A quoi sert le énième serment frelaté de Sassou Denis ?

Sauf à se moquer de lui-même, le serment prêté par Sassou Denis le 16 avril dans un stade quasi vide de Kintélé ne sert strictement à rien. Comme le ridicule ne tue pas, tous les congolais savent qu’il est impossible pour Sassou Denis de remporter une élection libre, même devant une chaise vide. Cette parodie électorale ressemble à la Tour de Pise.

Quoi que fassent pour le moment les congolais, les résultats penchent toujours du même côté : celui de Sassou Denis qui a la montre et qui nous lit l’heure. YI Wiri éhhhh (c’est fini), a-t-il toujours tendance de dire à la veille de chaque comédie électorale, avec la bénédiction de quelques accompagnateurs soigneusement triés sur le volet comme Anguios, Dave Mafoula, et Davet. Pourtant, les dés sont pipés, les résultats manipulés et connus d’avance. Allons seulement !

Le serment est un acte sacré, un pilier de confiance qui symbolise un engagement. Un serment est une affirmation solennelle, un jugement, une promesse prononcée en invoquant une entité ou un objet sacré, qu’il s’agisse d’une divinité, d’un symbole moral ou d’un gage de bonne foi. Prononcé en public, il devient un témoignage de sincérité et de fidélité envers ceux qui le reçoivent, un engagement irrévocable.

Souillé par le tricheur Sassou Denis qui prétend avoir été élu avec 94, 82 des voix par des congolais fictifs et qui s’ensuit les pieds sur sa Constitution, son serment frelaté est d’avance souillé. Les congolais doivent le jeter dans leurs poubelles et celle de l’Histoire.

 Alors que le Congo est sa propriété, était-il si urgent pour Sassou Denis de « prêter ce serment » alors qu’il vient de perdre son fils aîné, colonel dans une armée de paille ?

Inconsolable lors du décès de sa fille Edith à Rabat au Maroc le 14 mars 2009 et indifférent depuis le décès de son fils Henry à l’hôpital militaire de Brazzaville, préférant s’asseoir sur son deuil, pratiquant le tri parmi sa progéniture, la psychologie de Sassou Denis est celle de la préservation de « son pouvoir », en reléguant au second plan l’affect.

Comme pour se moquer de nous, Sassou Denis, dans son serment frelaté, ose dire prêter serment devant la Nation. Laquelle ? Celle dans laquelle les congolais se regardent en chiens de faïence, celle dans laquelle les congolais qui ont toujours vécu côte-à-côte finiront bientôt face-à-face ?

Cynique dans ses veines, comment Sassou Denis peut-il faire croire respecter sa Constitution et défendre sa pseudo Nation quand Ndongo Zidane, sur qui pèse toujours un mandat d’arrêt international, et le procureur d’opérette Oko Ngakala, battre ensemble campagne pour le dictateur ? 

Et que dire de Hydever MOUAGNI, coiffé d’une casquette, arborant l’écharpe parlementaire à la soirée de la cérémonie d’investiture de Sassou Denis, lui qui dit-on, dont l’immunité parlementaire avait été levée et incarcéré ?

Aimé Hydever Mouagni, en écharpe parlementaire à la soirée Sassou Denis

Le désaveu infligé par les congolais à Sassou Denis lors de sa prestation de serment frelaté doit être sérieusement analysé. Nous n’avons pas d’autres choix que de prendre nos responsabilités pour mettre fin à cette imposture pour nous libérer des fourches caudines de Sassou Denis et de son système criminel. Pour cela, il faut que le Peuple et ce qui reste du haut commandement militaire soient en symbiose pour créer les conditions salvatrices d’un SOULEVEMENT POPULAIRE.

Nous devons être collectivement et individuellement courageux pour atteindre ce but. Certes, le courage est la condition de la liberté même s’il n’est pas la seule condition de la liberté. Et contrairement à tout ce qu’on veut nous faire croire, loin d’être courageux, Sassou Denis est un tigre de papier. Il prendra ses jambes à son coup à la première escarmouche.

Que Sassou Denis joue sa comédie en « prêtant » un serment frelaté ou qu’il nomme un autre gouvernement, cela ne changera rien à la misère des congolais. Las d’incessants rafistolages, les congolais aspirent à un réel changement de paradigmes, à un souffle nouveau. Un Congo débarrassé du tribalisme, d’incompétents et des voleurs, où nous nous regarderons tous comme fils et filles d’un même pays.

Même si Sassou Denis a la montre, le peuple a le Temps. Le Peuple lui apprendra bientôt à lire l’heure. Le Temps est le seul Tribunal sur lequel Sassou Denis n’a aucune emprise, qu’il ne peut corrompre. Il y a un Temps pour tout.  Ce n’est pas parce qu’il a deux actes de naissance pour une même vie que cela change le cours de l’Histoire.

Le rideau, quoi que fasse Sassou Denis, finira toujours par tomber. L’horloge biologique tourne. Le Temps est un juge patient.

Olivier MOUEBARA

Diffusé le 20 avril 2026, par www.congo-liberty.org

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Une réponse à A quoi sert le énième serment frelaté de Sassou Denis ?

  1. Samba dia Moupata dit :

    Cher Olivier,

    Je pense que nous sommes d’accord sur les faits. Pour ma part, j’ai le sentiment que la barbarie Mbochi c’est accaparé des toutes les ressources et agit au détriment du pays, avec, il faut le reconnaître, quelques exceptions parmi quelques kongo qui s’en approchent dans cet asile des fous Mbochi.

    Dans ces conditions, j’ai du mal à entrevoir une issue positive si rien ne change en profondeur. Il devient, selon moi, indispensable de mettre un coup d’arrêt à cette dérive, car l’avenir de notre pays en dépend.

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