Sassou Denis, « brut de décoffrage »

« Quand ce qu’on doit dire n’est pas plus beau que le silence, il faut se taire »

L’expression « brut de décoffrage » désigne une personne qui n’a pas de tact, qui n’a pas de finesse, qui n’est pas délicate, qui manque de délicatesse et qui est sans-gêne. C’est quelqu’un comme Sassou Denis qui s’exprime sans modération, sans intelligence, et sans « filtre ».

Sa dernière interview accordée au média en ligne BRUT devant deux jeunes qui ont essayé de poser des questions pertinentes quant à la situation de notre pays, nous renforce dans l’idée que Sassou Denis se moque des congolais et qu’il est complètement hors-sol, certain de son hubris.

A moins d’être de mauvaise foi ou faisant partie de son fan-club, le bilan de Sassou Denis après quarante ans d’exercice autoritaire de pouvoir après y avoir confisqué tous les leviers de notre pays est un dépôt de bilan. On ne parle du Congo-Brazzaville que dans les faits divers. De la distribution des billets lors d’un voyage de Sassou Denis en Espagne en passant par le mariage fastueux de son rejeton KIKI à Dubaï, de cinq de ses proches qui disposent à eux seuls de plus de cinq mille milliards de dollars dans les paradis fiscaux, de nombreux biens mal acquis ici et là, notre pays n’est plus que l’ombre de lui-même.

Incapable de justifier le manque d’eau dans un pays qui est béni de Dieu, de justifier d’incessants délestages (alors que Jean-Jacques BOUYA a empoché la cagnotte d’IMBOULOU) et le manque cruel d’infrastructures de base (routes, hôpitaux, écoles…), Sassou Denis a usé de la langue de bois, préférant citer les dictateurs chinois, comme pour étaler sa culture dictatoriale.

Il est connu que la culture est comme de la confiture. Moins on en a, plus on l’étale. Si l’eau c’est la vie et aucun « président » ne peut priver d’eau son peuple comme il le dit avec autant de cynisme, pourquoi ne le fait-il pas depuis 1979, l’année de son coup d’Etat ?

Il en a été ainsi du chômage galopant et chronique des jeunes congolais, abandonnés à eux-mêmes, sans perspectives d’avenir, et invités à se débrouiller (article 15), faute d’emplois dans la Fonction dite Publique. Qui a dit à Sassou Denis que tous les jeunes congolais ont vocation à intégrer la Fonction Publique ?

S’agissant des nouvelles technologies, l’aveu de Sassou Denis devant ces deux intervieweurs prouve à suffisance de sa déconnexion sur le sujet, ignorant leur importance dans le quotidien de la population. Comment peut-il en être autrement dans un pays dans lequel l’électricité est un luxe ?

TIK-TOK, FACEBOOK, INSTAGRAM, en somme les GAFA, sont étrangers à ses yeux. Sassou Denis s’en étonne comme le canard devant une brosse à dents.

Plus surprenant lors de cette interview, est sa « colère » surjouée pendant l’évocation de l’affaire des Biens Mal Acquis en France qui a fait fuir en pyjama son épouse Antoinette TCHIBOTA, en se soustrayant à une convocation judiciaire dans le cabinet d’un juge d’instruction du Tribunal judiciaire de Paris.

Sassou Denis a cru bon devant ces deux jeunes du média en ligne BRUT, de faire du juridisme, comme Collinet Makosso avec sa note de service après la publication d’un décret foireux, en parlant de commission rogatoire.

Nous rappelons à Sassou Denis que « la commission rogatoire est l’acte par lequel un juge d’instruction délègue ses pouvoirs à un autre magistrat ou à un officier de police judiciaire (OPJ), afin de faire procéder à sa place à un ou plusieurs actes d’information. Son rôle est de diriger l’enquête et d’ordonner les actes nécessaires pour faire avancer le dossier ».

Sérieusement, qui peut faire confiance à la « justice » congolaise qui est aux ordres de Sassou Denis ?

Demander une commission rogatoire n’a pour but pour Sassou Denis que d’enterrer cette affaire des Biens Mal Acquis qui est un gros caillou dans ses chaussures crocodiles à lacets.

Qui peut faire confiance à une « justice » qui a condamné Jean-Marie Michel MOKOKO et OKOMBI SALISSA à vingt ans de prison pour avoir commis, selon les dires de Sassou Denis, un délit ?

Qui peut faire confiance à la « justice » congolaise quand on a vu OKO NGAKALA, le Procureur de la République bananière de Sassou Denis, qui, disait-on, avait délivré contre NDONGO ZIDANE un mandat d’arrêt faire à l’unisson sa campagne dans le Nord du Congo ?

Qui peut croire à la « justice » congolaise lorsque les exécutions extra-judiciaires de la DGSP ne sont toujours pas poursuivies ?

L’interview de Sassou Denis à BRUT, ce média en ligne, nous laisse un goût très amer. Toute sa logorrhée reste des projets bruts de décoffrage, comparables à une ébauche, comprenant uniquement une structure, des idées vagues, confuses et mal agencées, sans les détails et les raffinements qui viennent avec le peaufinage et qui n’est qu’un vœu pieux.

Sassou Denis n’aime pas le Congo et ne fera RIEN pour essayer d’améliorer, ni même de soulager nos conditions. Nous voir crever est son leitmotiv. Il ne laissera dans l’Histoire de notre pays que la trace des crimes et des intrigues.

Arrivé au pouvoir par la force, il ne reste aux congolais que d’user de la force pour le faire partir. Une fois de plus, nous devons nous organiser sérieusement en nous débarrassant de nos égos, de nos petits calculs pour sauver l’essentiel : le CONGO. Sassou Denis n’est qu’une pierre brute.

Olivier MOUEBARA

Diffusé le 14 mai 2026, par www.congo-liberty.org

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Une réponse à Sassou Denis, « brut de décoffrage »

  1. Samba dia Moupata dit :

    Sassou Denis coche toutes les cases de la personnalité toxique. Comment peut-on laisser perdurer, pendant 42 ans, le problème de l’accès à l’eau potable alors que le pays est traversé par d’innombrables cours d’eau ? Le plus affligeant, ce sont aussi ces pseudo-intellectuels, souvent en échec dans leur propre parcours, qui continuent pourtant de le soutenir depuis mars 1977. J’en appelle à la jeunesse congolaise, une vérité fondamentale, l’histoire ne s’écrit pas seule, elle jugera les renoncements et les responsables.

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