La servitude volontaire des congolais

« Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race »   

Coupeur de têtes et des réseaux sociaux, à la fois cynique, insensible et détaché à la misère volontairement imposée aux congolais, la méchanceté de Sassou Denis fait plus pleurer que rire.

Passé à l’Orient Eternel le 2 novembre 2023 à Suresnes, Henri Lopes qui avait apporté de l’eau au moulin au système inique mis en place par Sassou Denis qui a troqué le treillis et son béret rouge pour des costards croisés, publiait en 1982 « Le Pleurer-rire », un roman qui évoquait -déjà – la mauvaise gestion du pouvoir par le dictateur Sassou Denis, militaire devenu « président de la République » par effraction à la faveur d’un Coup d’Etat sanglant et meurtrier. Ce braqueur exerce depuis un pouvoir illégitime et illégal et ne se préoccupe pas de la « chose publique ».

Au moment où Sassou Denis s’apprête à faire un énième bras d’honneur aux congolais en s’imposant pour la énième fois par la force à la tête de notre pays, notre passivité interroge. La brutalité est érigée en modèle de société. Sassou Denis, son clan, ses complices et ses accompagnateurs à la dernière parodie électorale s’en donnent à cœur joie. Les Forts imposent aux Faibles, et de la plus disgracieuse des manières.

Ainsi, enfoui dans nos souvenirs, « Le Discours de la Servitude Volontaire » d’Etienne de la Boétie fait sens dans la situation que traverse notre pays depuis sa prise en otage par Sassou Denis, ses kleptocrates, ses voyous et le PCT.

Comment comprendre que cet imposteur arrive à dominer le peuple alors qu’il ne raconte que des âneries ?  Comment peut-il oser dire devant une foule hilare que « les voleurs doivent avoir honte de voler et que les jeunes doivent se prendre en charge faute de places dans la Fonction Publique », sans que cela ne suscite la révolte populaire ?

Au contraire, relayés sur les réseaux sociaux, ces propos prononcés par Sassou Denis, au lieu de susciter la révolte, ont plutôt été brocardés par tous les laissés pour compte, tous ceux que Sassou Denis et le PCT ont abandonné sur le bord de la route, à la débrouille et à leur triste sort.  Cela prouve que la servitude des congolais est volontaire et non imposée. Si ce n’était pas le cas, concevoir que Sassou Denis contraigne l’ensemble des citoyens à obéir servilement ?

 Tout pouvoir, même quand il s’impose d’abord par la force des armes, ne peut dominer et exploiter durablement un pays sans la collaboration, active ou résignée d’une bonne partie de ses membres.  Au lieu de tourner en dérision l’incurie du traîne-patins Sassou Denis, nous devons tous, collectivement et individuellement être résolus à ne plus servir ce régime inique. C’est en cela que nous serons libres et ferons voler en éclats le système mis en place par Sassou Denis qui se croit fort. S’il le croit, c’est parce que les congolais pensent qu’il l’est. Or, il n’en n’est rien. Seule notre servitude permet à Sassou Denis de rester au pouvoir.

Nous devons sortir de l’habitude, de la distraction, qui est la première cause de notre servitude volontaire. Certains des nôtres sont au service de ce système criminel par cupidité et par le désir d’honneurs. Les courtisans qui se font les complices de Sassou Denis et du PCT perdent leur propre crédibilité. Certains Hommes flattent Sassou Denis qui est pourtant vieux, usé et fatigué, en espérant ses faveurs, sans voir que la disgrâce les guette nécessairement, en devenant complices de ce pouvoir et de ses agissements.

Aujourd’hui, tous les ingrédients sont réunis pour faire tomber ce pouvoir agonisant, d’imposteurs, d’incompétents et de criminels. Il nous suffit tout simplement d’allumer la mèche. D’où viendra cette étincelle ? Pourquoi ce moment de libération tarde-t-il ?

Parce qu’une partie des congolais est corrompue, préférant son égo au détriment de l’Intérêt général. Tous les candidaillons qui ont accompagné Sassou Denis lors de la dernière mascarade électorale du mois dernier doivent être à jamais discrédités et considérés comme des félons.

Nous devons nous LEVER comme un seul Homme pour sortir de cette domination de l’habitude, de cette servitude volontaire. L’Homme qui connaît la liberté n’y renonce que contraint et forcé. Mais ceux qui n’ont jamais connu la liberté « servent sans regret et font volontairement ce que leurs pères n’auraient fait que par contrainte. La première raison pour laquelle les congolais servent volontairement, c’est qu’ils veulent peut-être être asservis par Sassou Denis, son clan et le PCT, et être considérés comme des moins que rien », des « sans dents ». Comme le dit La Boétie : « On ne regrette jamais ce que l’on n’a jamais eu ».

Le congolais, comme s’il était victime d’un sort, d’un enchantement, tétanisé, pétrifié, écoute sans se révolter depuis près de quarante ans le bla-bla-bla de Sassou Denis qui n’en n’a cure de son quotidien. Sa pseudo domination ou sa pseudo force ne tient que par notre incapacité à nous LEVER. La tyrannie de Sassou Denis repose moins sur la répression que sur la dépossession volontaire de nos desiderata.

Notre libération ne viendra pas du Saint-Esprit. Seuls les congolais sauveront les congolais. Nous devons mettre dans un pot commun toutes nos forces et nos intelligences pour sortir notre pays des griffes mal saines de Sassou Denis qui est arrivé au « pouvoir » par la ruse, la corruption et le crime, non pas pour construire, mais pour détruire.

 Incapable de donner ne serait-ce que de l’eau potable aux congolais, Sassou Denis est comme une racine qui n’a plus d’humeur ou d’aliment, une branche devenue sèche et morte. Contrairement à ses slogans claironnés ici et là de faire du Congo un pays émergent, croire à sa bave, c’est comme croire à l’adultère que par la pensée. La propagande est comme toujours, la violence des dictateurs. Après lui, c’est le Chaos. 

« Comme les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent et pas ceux qui les font, mais ceux à qui ont les fait », où sont les douze hôpitaux modernes qui devaient sortir de terre promis par le prestidigitateur Sassou Denis?  La mort du colonel Henry Sassou Nguesso dans l’insalubre hôpital militaire de Brazzaville doit nous faire prendre conscience de l’inhumanité de Sassou Denis. S’il est incapable de faire prendre en charge son propre fils ou présenté comme tel, comment peut-il répondre aux besoins des congolais? Quid d’Imboulou qui, disait-il, devait pallier aux délestages? Où sont passés les 14.000 milliards de CFA des générations futures ?

Généralement, les tyrans, plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur baille, plus on les sert, plus ils divaguent et se moquent du peuple. Face à la servitude volontaire des congolais, la dictature de Sassou Denis s’épanouit sur le terreau de nos divisions, de nos trahisons, de nos inconséquences et de notre incapacité à regarder dans la même direction.

Sassou Denis, pourquoi tu es hainé? (haineux) envers les congolais comme l’avait dit ton compère Nianga Mbouala.

Tu te crois grand, inamovible et fort , parce que les congolais acceptent à la fois leur servitude volontaire, d’être à genoux , et parce que les Humanistes ferment les yeux sur ta dangerosité et ta nocivité. Mais, quoi que tu fasses, ta dictature finira par s’effondrer par un Soulèvement Populaire. Tel est notre mantra !

Olivier MOUEBARA

Diffusé le 14 avril 026, par www.congo-liberty.org

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