CONGO-BRAZZAVILLE : APRÈS LA FARCE ÉLECTORALE, DES INTERROGATIONS

Au Congo-Brazzaville, depuis le retour de Sassou-Nguesso au pouvoir à la suite d’un sanglant putsch, en 1997, les élections, législatives ou présidentielles, se suivent et se ressemblent. C’est le constat que nous faisions il y a quatorze ans, en 2012. La dernière, du 15 Mars dernier, ne le dément pas…

Bientôt trois décennies que perdurent la farce et la barbarie politiques au Congo-Brazzaville, depuis l’auto proclamation comme président de la République par Sassou-Nguesso, le 25 octobre 1997. Cela, après avoir été sorti régulièrement du pouvoir par les urnes dès le premier tour, cinq ans auparavant, l’été 1992. Entre-temps, c’est-à-dire entre le moment où il s’est ré-installé au pouvoir — à la suite du plus grand coup d’État que l’Afrique ait connu, Migs à l’appui, occasionnant des milliers de morts — et maintenant, il y a eu régulièrement des élections, cinq présidentielles et cinq législatives, qui ont toutes, successivement, accouché des mêmes résultats ! Autrement dit, le Congo n’est jamais sorti de l’équation politique de l’été 1997 qui est celle de la négation de la démocratie et, logiquement, de la primauté de la force dans la vie et les rapports politiques.

On l’a compris, moins que des élections, c’est clairement un système d’auto validation qui a été mis en place, dans lequel les prétendus opposants se présentent de temps en temps, participent sans jamais espérer l’emporter (cf. notre réflexion : « Congo: au paroxysme du coubertinisme électoral », in Mediapart, 17 septembre 2017)

En ce sens, la dernière farce électorale du 15 Mars dernier a confirmé nos précédentes analyses, en 2014 (« Présidentielles africaines : perpétuelle illusion constitutionnelle », in Revue Politique et Parlementaire, numéro double, 1071-1072, 2014) et en 2021 (« Présidentielle congolaise de 2021: résultats et chiffres de tous les chocs, pleurs, rires et… bêtises », in Mediapart, 7 Avril 2021).

Dès lors, plusieurs questions se posent. Principalement, qu’est-ce qui motive lesdits et prétendus opposants à persister à se présenter systématiquement à des élections manifestement verrouillées, dont les résultats sont connus d’avance ? Surtout quand on sait qu’à ce verrouillage hermétique, le pouvoir despotique y a assorti plusieurs autres mécanismes, dont un effrayant suffrage censitaire, soit 38.000€ comme condition de participation à la présidentielle, et 2.300€ à la députation, dans un environnement où la pauvreté est dégoulinante ! La raison, nous semble-t-il, est évidente et nous l’avions déjà évoquée il y a treize ans : « Le seul rôle de l’opposition ou de ce qui s’en prévaut aujourd’hui au Congo, c’est de créditer le pouvoir en place, de lui donner une apparence démocratique et, manifestement, l’ensemble de la classe politique l’a bien intériorisé, assez facilement. La dictature a besoin de faux opposants pour se maintenir, et ceux-ci ont besoin de la dictature pour survivre ou vivre tout simplement car, la vie au Congo, en dehors du pouvoir et de ses relais, n’est pas une sinécure. C’est la nouvelle entreprise, et une entreprise florissante » (notre réflexion : « Couvre-feu illimité sur la politique au Congo-Brazzaville », in Congo-liberty, 14 juillet 2012)

Suivez, s’il vous plaît, notre interview à TLR-TV R7, à la suite de la dernière farce électorale du 15 Mars dernier, et les interrogations suscitées après la cinquième ré-élection dès le premier tour comme toujours de Sassou-Nguesso, 82 ans dont 42 au pouvoir, avec 94,90% de suffrages exprimés et 84,99% de participation !

Diffusé le 14 avril 2026, par www.congo-liberty.org

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7 réponses à CONGO-BRAZZAVILLE : APRÈS LA FARCE ÉLECTORALE, DES INTERROGATIONS

  1. Lucien pambou mkaya mvoka dit :

    Lpambou Mkaya mvoka
    A Bankounda Félix m pelé

    Bonsoir cher compatriote
    Comme les temps changent et dans ce changement votre analyse concernant les opposants ou l opposition congolais rejoint la mienne
    J ai été porté aux gemonies sur congo Liberty car il ya presque dix ans maintenant
    J ai toujours dit que l opposition ou les opposants congolais face à l antonomase sassou concept que j ai développé et explique le 30 janvier 2026sur congo Liberty ´ n existaient pas stratégiquement pour représenter une alternative crédible face a sassou
    Vous cher compatriote bankounda a été le premier à jouer au principe sociologique de l Inde i alité en me ramenant dans le camp sassou au motif que j avais bossé pour géopolitique africaine
    J ai été recruté par Henri lopes quand j étais à AFrica 24j ai fait mon travail de rédacteur adjoint et l économiste libéral que je suis affirme sans honte d avoir ete rémunéré pour mon boulot
    J ai interviewé le président Sassou en 2012il m a proposé de rejoindre la présidence j ai décliné sa proposition car mes diplômes et mon instruction académique en France constituaient une sécurité pour moi
    Voici
    Je suis et je reste un simple sachant pas comme toi et tous les autres congolais qui vous présenter Côme des intellectuels plus bavards égarés
    J appartiens par ma formation académique à l’école de l économiste sociologue max weber pour lequel la neutralité axiologique est le moteur de tout sachant
    Dans son livre que vous pouvez lire le savant et le politique vous comprenez pourquoi n étant pas homme politique à la différence vous qui jouer aux sachants tout en étant poli caché
    Donc à la différence je peux critiquer aussi bien l opposition que la majorité de l antonomase sassou ce que j ai fait en passant chez notre ami Christian Perrin sur R7 le samedi 11/04
    Voyez vous Félix la vie est un long fil qui construit l attente
    Ce qui me fait plaisir c’est que vous finissez par reconnaître que mes analyses sur l opposition étaient pleines de sens
    Ceci dit je n ai rien contre l’opposition ni celle qui appartient à la diaspora et encore moins contre celle qui est au Congo
    Je vais tant que je peux tout en conservant ma neutralité axiologique weberien proposer par mes papiers ou par mes interventions sur global télé sud des biscuits analytiques pour aider l opposition au des larmes et des plaintes permanentes à essayer de structurer leur pensée stratégique

    Voici cher compatriote quelques remarques te concernant et me concernant
    Attention il n ya pas d’animosité de ma part meme si je sais que la plupart de mes compatriotes congolais qui n ont pas vécu comme moi depuis tres longtemps enfrance( j y vis depuis 1974et arrive tres jeune je connais la personnalité française) sont souvent soupe au lait à la manière de leur maître français
    Bonne fin de semaine et j attends ta réponse ce que les sachants au Congo ne savent pas faire persuadés qu ils ont raison tout seul dans leur couloir
    Lucien pambou Mkaya mvoka

  2. Pambou mkaya mvoka dit :

    Lpambou lire indexicalite à la place de indealite
    Cdlt

  3. Samba dia Moupata dit :

    Cher Félix,

    Il est difficile de ne pas voir qu’un système s’est installé, accaparant les richesses du pays au profit d’une famille dite Nguesso .Fermer les yeux sur cette réalité, c’est, d’une certaine manière, s’en rendre complice.

    Il est temps de cesser de légitimer, même indirectement, ceux qui gravitent autour de cette famille et qui, sous couvert de fonctions officielles ou de titres académiques, ne sont en réalité que des relais ou des cautionnements. Beaucoup se présentent comme défenseurs du peuple, mais dans les faits, ils entretiennent et servent les intérêts d’un pouvoir familial installé.

    Le peuple mérite mieux que des discours creux et des postures. Il mérite des actes, du courage et une véritable volonté de rupture avec ces pratiques. Un révolte n’est pas une option mais une impérative pour mettre cette mafia criminelle Mbochi dehors.

  4. Félix BANKOUNDA MPELE dit :

    Cher compatriote Lucien Pambou,

    C’est incroyable, comment et combien vous vous complaisez dans la palabre déplacée et superflue, dans la méprise, sans préjudice d’une sorte d’égocentrisme qui vous conduit, le plus souvent, à vous exhiber, surestimer et sous-estimer celui en face, à vous auto apprécier avec des prétentions de neutralité alors que vous baignez toujours dans le parti-pris, et en taxant au contraire ceux qui essaient de dire les choses telles qu’elles sont de partisans ! C’était déjà votre profil, enfin les impressions que vous m’aviez laissées il y a dix ans pile, quand nous nous sommes confrontés pour la première fois ( je rappelle, « Congo.Défis de Sassou Nguesso: réponse à Lucien Pambou », in Mediapart, 3 mai 2016)

    Voyons, cher compatriote, pourquoi je dis, d’abord, que vous vous complaisez dans la palabre déplacée et superflue. A croire que vous ne m’avez pas suivi dans mon interview et, surtout, n’avez pas lu le texte ici joint ! Le portrait que je fais de l’opposition, de façon générale, sous le régime de Sassou Nguesso, comme réduite à créditer et légitimer le système Sassou, c’est bien cité, date de quatorze ans ! Quatorze ans je répète, et le texte, qui est en fait une transcription d’une longue interview sur dix questions que m’avait alors posées Mingwa Biango est ici citée. Je rappelle « Couvre-feu illimitée sur la politique », et la date y est mentionnée, c’est-à-dire 2012, et mon point de vue à cet égard n’a jamais changé d’un iota ! Si moi je l’ai dit et écrit il ya quatorze ans, et que vous dites et reconnaissez vous-même que votre théorie en la matière date d’ « il ya presque dix ans », l’antériorité me revient clairement, et vous ne pouvez ainsi pas vous targuer de la certitude selon laquelle « votre analyse concernant les opposants ou l’opposition congolais rejoint la mienne », ou encore que « Ce qui me fait plaisir c’est que vous finissez par reconnaître que mes analyses sur l’opposition étaient pleines de sens » !

    Encore, faut-il que nos analyses coincident vraiment. Ce qui n’est pas tout à fait le cas car, si vous vous accablez l’opposition en affirmant que  »
    J’ai toujours dit que l’opposition ou les opposants congolais face à l antonomase Sassou…n’existaient pas stratégiquement pour représenter une alternative crédible face a Sassou », moi j’attribue plutôt cette situation à la nature du système politique institué par Sassou Nguesso, et que dans la même série des questions que m’avaient posées Congo-Liberty en 2011-2012, je caractérisais et considéraisis comme « L’ancien régime ressuscité », que vous pouvez retrouver sur le Web, sur Mediapart. Autrement et clairement dit, le régime de « Dictature radicalisée » mise en place par Sassou Nguesso de façon décomplexée n’autorise en réalité à l’opposition que de se soumettre ! Et, cela aussi, je le souligne dans le texte qui accompagne l’interview en écrivant clairement que « Le Congo n’est jamais sorti de l’équation politique de l’été 1997 qui est celle de la négation de la démocratie et, logiquement, de la primauté de la force et de la truanderie dans la vie et les rapports politiques »
    Quand on a dit cela, que l’on en est convaincu puisque, je le signale également dans l’interview comme dans le texte, tous ceux qui ont terrassé électoralement Sassou-Nguesso ont connu et vécu l’enfer en raison de ses méthodes indiscutablement sauvages, ce que l’on peut reprocher aux prétendus opposants et candidats c’est moins leur manque de stratégie que leur perfidie politique, consistant à crédibiliser le régime par leur coubertinisme électoral, leur mercantilisme qui les a conduit à transformer les entreprises politiques en entreprises économiques en réalité, pour bénéficier de certaines prébendes. Et ça, c’est très critiquable, mais cela ne m’étonne point puisque, je sais depuis toujours que, moins que la démocratie, ce qui primait et prime encore plus chez les Congolais, essentiellement les acteurs politiques, c’est moins la démocratie que le pouvoir et tout ce qu’il rapporte. Et c’est ce qui explique, sans l’ombre d’un doute, qu’au lendemain de la mise en place des premières institutions démocratique en automne 1992, l’opposition a refusé de faire le jeu démocratique, en renversant le premier gouvernement avant même qu’il n’ait initié une seule loi, lors de la session de déclaration de politique générale, avant de généraliser les violences dans la capitale tout entière !
    Je comprends également que, par équilibrisme et ne voulant pas dire les choses telles qu’elles sont, et par une prétendue méthode axiologique qui n’a rien à voir avec Max Weber dont vous vous prévalez et abusez en fait, vous qualifiez le Congo sous Sassou de « antonomase » cher compatriote. Avant Sassou, et contemporainement, les systèmes avec ce profil, à de seules différences de degré, existent et on les appelle des dictatures ! Et, chez lui, la singularité c’est que c’est une dictature enracinée, aiguisée, radicalisée et, il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître et nommer ce qui est évident et manifeste. Nombreux de nos compatriotes ont d’ailleurs pris l’habitude de l’appeler « le tyran-dictateur Sassou Nguesso », pour dire combien il sort de l’ordinaire dans le genre, puisque très haut gradé !

    Bref, cher Lucien Pambou, vous n’êtes pas neutre mais essayez de cacher votre parti-pris dans une certaine subtilité qui ne réussit pas à échapper à un observateur, un analyste averti qui, quand il dit les choses réelles, quand il ne se cache pas derrière les formules abracadabrantesques, quand il crève l’abcès surtout quand il s’adresse à la plupart de nos compatriotes pour être mieux compris puisque c’est la vie dans toute sa cruauté qu’ils vivent au Congo et non des formules subtiles, vous vous les qualifiez de « poli caché ». J’ai toujours clairement affirmé mes vues, n’appartient pas à un mouvement politique quel qu’il soit, suis un patriote sensible qui ne reste pas indifférent à la grave situation dans laquelle se trouve son pays, et je n’essaie pas de me cacher derrière des formules pour en parler. J’ai été surpris que, toujours dans votre méprise ou présomption, vous me demandiez encore d’aller lire Max Weber et son « Le Savant et le politique », que j’avais déjà acheté et lu en 1978, alors que j’étais encore en classe de Première A, avant de mieux l’apprécier lors de ma formation de troisième cycle en Sciences politiques, comme faisant partie des classiques et fondamentaux, incontournables, en la matière. Vous devez le savoir, cher compatriote, puisque vous revendiquez cette formation, même si vous ne l’avez jamais enseigné, c’est manifeste ! Alors, pourquoi cet exibitionnisme inutile et…incongru en plus puisque, Max Weber, qui est d’abord et avant tout un juriste de formation, grand théoricien de l’Etat rationnel-légal avant de s’illustrer dans son activité comme économiste et sociologue, à l’image de Gustave Lebon qui, médecin de formation, se fit plus connaître comme sociologue et historien des révolutions, ne tournait pas autour du pot, ne machaît pas les mots, ne disait pas mal les choses comme vous aimez singulièrement le faire, pour des raisons que vous seuls connaissez !
    Allez, Agréable week-end à vous…

  5. Lpambou dit :

    Lpambou
    a Bankounda Félix Mpele

    Pas de ( disputatio ) entre nous cher compatriote
    Ta mise au point est reçue normalement par moi,comme je l espère la mienne à ton égard
    Les débats peuvent et doivent être courtois sans insinuation et chacun de nous mène sa vie politique ,intellectuelle,sociale, culturelle économique comme bon lui semble comme dirait l autre chacun dans son couloir
    Voici les mises au point sont toujours indispensables dans la vie
    Cdlt
    Lucien pambou Mkaya mvoka

  6. FÉLIX BANKOUNDA-M'PELE dit :

    Tout à fait cher Lucien Pambou, et j’ai tellement l’habitude de l’exercice pour y avoir recouru de centaines de fois, et donc m’éviter une quelconque sortie de route. Tout juste, ici, une réplique à la hauteur de votre ton, de vos propres et manifestes insinuations et auto-congratulations ! J’espère, sincèrement, que vous en êtes conscient car, c’est assez désobligeant pour vos contradicteurs, de telle sorte que vous ne leur laissez pas d’autres choix que la réplique…virile ! Quand on cherche, on finit par trouver, cher compatriote ! Je suis tendre avec les tendres, sympa avec les sympas, mais ose également les grands remèdes aux grands maux ! Parce que je sais que la vie est, et a toujours été, un écosystème complet et complexe, avec une variété d’espèces, évidemment. La meilleure façon de s’y retrouver, d’être compris, de s’en sortir, c’est de réussir, ou tout au moins de tenter de s’adapter à chaque espèce, aux moyens dont il use, pour éviter ou limiter le risque d’être piétiné, voire bombardé. C’est très courant dans notre écosystème africain, je ne vous apprends rien, une fois de plus. « Le tyran-dictateur », comme on l’appelle, est un expert usager du genre et, j’ai l’impression qu’il a généré beaucoup d’adeptes. Évidemment que je ne parle pas de vous, mais vous appartenez à l’écosystème, comme moi-même évidemment, et nous ne sommes pas, hélas, indemne de cet état de choses, ne fusse-que parce que l’on est, à tout moment, porté à se défendre ! Contre l’inopiné et contre l’imprévisible ! Être congolais, penser et parler congolais, c’est devenu ça, en raison de la persistance, de la perdurance d’une formation sociale carrément sauvage, qui donne l’ordre d’abattre carrément ses adolescents, de piller impunément le pays à satiété, de transformer le pays en bamboula assumée ! Ceux, formés, et qui sont ou devraient avoir la capacité de discernement, et donc d’apprivoiser certains comportements n’étaient ainsi pas tentés de le faire, de le reproduire, de l’encourager. Et pourtant ils le font et l’illustrent…☹️

  7. Anonyme dit :

    quel est le plus sanglant entre la guerre lari nibolek et le coup d etat de sassou?

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