
Par Lucien Pambou
Le président Tshisekedi, après un long silence, a décidé de sortir de sa réserve en se déclarant favorable pour l’organisation d’un dialogue national pour la recherche de la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État. C’est une question politique fondamentale pour la RDC car la coalition C64 dominée par des membres importants de l’opposition (Fayulu, Katumbi, Sesanga, Kabund, Matata ponyo etc.) refuse ce dialogue car elle qualifie le président Tshisekedi de cynique d’avoir organisé ce type de dialogue. La coalition estime que c’est un écran de fumée qui permet au président Tshisekedi de valoriser de façon cachée les problématiques de révision et de changement de la constitution. Pour la coalition C64, le président Tshisekedi doit partir au bout de son deuxième mandat, c’est à dire en 2028 (selon la C64 il reste 754 jours au président Tshisekedi pour partir de la présidence de la RDC) et les nouvelles élections présidentielles doivent avoir lieu. La pratique des institutions et de la constitution oblige à admettre qu’il est impossible d’organiser des élections réelles et adéquates si les territoires restent occupés. On peut objecter positivement et avec raison et être d’accord avec l’opposition que les incidents territoriaux existaient en 2019 et en 2023 quand le président Tshisekedi a été élu et réélu.
- Pourquoi le président Tshisekedi organise le dialogue national
Depuis 30 ans le Congo est secoué par des guerres civiles entre des groupes armés souvent manipulés par le Rwanda et de manière plus douce par d’autres pays africains de l’est. Les nombreux dialogues en RDC ont abouti à des résultats déséquilibrés pour la population mais qui satisfaisaient la classe politique congolaise. La répartition des pouvoirs avec le mécanisme classique de Sun City, un président Kabila et quatre premiers ministres, a retardé le problème de la cohésion et de la refondation de l’État. La classe politique congolaise et surtout l’opposition étaient satisfaites de cette situation. Le partage du gâteau congolais permettait à certains membres de l’opposition comme de la majorité de se constituer des fortunes importantes en étant propriétaires des carrés miniers avec l’assentiment du pouvoir central. La situation politique actuelle est explosive, liée à l’urgence de la guerre à l’est, à l’insécurité des populations qui sont victimes de déplacement, de brutalité, de tueries, de viols. A ces maux toxiques, on peut ajouter les détresses sociales liées aux maladies comme Ebola et d’autres épidémies qui amplifient les crises sanitaires en RDC. Pendant ce temps, la classe politique congolaise, surtout la coalition C64, estime que le président Tshisekedi est responsable de ce qu’il se passe en RDC par sa politique clanique de valorisation des membres de sa famille et de son parti. Nous sommes au cœur d’un débat toujours permanent en Afrique dès lors que le président éprouve énormément de difficultés pour résoudre les problèmes sociaux et politiques. Il faut maintenant voir pourquoi le président Tshisekedi en organisant le dialogue prend avantage sur la C64.
2. Avantages pour Tshisekedi à organiser le dialogue
Le président Tshisekedi contrôle le récit du dialogue, c’est comme je le dis Tshisekedil est le boulanger artiste qui garde le monopole du dialogue. C’est son dialogue à lui et pas un Sun City bis où on lui impose 1 + 4. Il a obtenu un débat d’unité de la majorité. L’union sacrée est fragile mais avoir un ennemi extérieur commun, à savoir la C64, soude la majorité. Le président Tshisekedi a une lisibilité internationale. Pour les Américains, parrains de l’accord de Washington, un seul interlocuteur légitime à Kinshasa est une bonne chose. En 2016 Kabila avait dû céder beaucoup de choses à l’opposition. Le président Tshisekedi évite le chantage en ne reproduisant pas ce système. Néanmoins il y a des risques majeurs qui accompagnent l’avantage du président Tshisekedi comme le refus de l’opposition à participer à ce dialogue national tant dans les provinces qu’à Kinshasa. Avec l’opposition on ne sait jamais avec leurs positions changeantes attendons de voir leur attitude le 15 septembre 2026 car elle a décidé de manifester contre le dialogue ou contre la révision/changement de la constitution ou contre Tshisekedi ? Quelle va être la position de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) qui valorise le pacte social par rapport au pacte national. Il y a un risque diplomatique à ne pas ignorer. Les Américains et les Qataris toujours marqués par leur diplomatie de duplicité énoncent l’idée selon laquelle on ne peut pas faire un accord durable si l’opposition principale n’est pas dans le bateau de l’accord et Washington a besoin d’un accord durable qui survive à Tshisekedi. Même si la C64 est pour l’instant hors-jeu, cela risque de faire hésiter les Américains pour un accord terminal.
Conclusion
Tshisekedi joue le pari d’un président intuitif, rationnel et fort en marginalisant ses adversaires pour mieux exister en RDC. C’est un avantage tactique immédiat réel. Est-il sûr que cet avantage tactique ne se traduise pas à long terme par une erreur stratégique pour la cohésion nationale ? Tshisekedi gagne une bataille de communication, fabrique malheureusement le dissensus qu’il prétend combattre et il oublie comment l’UDPS (Union démocratique pour le progrès social), parti fondé par son père, a conquis le pouvoir en RDC dans la rue et au nom de l’article 64.
Lucien Pambou Mvoka
Diffusé le 04 septembre 2026, par www.congo-liberty.org
@Doyen Pambou.
C’est toujours un grand plaisir vous lire.Felicitations pour votre plume d’un sachant avise.
Les autres contrees a l’epoque sous le meme joug que ces eternels enclos ( Congo) ont compris les choses,font la bonne lecture de choses et progressent.
Cependant un peu plus de six decennies sur les deux rives du fleuve le scenario reste le meme.On enleve un au pedestal pour mettre l’autre.Tous les maux dont le successeur reprochait a son predecesseur une fois au poste il ne les corrige pas,il ne le regle pas,les solutionne pas plutot il les repete,les complique et empire la situation.Bref,c’est la continuite du desastre
Le manque de la conscience individuelle,la conscience collective, la conscience politique et la conscience culturelle est tres criar.Une mauvaise conception de la politique,du pouvoir politique et de la chose publique qui traversent les generations entieres.Une scene qui fout la honte a grand nombre.Au Mbongui ,les anciens disent quand on perd le chemin ,on revient au carrefour.Meme cet adage de la sagesse ils ont oublie.Les peuples avec les soit disant politiciens,tous des manipules et serviteurs de causes etrangeres a celles de leurs populations qui passent leur temps dans les querelles inutiles et de positionnement au lieu de prendre conscience de la gravite de choses,de la situation afin d’oeuvrer et de travailler pour le bien des populations.
Cher Lucien Pambou,
Pourquoi tant d’intérêt pour le Congo d’en face ? Tu viens d’un pays où nos compatriotes sont confrontés à des situations dramatiques, voire à un véritable danger de mort. L’hôpital de référence est fermé depuis plus de deux mois et les chambres mortuaires sont débordées.
Pendant ce temps, Sassou Denis lui, vadrouille à l’étranger avec toute sa famille. Il est même annoncé à Paris à partir du 8 septembre pour plusieurs jours.
Cher Lucien, je pense sincèrement que ce don d’écriture et cette énergie seraient davantage utiles s’ils étaient consacrés à la défense et à la situation de tes propres frères et compatriotes, plutôt qu’à te préoccuper constamment des problèmes des autres.
Avec toute ma fraternité.
Pambou
ASamba dia Moupata
Cher compatriote
Merci pour tes remarques
J ai longtemps écrit sur ce site et dans des journaux comme jeune Afrique de nombreux papiers concernant notre pays le Congo
Actuellement J ai fait un papier sur Afrkili.tv de notre jeune frère Espérance ketto
L article porte sur l agriculture au Congo 66 ans apres l indépendance
Je crois qu il nous faut passer des écrits constats à des papiers pour l action
Je me suis essayé demandant à certains d entre nous de réfléchir ensemble
Mais comme tu nous connais, on est très enthousiaste et puis rien
J écris sur des sujets portant sur la rdc car je suis éditorialiste en télévision EEC moment( global télé Sud que l on peut voir sur les canaux free , bouygues )
J évite de rester sectaire mais je n oublie pas mon pays le Congo
Pays dans lequel le débat intellectuel politique financier et economique n existe pas et n a pas beaucoup de sens car les sachants de l intérieur comme de l extérieur ont peur
De plus ils n ont pas l’habitude des débats épistolaires préférant l oralite pour exprimer leurs points de vue
De plus sassou que j ai qualifié d antonomase car il règne au Congo depuis plus de 4decennies n aiment pas les débats contradictoires même s il sait que la plupart de ses ministres se trouvent rangés dans la case ( incompétents professionnellement)
Cdlt
Lucien pambou Mkaya Mvoka