6% dans les collèges et 33,3% dans les lycées.

Dans le même temps, le personnel enseignant est insuffisamment qualifié, dans les collèges publics 50,7% sont qualifiés et ce chiffre est d’à peine 46,8% dans les lycées. La situation est d’autant plus critique dans les lycées d’enseignement privé où 11,3% d’enseignants ont une qualification.

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que l’enseignement au Congo est dans les derniers rangs des classements en Afrique, alors que par le passé le Congo était une référence par la qualité de son système scolaire, surtout dans la zone d’Afrique Centrale. Selon l’U.N.E.S.C.O, le taux de scolarisation est passé de 100% en 1990 à 55,5% en 1999, les causes sont nombreuses : D’une part les nombreux abandons, l’école congolaise a un taux de rétention élevé. Ce qui rend théorique l’obligation scolaire de 6 à 16 ans inscrite dans la loi scolaire de 1995. Par exemple, depuis 2001, le taux de réussite aux examens du BEPC et du BAC ne dépasse guère 30%. Ces examens sont devenus une sanction pour les élèves. D’autre part, la pauvreté des familles est une cause de la déscolarisation de nombreux enfants, la gratuité qui devait accompagner l’obligation scolaire n’est pas mise en œuvre. Enfin, les déplacements massifs des populations en raison des conflits armés des années 90, dont SASSOU Dénis en a été l’instigateur principal. Il s’agit des enfants soit déscolarisés par la contrainte de la guerre ou soit nés pendant la guerre, ceux-ci n’ont pu être scolarisés.

Dans ces conditions, comment expliquer la déchéance de l’école au Congo, alors que le pays n’a jamais aussi été riche que par le passé. En réalité l’argent public est phagocyté par les idiots utiles et les sbires rassemblés autour du larbin public qui est SASSOU Dénis, et qui le dépense dans l’acquisition de biens immobiliers et dans l’achat de biens matériels. Par exemple, les voitures de luxe des dignitaires du pouvoir sont en réalité des « écoles roulantes » qui auraient pu profiter aux enfants du Congo.

En définitive, ces enfants déscolarisés malvoyants de la lecture et de l’écriture, qui ne savent ni lire et ni écrire constituent un gâchis en termes de capital humain et un risque majeur pour la stabilité du pays, puisque cette frange de la population dépourvue de culture et d’éducation est facilement manipulable. Cette finalité est celle recherchée par SASSOU Dénis en investissant volontairement dans l’ignorance et de surcroît en maintenant la jeunesse congolaise dans une situation de défaut d’avenir permanent.

Justin BALONGA

Diffusé le 31 juillet 2022, par www.congo-liberty.org

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2 réponses à SASSOU DENIS PREFERE INVESTIR DANS L’IGNORANCE QUE DANS LE SYSTEME EDUCATIF

  1. Samba dia Moupata dit :

    Cher Balonga , j’ai toujours eu une critique laudative à vos articles ! En effet Sassou Dénis est le fossoyeur de l’école public et place à l’école privée très médiocre ! Mais il faut êtres Mbochi pour y fréquenter , encore hier je regardais les résultats du Baccalauréat lycée Camara Laye 95 %des admis sont Mbochis , à l’école préparatoire général Leclerc 99% d’admis sont Mbochis , idem l’université de Roger Makani sponsorisé par mafia Mbochi 90% des Masters sont Mbochis , sinon il faut aller à Ondembe au village natal de Jean Dominique Okemba qui a construit une école et doté des ordinateurs à chaque enfants , comme a Oyo et ses environs l’école est gratuite ! Voilà la république très sélective de Sassou Dénis ! Mais cher Justin c’est l’humiliation est le moteur de l’histoire disait le célèbre professeur en relation internationale Bertrand Badie .

  2. RÉVOLTE OU COUP D’ÉTAT CONTRE SASSOU: COMMENT LES CONGOLAIS PRÉPARENT-ILS LEUR REVOLUTION? QUATRE CARACTÉRISTIQUES DE FACTEURS DÉCLENCHANTS UNE RÉVOLUTION DANS UNE NATION OU SOCIÉTÉ DONNÉE: 1-ÉLITES DISSIDENTES. 2- FRUSTRATION POPULAIRE. -3 MOTIVATIONS COMMUNES. 4 – CRISES D’ÉTAT. https://www.youtube.com/watch?v=G4QZBMpZChk

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