QUELLES FORCES ARMÉES POUR L’INSTAURATION DE LA DÉMOCRATIE AU CONGO

TABLE RONDE THÉMATIQUE SUR LES FORCES ARMÉES  

(15 Février 2020-Paris)

Intervenant: Hilaire BAKALA

Le régime politique au Congo-Brazzaville est une dictature des plus féroces au monde où le tyran Sassou NGUESSO ne peut trouver d’égal que dans le vivier des dictatures que sont les «républiques EX-URSS» (Tchétchénie, Ouzbekistan …) et en Afrique au seul Darfour (Soudan) de Omar El-BECHIR. La prise de pouvoir par le tyran a combiné usurpation (ruse) et coups d’Etat sanglants à répétition, pouvoir qu’il use de façon absolue, exclusive, illimitée et sans le frein des lois, et qui pour s’assurer rester à vie au pouvoir afin de se garantir l’impunité totale non seulement s’entoure du clan familial dynastique, s’en prend à l’intégrité physique des opposants ou des dissidents et des populations des régions/villages entiers qu’il rase au prétexte de non-soumission. Despote maniaque à l’esprit (ou ce qui en reste) troublé par une obsession : écraser, éliminer l’autre dès lors qu’il résiste ou conteste ses caprices. Conquête et maintien au pouvoir se sont faits en instrumentalisant et aliénant deux institutions-clés dans une Républicain, le judiciaire (aujourd’hui en lambeaux) d’une part et d’autre part la Défense et la Sécurité (Armée, gendarmerie et Police) bénéficiant de soins particuliers et d’un développement hypertrophié en moyen et en hommes pour les besoins de la cause, qui constituent les deux piliers du système, comme tout pouvoir dictatorial.

 Construire la République pour instaurer la démocratie nous impose de nous attaquer donc au pilier de l’édifice dictatorial : l’Armée et la Police.

Faut-il dissoudre cette ARMEE pendant la transition pour refonder une ARMEE REPUBLICAINE? Mais une armée est-elle indispensable pour la sécurité intérieure du Congo ?

1. L’armée est-elle indispensable au Congo: Le Congo n’a jamais été impliqué ni dans des guerres de libération nationale, ni à défendre son territoire et sa population contre un envahisseur. Pourtant les budgets de la Défense et de la Sécurité contrairement à toutes les autres institutions, battent des records en Afrique avec plus de 1,5 % du PIB en 2009. Pire, le Congo bat un second record toujours en Afrique pour la pléthore de généraux (48 généraux en tout) après la nomination « insolite de 08 officiers généraux » répondant à la logique de « tribaliser l’armée » (Ghys Fortuné DOMBE -Talassa 17 juin 2011), et avec pas moins de 25/48 officiers généraux pour la seule région de la cuvette centrale, faisant des FAC la « meilleure » ARMEE MEXICAINE d’Afrique.Ces officiers généraux aux salaires corruptifs, n’émargent pas à moins de 3 millions FCFA/mois (5,6 millions pour le CEMG) grevant la masse salariale de l’institution, ajouté au coût prohibitif  des équipements lourds disproportionnés pour les différents corps, ainsi intégrés au système de coercition du régime dictatorial. Aucune nécessité ne justifie donc l’entretien de cette institution militaire aussi budgétivore et criminogène qu’inutile pour la nation. Envisager les modalités de son extinction pure et simple sur le long terme est la seule solution qui tienne.

La sécurité intérieure (ayant pour mission la protection des populations, des biens et des institutions) devra être exclusivement assumée par les forces de sécurité (Police Nationale et Douanes) refondées et recentrées dans ses missions etsous la responsabilité du ministre de l’intérieur sous le contrôle du parlement démocratique. Les services de surveillance intérieure (DGSI) seront simplement dissous.

Dans l’immédiat, la transition devra s’atteler à la:    

            –Réduction des dépenses/budgets militaires

          – Le budget devra impérativement être ramené à <0,5% du PIB, cela en coupant notamment dans les dépenses d’équipement au fin de la politique de maîtrise de la dépense publique générale. Les moyens ainsi dégagés seront affectés d’abord à une politique ambitieuse de satisfaction des besoins élémentaires des populations et pour le développement du pays (santé, éducation, infrastructures/transports, adduction d’eau et électrification …).    

                                    – Réduction de la cohorte des généraux (mise à la retraite ou affectation à des services administratifs civils d’intérêt publique). Les officiers donneurs d’ordre (CEMG et CEM des armées et police) coupables de crimes contre l’humanité et de génocide, devant être d’office suspendus et poursuivis en justice (CPI plutôt que cours spéciales-pour échapper aux manigances intérieures).

                                    – Révision de toute la grille salariale du corps des officiers supérieurs.

            2. Réorganiser et réorienter les FAC pour bâtir une armée républicaine vers son extinction

-La défense ne sera plus l’une des priorités budgétaires de l’Etat ni domaine réservé du chef de l’Etat. A cet effet, elle sera sous la responsabilité d’un ministre membre d’un conseil de défense sous le contrôle du parlement de la transition.

            -le militaire ne devra plus être un corps étranger à la société mais un citoyen et agent public qui participe à la vie de la société en assurant de nombreuses missions de service publique.

-La Nation en droit d’exiger un retour sur investissement (recrutement/salaires et formation) de l’armée, devra néanmoins assurer aux militaires de rang certaines garanties pour leur devenir et leur statut. A ce titre, les hommes de troupe, essentiellement constitués de miliciens intégrés sans instruction ni formation, à défaut de licenciement, devront recevoir l’instruction militaire, être formés et affectés aux différents corps de métiers utiles à la nation (génie, logistique, maintenance mécanique, marine, gestion administrative, sport …).

Construire à court terme une Armée Républicaine pour (re)bâtir et consolider la République afin de développement de la Démocratie.

Diffusé le 10 avril 2020, par www.congo-liberty.org

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4 réponses à QUELLES FORCES ARMÉES POUR L’INSTAURATION DE LA DÉMOCRATIE AU CONGO

  1. samba Dia Moupata dit :

    Cher Benjamin n’ayant pas peur des mots l’armée républicaine n’existe plus au congo depuis octobre 1997 . Cette armée devrait s’appeler les Forces Armées Mbochis qui a pour mission essentielle la conservation du pouvoir Mbochis. Tenez en ce moment 60 jeunes officiers policiers 100% Mbochis sont formés près de Moscou , sans comptés les recrutements qui se font à Oyo ou encore à la rue Foura chez jean Dominique Okemba et quelque fois au domicile de Jean Oléssongo vers le lycée Agostino Netto à Talangaï. Nous allons rétablir la république du congo ,avec primo la formation d’une armée républicaine , sinon nous mettrons notre démocratie en péril comme sous Lissouba en 1997 .

  2. Val de Nantes dit :

    Économiquement ,il nous en coûte de nourrir un machin dont le rôle régalien est à repenser ..
    La question de son existence mérite son pesant d’or ,car longtemps ,cette institution a été la source des causes de tous les mouvements a – patriotiques que le Congo aura connus depuis son semblant d’indépendance .

  3. Anonyme dit :

    A quoi a servi cette armée jusqu’à ce jour à par pour une répression brutale envers le peuple Congolais.

  4. Val de Nantes dit :

    Un machin aux contours flous ,dont l’utilité reste à démontrer .L’argent public doit servir à couvrir des besoins impérieux et non à entretenir un tonneau des Danaïdes ,les missions actuelles de cette armée en font partie .Son élimination des tablettes institutionnelles ne serait que la justification d’un ovni n’ayant jamais trouvé sa place au sein d’une sphère démocratique …
    Dans le cadre fédéral ,cette institution verrait son importance divisée par 4.

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