Silence assourdissant des gendarmes de la finance globale dans le remue ménage des finances publiques congolaises

Sassou Nguesso, DSK, Matthieu Pigasse dans le western congolais

Les Congolais, du pays de Sassou Nguesso, n’ont jamais autant souffert de pauvreté, de misère, de manque de soins, de malnutrition et de faim ! Pourtant, cette année, le pays des Nguesso n’a jamais connu autant d’aisance financière grâce aux émissions obligataires de Londres et à l’envolée des prix du pétrole, qui ont presque doublé, et du gaz qui ont triplé. Mais de cela, les pilleurs à la tête de l’Etat et leur commandant suprême, Denis Sassou Nguesso, ne disent mot… !

Secret également très bien gardé par ses complices de TotalEnergies, Eni et Perenco qui n’ont jamais déclaré publiquement les véritables quantités produites… ! Donc de l’Etat Nguesso !

Alors que le pays affiche un bilan record de levées de fonds à Londres grâce au conseil souverain de Matthieu Pigasse, (l’effaceur de la dette congolaise au temps de Lazard – 2007/2010) Brazzaville choisit de confier le reprofilage de sa dette locale à LCB Capital et à l’Archer Capital, une société de gestion pourtant dans le collimateur de la justice depuis 2024. Une stratégie à double vitesse qui interroge les observateurs.

Le paradoxe de l’abondance : À quoi servent les milliards de Londres ?

C’est un retour en fanfare qui avait fait vibrer les places financières à la fin de l’année dernière. En décrochant un mandat de conseil auprès de la République du Congo, la franchise française du cabinet américain Centerview, menée par le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, a réussi un tour de force : rouvrir l’accès de Brazzaville aux marchés internationaux après vingt ans d’absence.

En fait, il s’est agi principalement d’obscurs placements privés révélés par le cabinet d’Avocats Cleary Gootlieg. Le bilan comptable de cette lune de miel est sans appel. En l’espace de quelques mois, les cotations à Londres et les placements privés menés via Citigroup ont permis au Congo de capter la somme colossale de 2,48 milliards de dollars. Si l’on additionne les performances du marché domestique, le volume global des émissions a culminé à un niveau record de 3,36 milliards de dollars.

Face à cette montagne de cash, les remboursements de la dette publique effectués au premier semestre (environ 1,33 milliard de dollars entre mars et mai) a laissé l’État congolais sur un matelas de sécurité confortable : un solde net positif de plus de 2 milliards de dollars. Dès lors, une question brûlante s’impose : pourquoi une telle urgence à restructurer et étaler la dette en monnaie locale (FCFA) jusqu’à la fin 2026, alors que les caisses publiques disposent d’un reliquat d’une telle ampleur ?

Faute d’une réponse satisfaisante, une autre question s’impose alors : où et dans quelles poches est passé tout cet argent ??? Pas pour soulager la misère des Congolais, en tous cas !

Le choix de l’Archer Capital : L’éthique financière sacrifiée ?

Au-delà de l’incohérence purement arithmétique, c’est le choix des hommes et des structures qui suscite la stupeur. Pour mener à bien ce reprofilage de la dette en monnaie locale, les autorités congolaises ont validé un attelage composé de LCB Capital et, surtout, de L’Archer Capital.

Or, le nom de cette société de gestion dirigée par Gilles Tchamba résonne aujourd’hui de manière fracassante dans les couloirs du Palais de justice de Brazzaville. L’Archer Capital est au cœur d’une enquête judiciaire majeure. La justice soupçonne explicitement l’entité d’avoir servi de complice ou de passerelle technique dans les mécanismes de détournement de fonds publics reprochés à l’ancien trésorier adjoint, Armel Silvère Dongou, surnommé « Zidane ».

La situation est loin d’être anecdotique : le procureur Oko Ngakala avait officiellement requis auprès des établissements bancaires locaux la levée du secret bancaire et le blocage immédiat des comptes de L’Archer Capital et de ses dirigeants ; puis subitement, peu de temps après, l’arrêt des poursuites…

Une gouvernance à double visage

Comment un État peut-il, d’un côté, solliciter une banque d’affaires parisienne et internationale pour restaurer sa crédibilité à Londres, certes dirigé par un Matthieu Pigasse au profil atypique (associé de DSK au moins sur des photos), et de l’autre, confier les clés de sa dette intérieure à une structure dont les avoirs ont été gelés pour soupçon de complicité de détournement ?

Cette politique du grand écart expose la République du Congo à un risque de réputation dévastateur. Au moment où le pays doit consolider la confiance des investisseurs internationaux, pas totalement acquise grâce au label Centerview ; ce partenariat avec une entité sous bannière judiciaire s’apparente à un signal désastreux. Une opacité de gestion que le gouvernement aura bien du mal à justifier, tant sur le plan éthique que macroéconomique.

Le silence assourdissant des gendarmes de la finance globale

Face à un tel tableau, le plus stupéfiant reste le calme plat qui règne du côté des institutions internationales. Ce désordre institutionnel et financier — où l’on jongle avec des milliards à Londres tout en restructurant à Brazzaville avec des entités sous bannière judiciaire  — ne semble intéresser ni peu ni prou le Fonds Monétaire International (FMI) de Madame Kristalina Georgieva digne héritière d’un Dominique Strauss Kahn qui a prêté allégeance à Denis Sassou Nguesso, ni les grandes agences de notation financière comme Fitch Ratings et S&P Global sous l’apparente influence d’une célèbre banque d’affaires mandatée par le Gouvernement congolais pour améliorer la notation souveraine de la République du Congo.

Pourtant, ces sentinelles de l’orthodoxie budgétaire internationale devraient surveiller les finances publiques de la République du Congo comme le lait sur le feu. Le pays affiche une interdépendance chronique et risquée entre l’État et le système bancaire local, doublée d’un passif de gouvernance notoirement défaillant. Mais l’appétit financier dévorant et brûlant du pouvoir en place semble s’accommoder de la relative passivité des institutions.

Alors que le FMI continue d’enchaîner ses missions de consultation à Brazzaville et que les Agences maintiennent le pays dans les tréfonds spéculatifs des notes « CCC » sans plus de véhémence, le grand écart continue. L’argent coule à flots depuis l’Occident sous forme de mystérieux placements privés, tandis que l’architecture interne s’enfonce dans l’opacité judiciaire.

 En fermant les yeux sur les coulisses de ce « reprofilage » mené par des intermédiaires dont les comptes furent gelés, les acteurs et régulateurs de la finance globale prennent le risque de cautionner un système autoritaire totalement orienté dans la prédation financière, au préjudice de sa malheureuse population affamée alors que le pétrole et le Gaz Naturel Liquéfié, hors de prix, coulent à flots…

Hector Captagon

Diffusé le 23 octobre 2026, par www.congo-liberty.org

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