Par ANDELY-BEEVE Jr. Fondateur et Directeur Général de Le Mentor SME Ratings, agence d’intelligence économique et notation PME en République du Congo.
Au Congo-Brazzaville, les PME font vivre l’économie mais restent invisibles pour ceux qui doivent les financer. On dénombre officiellement plus de onze mille très petites et moyennes entreprises sur le territoire national, auxquelles s’ajoute un secteur artisanal qui emploie officiellement 300 000 personnes et sans doute deux à trois fois plus dans l’informel. Elles emploient, elles produisent, elles font circuler la valeur dans des économies locales que la rente pétrolière seule n’a jamais su irriguer durablement.
Et pourtant, le financement formel leur est quasi inaccessible. Le coût moyen des prêts aux PME dépasse souvent 14 % l’an selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) alors que la marge nette des micro-entreprises reste inférieure à 10 %. Les banques proposent un financement à un taux que les entreprises ne peuvent structurellement pas absorber. Ce n’est pas un problème de liquidité bancaire. C’est un problème de lisibilité. Les financeurs ne savent pas qui sont vraiment ces entreprises. Et face à l’incertitude, ils se protègent en refusant. C’est cette lacune qu’il faut nommer. C’est cette lacune qu’il faut combler.
La formalisation ne suffit pas
Le premier réflexe des politiques publiques face au financement PME a longtemps été le même : formaliser. Enregistrer. Mettre en conformité. L’idée est séduisante dans sa simplicité une PME dotée d’un numéro RCCM, d’un identifiant fiscal et d’un compte bancaire serait une PME accessible au crédit.
C’est une erreur de diagnostic
La loi congolaise n°46-2014 du 3 novembre 2014 définit une PME comme toute entreprise employant entre 10 et 100 salariés et réalisant un chiffre d’affaires annuel compris entre 25 millions et 2 milliards de FCFA. Cette définition légale dit qu’une entreprise existe. Elle ne dit pas si cette entreprise mérite confiance. Elle ne dit rien de sa façon d’honorer ses engagements fournisseurs, de sa régularité dans le temps, ni de sa capacité réelle à rembourser un prêt. Le guichet unique a simplifié la création d’entreprise — c’est un progrès réel. Mais il n’a pas résolu le problème de fond : l’enregistrement produit des entreprises visibles pour l’administration. Il ne produit pas des entreprises lisibles pour les financeurs.
Demander à une PME d’être formalisée pour être crédible, c’est confondre l’adresse et le caractère. L’une dit où elle se trouve. L’autre dit ce qu’elle vaut.
La responsabilité durable de l’entreprise n’a pas de taille
Il y a une idée reçue tenace : la durabilité serait une préoccupation de grande entreprise. La gouvernance responsable, le respect des engagements contractuels, la régularité sociale et fiscale tout cela serait le privilège de ceux qui ont déjà les moyens de s’en préoccuper.
C’est faux dans les faits et dangereux dans ses conséquences.
Une PME qui règle ses fournisseurs dans les délais, qui déclare correctement ses employés, qui honore ses obligations fiscales cette PME pratique déjà une forme exigeante de responsabilité économique. Elle génère des flux prévisibles, traçables, qui rassurent les partenaires bien au-delà de ce que peut faire n’importe quel dossier de crédit soigneusement présenté.
La responsabilité durable n’a pas de taille. Elle a une discipline. Et cette discipline est précisément ce que la notation de crédibilité cherche à observer, à pondérer et à valoriser.
Le règne du subjectif
Dans ce vide analytique, un système parallèle s’est installé discret, puissant, et profondément inégalitaire. Celui de la confiance subjective. Au Congo comme dans une grande partie du continent, l’accès au financement PME repose sur trois critères officieux : le réseau, la réputation orale, et la relation personnelle avec un décideur bancaire. En l’absence d’informations fiables, les financeurs font ce que tout être humain fait face à l’incertitude : ils font confiance à ce qu’ils connaissent.
Selon la Banque mondiale, plus de 80 % des PME formelles d’Afrique subsaharienne ont des besoins de financement non satisfaits. En zone CEMAC, les contraintes réglementaires poussent les banques à concentrer leur capacité sur quelques grandes contreparties, au détriment explicite des PME jugées trop risquées. Les PME les mieux financées ne sont donc pas les plus performantes mais elles sont les plus connues. Celles dont le dirigeant fréquente le bon cercle, inspire la bonne impression lors d’un comité de crédit.
Les autres, souvent plus jeunes, dirigées par des femmes, situées hors de Brazzaville ou de Pointe-Noire, restent dans l’ombre. Non parce qu’elles sont risquées. Parce qu’aucun signal fiable ne permet de les évaluer. Ce n’est pas une asymétrie de risque. C’est une asymétrie d’information. Ces deux choses n’ont pas la même solution.
La crédibilité est une donnée, pas un sentiment
La thèse défendue ici est simple dans son principe, exigeante dans son exécution : la crédibilité d’une PME congolaise peut être observée, décomposée, pondérée et traduite en un score lisible. La crédibilité d’une entreprise se manifeste dans des signaux concrets : comment elle règle ses fournisseurs, comment elle gère ses délais, comment elle se comporte vis-à-vis de ses obligations fiscales, comment son dirigeant pilote les crises. Chacun de ces signaux, pris isolément, est anecdotique. Agrégés et pondérés selon une méthodologie rigoureuse, ils produisent une image fidèle de ce qu’est réellement une PME, non pas ce qu’elle déclare être dans un dossier de crédit, mais ce qu’elle est dans le cours ordinaire de son activité.
Des modèles comparables existent déjà pour les États et les grandes entreprises. Leur logique est simple : réduire l’incertitude en produisant un signal lisible à partir d’informations complexes. Cette logique reste encore largement absente du financement des PME africaines. Pas parce que c’est impossible mais parce que personne ne s’y était encore attelé sérieusement, avec les outils et la proximité terrain qu’exige ce contexte.
Ce que ça change pour les acteurs du financement
Pour les banques congolaises, un score externe et auditable réduit le coût d’analyse du risque et objective la décision de crédit. Ce qui est bon pour la banque et pour la PME qui cesse d’attendre indéfiniment une réponse motivée par l’intuition seule. Pour le FIGA et les dispositifs publics de garantie, c’est un outil de ciblage infiniment plus robuste que l’auto déclaration permettant de diriger les ressources vers les PME qui en feront le meilleur usage.
Pour les bailleurs multilatéraux qui soutiennent la stratégie nationale PME, la notation externe donne enfin une colonne vertébrale mesurable à des ambitions trop souvent déclaratives. Pour les PME elles-mêmes, disposer d’une notation indépendante, c’est acquérir quelque chose de rare : une preuve. Un langage commun que les financeurs comprennent et auquel ils peuvent répondre.
L’heure du passage à l’acte
Le Congo-Brazzaville ne peut pas se permettre de continuer à financer ou refuser de financer ses PME à l’instinct des financiers. Avec un taux de pauvreté à 46,5 % et une dépendance pétrolière structurelle, la diversification de l’économie réelle n’est pas une option. Elle est une nécessité. Et cette diversification ne se fera pas sans PME, les PME ne se développeront pas sans financement et le financement ne viendra pas sans un système d’évaluation fiable. La chaîne est connue depuis des années. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas un diagnostic. C’est une décision.
Aux banques, intégrez la notation externe dans vos processus d’instruction. Aux institutions de garantie et bailleurs, exigez-la comme critère d’éligibilité. Aux PME, investissez dans votre évaluation comme vous investissez dans votre production. C’est votre capital le plus sous-évalué.La crédibilité n’est pas un sentiment qu’on accorde selon l’humeur d’un comité de crédit. C’est une réalité opérationnelle, observable et mesurable. Il est temps depuis Brazzaville de la traiter comme telle.
ANDELY-BEEVE Jr. est le fondateur et Directeur Général de Le Mentor SME Ratings, d’ Agence d’intelligence économique et notation PME en République du Congo.

vous navez pas donne de définition d’une pme au sens de l’etat congolais ou de la cemac..pourquoi en fin d’article vous avez associe la credibilite dune pme aux credits.la. credibilite renvoie a la confiance des tiers et aux ressources humaines de cette meme pme.evidemment elle est entretenue par une politique d’investissement dune demarche qualite( certification iso 9001) dune politique de veille dune politique dimage dune rse auj avec la prise en compte des enjeux environnementaux , votre pme exploite une logistique durable comme les imprimantes écologiques multifonctionnelles, l’appartenance a. des reseaux mondiaux , la crédibilité elle se batit mr.
la credibilite repose sur les process( digitalisation des services , erp ,appels d’offres internationaux….) et aussi la prise en compte du genre et de la diversite culturelle dans l’attribution des postes de direction( une femme directrice du controle et un ivoirien directeur général adjoint par ex)
cest ca mr la pme moderne.
enfin une pme peut etre moderne si elle a pour langues de travail le francais et langlais une presence multi pays des ressources humaines provenant dhorizons divers et non le lari lingala le munukutuba et ne s’ y trouvent que des congolais s’exprimant tous en tres mauvais francais.
tel que vous avez presente larticle chez vous la pme est une filiale d’un groupe international.la societe mere et sa filiale brazzavilloise par ex sont dans deux zones monetaires differentes.ainsi la societe mere gere une ligne de credit multidevise, c ca?
commencez par definir la pme au besoin presentez une problematique et une delimitation du champs detudes( vous vous limitez a la seule pme congolaise, pme communautaire zone cemac ou uemoa, pme africaine, pme franchisee….?)
lacces au financement des pmes nest pas fonction dun reseautage comme vous semblez le dire.non mr cest tout faux.les banques avant tout financement recherchent dabord les etats financiers des trois derniers exercices comptables. la banque va evaluer le risque encouru par elle en accedant a la demande de la pme.
la banque va rechercher si cest un projet d’investissement le delai de récupération du capital investi le rendement de lunite monetaire investi la caf seuil de rentabilite prévisionnel, et le plan d’amortissement de l’emprunt soumis par le requérant
lacces au financement est un contrat mr.cest un contrat de pret.ce contrat sera adosse a des garanties( suretes reelles).quelles sont les garanties de remboursement que les pmes offrent aux banques?
mr
le besoin de financement peut etre a court terme( facilité de caisse par ex) et cest le plus courant auprès des pmes.
un besoin de financement des pmes peut etre satisfait par une augmentation du capital social par son fonds de roulement de preference solide et pas necessairement par des emprunts bancaires.
enfin dernier point et c’est tres important
les banques sont desormais interdites de prendre en charge individuellement un projet dinvestissement.la tendance est donc a l’octroie des credits syndiques.cest pour minimiser les risques.
ex la bcc ne doit plus supporter elle seule une demande de dix millions de fcfa emise par lhotel congo liberty.non mr cest desormais interdit
lhotel congoliberty devra associer a son projet d’autres banques ou un pool bancaire dont la bcc sera cheffe de file et interlocutrice unique.
ce n ‘est pas une question de notation externe, d’audit …au sujet de l’audit celui ci peut etre statutaire( audit interne et externe).et pour les sa avec conseil dadministrations laudit est obligatoire dans une sa en raison du commissariat aux comptes.
il semble que dans votre conception des financements des pmes celles ci doivent etre cotees en bourse.ca mr ce sont des marches financiers.
la banque est un agent economique.sa vocation est de placer des fonds au ‘niveau des pmes.la banque vend de largent.a qui et a combien? cest la le pb.
en resume mr a brazzaville ce ne sont meme pas des pmes faute d’organigramme et ca la banque en tant qu institution va lexiger.ce sont des unites de production que nous y avons( vendeuse de bouillie et elle est seule).il existe des mecanismes d’accès au financement des pmes
vous ne pouvez pas aussi instruire une banque a financer des pmes.ce role revient au conseil d’administration de la banque.il existe des directives communautaires de la beac prévues a cet effet
le texte aurait ete intéressant sil évoquait la problematique d’accès des pmes a la commande publique .
alors finalement vous netes qu un groupe de vauriens.vous manquez darguments pour commenter une tribune portant sur l’accès aux financements des pmes
comme vos peres qui a la conférence nationale qui consacrerent que deux jours sur questions economiques contre 180 juste pour savoir ou serait la tombe de x de y et de z, aujourd’hui en bons fils vous etalez vos insuffisances en analyse financiere et economique des pmes.vous ne valez rien.
taisez vous a jamais.
la encore dans la conception de lauteur il semble confondre la pme a la pmi.cest la pmi qui doit investir dans la communication financiere produire ees resultats comptables certifies par un commissaire aux comptes, cest la pmi qui est eligible a des financements bancaires..
pour lauteur de larticle seriez vous le fils de mr andely beeve? mr andely beeve fut un membre du cabinet de mr andre milongo.
alors vous aussi vous semblez planer.toutes les banques nont pas les memes raisons sociales
il y a des banques multilatérales au dev( bm bei boad bdeac badea…)
il y a des banques commerciales( societe generale, ecobank…)
il y a des banques de l’habitat pour les projets immobiliers des banques d’affaires des banques industrielles… pour les projets industriels( participation aux projets hydroélectriques, raffineries, cimenteries…)
chaque banque a son marketing operationnel a sa cible sa segmentation
il faut orienter la bonne pme vers la bonne banque.
dinon sue dans votre imaginaire la pme congolaise doit etre orientee vers ine fondation.a brazzaville ce sont des coopératives agricoles que vous avez.elles ne sont pas éligibles aux credits bancaires faute dune tenue de livre comptables au sens de l’ohada
il faut interpeller la fondation snpc a debloquer des fonds en faveur des cooperatives agricoles( manioc foufou gants brouette tubercules…) pour accroitre leur production et leurs approvisionnements.
Merci pour ces commentaires nourris. Je vais répondre point par point.
Sur l’absence de définition de la PME,le reproche est légitime sur la forme. La tribune était une prise de position, pas un article académique. C’est pourquoi elle n’intégrait pas de délimitation formelle. Pour être plus précis, le Mentor travaille sur les PME au sens OHADA, opérant en zone CEMAC, avec une extension progressive vers la CEDEAO à long terme. Nous n’oublierons point dans un prochain article de faire ce cadrage. C’est une remarque utile, je la prends.
Sur la définition de la crédibilité, je dois respectueusement corriger une confusion. Le premier commentaire assimile la crédibilité à la seule dimension qualitative : image, RSE, diversité, certification ISO. Ce sont des composantes réelles. Mais réduire la crédibilité à ces éléments, c’est en faire un concept inopérant pour les acteurs financiers.
La crédibilité que mesure Le Mentor est précisément multi-dimensionnelle : gouvernance, capacité financière, réputation commerciale, conformité réglementaire, potentiel de croissance. L’ISO 9001 n’est qu’un indicateur parmi d’autres et il est d’ailleurs intégré dans notre grille.
Sur le raisonnement bancaire , les rappels techniques sont exacts. Les banques analysent les états financiers, le CAF prévisionnel, les sûretés réelles, et tendent effectivement vers le crédit syndiqué pour les expositions significatives. Tout cela est vrai. Mais c’est une réponse à une question que je n’ai pas posée.
Je n’ai jamais écrit et eu la prétention que la notation de notre agence remplace l’analyse bancaire. Elle la précède et la complète en réduisant l’asymétrie d’information. Quand une PME arrive en banque avec une notation de crédibilité indépendante, cela pourrait réduire le temps d’instruction, elle structure sa présentation du risque, elle signale son sérieux. C’est un outil de préparation, pas de substitution.
Par ailleurs, les banques ne sont pas les seuls destinataires de l’information. Les donneurs d’ordre, les investisseurs privés, les bailleurs de fonds institutionnels, les partenaires commerciaux ont besoin d’évaluer la crédibilité d’une PME sans pour autant être une banque.
Sur la distinction PME / PM elle serait pertinente dans un contexte industriel.
Je vous remercie encore bien que certains commentaires ont glissé vers l’insulte collective et les attaques personnelles. Je n’y répondrai pas. Ce type de registre se disqualifie par lui-même, et il ne m’appartient pas de lui offrir plus belle éloquence que vous lui avez donné.
Ce qui m’intéresse, c’est le débat sur le fond et il prouve que le sujet touche quelque chose de réel.
La crédibilité d’une PME ne se décrète pas, elle se mesure, c’est mon avis.
ok c’est exact je vous lirai avec bonheur.il y a un nouveau congo que nous sommes entrain de batir fonde sur des analyses monographiques des performances et contre performances de la pme congolaise.vous avez pleinement de vous soucier du dev de la pme.il existe un cadre juridique europeen qui fait obligation aux etats europeens d’accompagner leurs pmes vers la croissance et le dev.soit la veille export.( cci de paris & ruu 600….)
hier encore mme munari claudine brillante ministre de commerce avant son basculement dans l’opposition ne cessait d’engranger des bons points de saris dans le cadre des accords de l’agoa avec les usa.donc le sucre congolais etait consomme aux usa.j’etais le seul a la feliciter la dessus et je lui disais qu’elle se trompait de route en rejoignant l’opposition.
l’économie tunisienne est tractee par son tissu de pmes.
alors comment accompagner la pme a exporter ses biens.quelle banque accompagnatrice et pour quelle devise de paiement?
la derniere partie non mr elle ne vous ciblait pas. vous n’etes pas du groupe.je m’adressais a mes grands vautours qui passent tout leur temps a dire du n’importe quoi sur denis sassou ng.tout ce que fait denis sassou ng est mauvais.ca n’est pas possible ca.je comprends votre reaction mais elle ne vous ciblait pas.
il faudra penser a la politique ou strategie export des pmes
etudiant mon prof disait que la pme n’est pas un refuge contre le chomage.il avait une approche competitive de la pme.