Blanche Tchimountou Gomes, la 1ere Sage-femme congolaise

Blanche Gomes

Lionel GNALI

Petite par la taille, mais grande par le cœur et l’esprit, telle fut Blanche Tchimountou Gomes, première Sage-femme du Congo-Brazzaville. Elle naît le 9 juillet 1933, à Libreville, au Gabon, de l’union d’Auguste Gomes, Commis Comptable et Marie Louise Ngombi, femme au foyer. Elle est l’avant dernière d’une fratrie de cinq enfants, trois filles et deux garçons.

Blanche Gomes effectua ses études primaires à Libreville, puis le cycle secondaire, à Brazzaville. C’est de la capitale de l’Afrique Equatoriale Française, qu’elle prépara le concours d’entrée à la prestigieuse école de Médecine de Dakar, au Sénégal, créée en 1918. Cette école avait pour vocation d’instruire en internat des élèves médecins, vétérinaires, pharmaciens et sages -femmes. Le futur président éburnéen, Félix Houphouët-Boigny, fut un ancien de cette école, sorti médecin africain et major de sa promotion en 1925.

Trois années d’études étaient nécessaires pour l’obtention du diplôme de sage-femme. Entrée à l’école de médecine en 1952, elle en sortira diplômée le 31 octobre 1955. Elle est alors affectée à Libreville, par le gouvernement de l’AEF. Elle y travailla deux ans au sein du premier hôpital de la capitale gabonaise, appelé hôpital Konk, puis elle fut mutée à Mouila, au Gabon, dans la région de la Ngounié, où elle servit pendant une année.

D’un commerce agréable et entièrement dévouée à son métier de sage-femme, sa réputation dépasse le cadre de Libreville et de Mouila, où elle laissa d’impérissables souvenirs. Mère de deux enfants, Véronique, née en 1957 et Ernest, né en 1958, elle a pour principal hobby, la couture. Excellente couturière, elle fait le bonheur de ses petites cousines qui sont toujours tirées à quatre épingles pour aller à l’école. L’une d’elles, Thérèse Tchimouendji, en raison de l’élégance de ses tenues, est surnommée par ses condisciples, miss « Gabon ».

Blanche Gomes souhaite aller se perfectionner au Canada et suivre une formation de nutritionniste. Cependant, l’engagement décennal signé à l’issue de l’obtention de son diplôme de sage-femme, la contraignit à surseoir ce projet. En effet, il était convenu entre le conseil d’administration de l’école et l’impétrant, que ce dernier s’engageait à servir pendant dix ans, soit dans le cadre des Médecins et Pharmaciens Africains de l’Assistance Médicale Indigène, Sage-Femmes, soit dans celui des Officiers de Santé militaire indigène. L’élève s’engageait personnellement à rembourser au Budget général de l’AEF, les frais d’études et d’internat dans le cas où il quitterait volontairement les cadres du service de santé ou en serait exclu par mesure disciplinaire avant l’expiration de son engagement. Avec la fin de la décolonisation, le Moyen-Congo et le Gabon, accèdent à l’Indépendance, respectivement les 15 et 17 Août 1960, ce qui plaça Blanche Gomes devant un choix cornélien.

Blanche Gomes et ses condisciples

Le Moyen-Congo ou le Gabon ?

C’est son frère aîné, Marcel, qui la convainc de rentrer à Brazzaville pour apporter sa contribution à l’œuvre de construction nationale. Enthousiaste, elle effectua son retour au Congo, afin de mettre son savoir-faire au service du jeune état congolais. Une politique nationale de santé était à mettre en place avec des compatriotes, dont la plupart étaient issus comme elle de l’école de Médecine de Dakar. Ils se nomment :

-docteur Benjamin Tchikoundzi,

-docteur Benoît Loembé,

-docteur Sylvestre Cardorelle,

-docteur Jacques Bouity,

-docteur Raymond Mahouata, futur ministre de la santé, dans le premier gouvernement du président Fulbert Youlou. Elle est affectée au service de maternité de l’hôpital général à Brazzaville.

Le 15 Août 1962, la jeune république du Congo célèbre avec faste son accession à la souveraineté.

Blanche Gomes est appelée à représenter le Congo à une réunion sous régionale sur les politiques de maternité et de l’enfance, à Bangui, en république Centrafricaine. C’est au pays de Boganda qu’intervînt le drame. Elle y décède brutalement le 18 août 1962.

Hôpital mçre et Enfants Blanche Gomes à Brazzaville

Fruit de la coopération entre le Congo et l’URSS, l’hôpital Mère Enfant, inauguré en 1969, situé dans le deuxième arrondissement de Brazzaville, porte le nom de la première sage-femme congolaise.

Lionel GNALI

Diffusé le 31 mai 2026, par www.congo-liberty.org

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