Par Dieudonné ANTOINE-GANGA
Déjà 54 ans ! En effet, il y a 54 ans, exactement le 5 mai 1972 que le premier Président de notre pays, l’Abbé Fulbert Youlou est mort en exil à Madrid (Espagne), d’une hépatite. Qui s’en souvient ? La manière dont il a été bouté hors du pouvoir ne cesse de ressusciter dans les cœurs de certains compatriotes, la haine de le fustiger et de le calomnier. Politique politicienne, démagogie, malhonnêteté intellectuelle de la part de ces détracteurs ? That is the question !
Notre premier Président de la République, Monsieur l’Abbé Fulbert Youlou n’est resté que trois ans au pouvoir (1960 – 1963).D’aucuns ont continué ou continuent à le calomnier en le rendant par exemple responsable des émeutes de 1959, entre les militants du M.S.A du Vice-Président, Monsieur Jacques Opangault et de son parti l’U.D.D.I.A., et non entre les Mbochis et les Koongos, comme osent l’affirmer certains politiciens véreux aux langues de vipère. D’autres l’ont accusé d’avoir tout volé, en reprenant comme des perroquets, ce que les militants de l’U.J.C. (l’Union de la Jeunesse Congolaise) d’obédience communiste, sous la conduite de Balossa N’Tari Ange alias Beloz, chantaient à tue-tête pendant les événements des 13, 14 et 15 Août 1963, « les trois journées glorieuses. » Une rengaine que certains avaient prise comme une parole d’Évangile et relayée à l’époque par le journal ‘’Dipanda’’ dont le Ministre Claude Ernest Ndalla alias Graille fut rédacteur en chef. Une véritable manipulation politicienne. Comme l’a dit Vilfredo Pareto :’’Certaines révolutions n’ont abouti qu’à duper le peuple.’’ Qui plus est, ‘’les rumeurs sont comme les papillons : une fois envolées, il est difficile de les rattraper ’’ dixit François Mitterrand.
Loin de moi, l’idée de remuer le couteau dans la plaie. Mais il me revient en tant que citoyen congolais, témoin des émeutes de 1959 et des événements des 13, 14 et 15 Août 1963 de rétablir la vérité des faits, tout en faisant montre d’honnêteté intellectuelle. Car ‘’celui qui sait la vérité et ne hurle pas la vérité, se fait complice des escrocs et des faussaires’’ dixit Charles Péguy. D’aucuns affirment sans vergogne que le Président Abbé Fulbert Youlou serait le grand responsable de la situation qui prévaut actuellement au Congo. Ainsi me permettrais-je de partager de nouveau avec vous, ce que j’ai écrit, il y a quelques années dans l’hebdomadaire ‘’La Semaine Africaine’’ : ‘’… Que s’était-il passé en réalité en 1959 ? En 1959, l’U.D.D.I.A., le parti de l’Abbé Fulbert Youlou accéda au pouvoir à la suite de la politique de la chaise vide appliquée par le M.S.A. de M. Jacques Opangault ; ce qui fut une erreur politique et fatale pour ce dernier. Il faut le reconnaître. Car la politique de la chaise vide n’est pas payante. En effet, du 25 au 30 novembre 1958, les dirigeants des partis politiques, des organisations syndicales et du Conseil du gouvernement de coalition, se retrouvèrent à Pointe-Noire, capitale du Moyen-Congo, pour se mettre d’accord sur la nouvelle forme des institutions à mettre en place. Les uns et les autres, en l’occurrence ceux des deux principaux partis, l’U.D.D.I.A. et le M.S.A. n’arrivèrent pas à s’entendre. Au plus fort de la discussion, un député du M.S.A., M. Yambot, député de Mossendjo (Niari), annonça son passage à l’U.D.D.I.A. Après quelques échanges houleux, les députés du M.S.A. quittèrent la salle, laissant la place à leurs collègues de la majorité U.D.D.I.A. qui se mirent immédiatement au travail, sous la direction de Monsieur Christian Jayle, alors député de Kinkala (Pool), président de l’Assemblée Législative du Moyen-Congo, pour la nouvelle constitution. Une nouvelle organisation de gouvernement fut mise donc sur pied. M. Jacques Opangault, alors premier ministre, fut remplacé par M. l’Abbé Fulbert Youlou. Puisque Pointe-Noire, ville originaire de M. Félix Tchicaya, l’allié de M. Jacques Opangault, était hostile au nouveau gouvernement de M. l’Abbé Fulbert Youlou. Les députés de l’U.D.D.I.A. décidèrent alors le transfert du siège de l’Assemblée à Brazzaville, devenue capitale du Congo, destination vers laquelle ils se rendirent immédiatement et de nuit par l’autorail.
En 1959, pour éviter que l’U.D.D.I.A. ne s’organisât au pouvoir et ne consolidât sa situation dans le pays, le M.S.A. réclama en vain la dissolution de l’Assemblée et l’organisation de nouvelles élections législatives. Entre temps, les militants du M.S.A. et du P.P.C., réunis à Poto-Poto -Brazzaville au bar « Chez Bouya », incités par quelques députés du M.S.A dont M. Pouy, lancèrent des appels réitérés à la guerre civile et sortirent un tract dans lequel ils déclarèrent ‘’le larisme insolent et envahissant.’’ Des émeutes éclatèrent alors, tant à Bacongo qu’à Poto-Poto, les deux quartiers de Brazzaville, entre les militants de l’U.D.D.I.A. et du M.S.A.-P.P.C., et non entre Bakoongos et Mbochis, Comme on le raconte sans vergogne. Des pillages et des viols furent enregistrés par ci et par là. Le bilan de ces émeutes se présenta malheureusement comme suit : plus de 100 morts, 177 blessés et 350 maisons détruites. Le Président Abbé Fulbert Youlou, le Vice-Président Jacques Opangault, le ministre Stéphane Tchitchelle et tous leurs collègues et acteurs politiques de l’époque, en grands patriotes, faisant leur ces paroles de Jacques Chaban-Delmas ‘’ il faut toujours tirer la leçon du passé. Les problèmes personnels sont dérisoires par rapport au bien du pays. Les mauvais souvenirs sont à écarter.’’, avaient pu faire preuve de dépassement dans l’intérêt supérieur du pays et des populations congolaises. Le Congo et les populations connurent une ère de paix. La preuve : les nouvelles élections présidentielles de 1961 au cours desquelles, M. l’Abbé Fulbert Youlou, candidat consensuel et unique, fut élu démocratiquement Président de la République, se déroulèrent sans incident. Le Président Abbé Fulbert Youlou et le Vice-Président Jacques Opangault donnèrent la priorité au Congo. N’en déplaise aux revanchards et autres fossoyeurs de la paix et de l’unité nationale, qu’on se le dise une fois pour toutes ; ils n’incitèrent point à la guerre civile. Ils comprirent que construire ensemble notre pays était un défi qui devait aller au-delà de leurs propres frustrations, de leurs propres échecs, de leurs propres haines, de leurs propres deuils.’’ C’est l’occasion d’affirmer ici, haut et fort que le Président Abbé Fulbert Youlou et le Vice-Président Jacques Opangault n’étaient pas d’aigris et de revanchards. Ils étaient des hommes supérieurs, c’est-à-dire ceux qui selon Confucius ‘’ont mis d’abord leurs paroles en pratiques, ensuite ont parlé conformément à leurs actions, ont eu une bienveillance égale pour tous et qui ont été enfin sans égoïsme et sans particularité.’’
Quant à ceux qui affirment que le Président Abbé Fulbert Youlou aurait tout volé, je leur réponds que c’est archi-faux. Même le tribunal populaire dont le ministère public était tenu par le procureur général de la République, M. Roch Auguste Nganzadi et qui était présidé par M. Stanislas Batchi, quoique l’ayant condamné par contumace, n’avait pas pu étayer les preuves des chefs d’accusation dont les détournements de deniers publics que l’on reprochait au Président Abbé Fulbert Youlou.
Il y a quelques années, M. le Ministre Simon-Pierre Kikoungha N’Got, issu pourtant du M.S.A., donc de l’opposition, son adversaire politique, faisant montre d’honnêteté intellectuelle, avait déclaré urbi et orbi, sur les antennes de R.F.I., que le Président Abbé Fulbert Youlou n’avait jamais détourné des deniers publics. De son côté, notre compatriote Mfumu qui nous a quittés il y a quelques années, écrivait dans les dépêches de Brazzaville No 3291 du vendredi 10 Août 2018 : ‘’ Dans un audit, jamais publié, commandé par le gouvernement Massamba-Débat, aucune trace de détournement de deniers publics imputables à l’Abbé Fulbert Youlou n’a été relevée.’’ Pour sa part, mon ami Lecas Atondo-Monmondjo avait écrit à ce propos, dans le journal ‘’La Semaine Africaine’’ No 3741 du 10 Novembre 2017 : ‘’…On parla longtemps de la fortune de l’Abbé. Mais sa fortune vint de sa collaboration et de la générosité du sécessionniste Moïse Tchombé du Katanga…Brazzaville fut sous Youlou le grand appui de Tchombé en Afrique Centrale. Moïse Tchombé ayant frappé sa propre monnaie, refila à Youlou tous les francs congolais (forte monnaie). C’est Hazoumé qui ramena des malles pleines de billets d’argent congolais du Katanga. L’Abbé s’employa à les changer en francs belges, puis en francs CFA…Le slogan ‘’Youlou a tout volé’’ ne refléta pas la vérité. Un haut fonctionnaire du Trésor, chargé dans une commission d’instruire le dossier Youlou sur des détournements de fonds publics, m’assura que Youlou ne touchait point à l’argent public…’’
D’autre part il sied de signaler, pour notre gouverne et celle des générations futures, que le Président Abbé Fulbert Youlou avec cet argent, au lieu de le garder par devers lui-même ou de le mettre dans des comptes à l’étranger, l’avait utilisé pour acheter pour le compte de notre pays, le Congo : la résidence de l’Ambassadeur du Congo en France, à Vaucresson, banlieue parisienne, les appartements de la rue Boussingault pour les stagiaires congolais en France, la Maison des Étudiants Congolais (la M.E.C) à Paris, dans la rue Broca, les immeubles abritant les chancelleries congolaises à Paris, à Washington aux U.S.A., à Bruxelles en Belgique, la résidence du représentant du Congo aux Nations-Unies à New-York. Toujours avec cet argent, il a construit à Brazzaville, l’Hôtel de Ville, les sièges des mairies des arrondissements de Bacongo, Makélékélé, Moungali et Ouenzé, le commissariat central devenu depuis, l’État-Major de l’Armée, l’hôtel Bilombo (nom de sa mère), récupéré par le gouvernement révolutionnaire du Président Alphonse Massamba-Débat et rebaptisé Olympic Palace à l’occasion des Premiers Jeux Africains en 1965. Enfin, ‘’le Président Abbé Fulbert Youlou fut un grand bâtisseur à l’image de Houphouët-Boigny, son modèle. Il installa la première chaine de télévision en Afrique Noire. Il prit l’initiative de convoquer la première conférence des chefs d’État d’expression française (décembre 1960). Cette conférence se transforma en Union Africaine et Malgache, qui prit le contrepied du groupe de Casablanca, celui des progressistes…’’ dit encore mon ami Lecas Atondi-Monmondjo.
Cessons donc de calomnier le Président Abbé Fulbert Youlou. Ne continuons pas à fouiller tout le temps dans sa poubelle qui est certainement moins puante que les nôtres. Il y a tellement eu d’événements dans notre pays depuis le 15 Août 1963, date de démission du président Abbé Fulbert Youlou… Utilisons un langage unificateur, un langage de paix. Passons de la violence au dialogue. Faisons nôtre, cette pensée du premier Ministre Bernard Kolelas : ’’la paix sociale, la justice, l’entente nationale sont un passage obligé pour notre pays. C’est notre seule planche de salut face à la misère sociale qui s’aggrave de jour en jour. C’est pourquoi nous demandons à tous nos compatriotes d’enlever tout obstacle sur le chemin de la paix, de transcender nos égoïsmes et nos divisions, nos rancœurs et méchancetés inutiles pour la construction d’un Congo démocratique, digne de nos meilleures traditions sociales et morales animées par l’esprit de famille élargie, l’esprit de fraternité et de solidarité agissantes.’’ Il est donc temps de travailler patiemment chacun à son modeste niveau, à l’éclosion d’une élite au sens politique, intellectuel et spirituel du terme. Sans elle, point d’émancipation. Comme l’affirmait souvent, mon ami Lecas Atondi Monmondjo, ‘’il faut rassembler l’intelligence des gens capables de repenser notre pays qui peut être sauvé par un nouvel élan d’union, de fraternité et d’amour. Il faut donc des actes fondateurs forts, mais qui doivent être bien pensés et conduits.’’ Léguons donc aux générations futures, l’esprit patriotique, la vérité et l’honnêteté intellectuelle. Avec le Cardinal Émile Biayenda, j’affirme et je crois que ‘’l’amour est le pardon, la paix est son essence, le dialogue est sa joie. On ne s’aime réellement que lorsque l’amour devenant miséricorde, pardonne tout, en élevant l’autre au plus profond de son humilité.’’ N’en déplaise à ses détracteurs, le Président Abbé Fulbert Youlou fait partie, comme l’a affirmé le Ministre Joseph Ouabari Mariotti de ‘’ ces grands hommes politiques, humbles, non préoccupés par l’accumulation des biens, et ne dérangeant personne, mais très attachés aux valeurs nationales communes.’’ Sa conception du pouvoir était comme l’affirmaient, d’une part, le Président Pascal Lissouba « donner la priorité au Congo » et d’autre part, le Premier Ministre André Milongo « n’était pas celle du pouvoir pour le pouvoir, pour s’ouvrir les vannes de l’enrichissement, par la rapine de l’Etat, mais celle de servir le peuple qui lui avait accordé son suffrage. »
Tenez ! Pour manifester son amour pour tout le pays et ipso facto pour tous les Congolais, le Président Abbé Fulbert Youlou déclara à l’issue du Conseil des Ministres du 31 octobre 1959 : « Au moment où nous préparons les textes et le budget qui doivent être soumis à l’Assemblée Législative, je tiens à préciser que le gouvernement attache une importance extrême à ce que le nord du pays bénéficie de notre entière sollicitude et qu’un effort soit réservé en sa faveur. »
D’autre part, lors du démarrage des travaux du barrage du Kouilou dont il fit son cheval de bataille, il déclara en 1961 : « L’avenir du Congo est ici même, et le barrage conditionne et détermine à lui seul, notre évolution. Il est capable de transformer le pays en « petite Suisse » (formule qu’utilisera plus tard le Président Pascal Lissouba), selon les données les plus modernes de nous hausser au rang de puissance économique et industrielle, de transformer radicalement les conditions de vie et le pouvoir d’achat de la masse en fournissant à bon compte l’énergie qui nous manque et de parachever l’indépendance politique acquise, par l’indépendance économique toute aussi forte et toute aussi impérieuse. Le Kouilou retient l’attention combinée de de l’industrie des ferro-alliages, des industries de l’azote et du phosphore, et même dans une certaine mesure des industries nucléaires, puisqu’il n’est pas exclu que la séparation isotopique à l’échelle européenne, soit conduite à chercher une solution de son problème au Congo. Avec les travaux et le démarrage du barrage du Kouilou, les problèmes d’emploi pour nos jeunes pourront, cela va sans dire, être résorbés. »
Enfin, le Président Abbé Fulbert Youlou dit aussi, en confiant sous la supervision de Monsieur Alphonse Massamba-Débat, Ministre du Plan et de l’équipement, aux jeunes ingénieur agronome, directeur de l’agriculture, Pascal Lissouba et Paul Kaya, directeur du plan, l’élaboration du plan intérimaire du Congo, leur dit : « Vous devez connaitre le pays. Vous irez dans chaque village, dans chaque ville. Vous prouverez comment et en quoi, l’agriculture et l’élevage portent le bien-être et le développement. »
J’affirmerais haut et fort que le président Abbé Fulbert Youlou fut nationaliste et altruiste. Sa devise était « l’engagement politique est au service du bien commun et non de son bien propre. »
Repose en paix, Président Abbé Fulbert Youlou ; et là où vous êtes, vous tous, vous et le Cardinal Emile Biayenda, les Présidents Alphonse Massamba-Débat, Marien Ngouabi, Pascal Lissouba et Joachim Yhombi Opango, ainsi qu’avec le Vice-Président Jacques Opangault, les Premiers Ministres, Aloïse Moudileno Massengo, Ambroise Edouard Noumazalaye, Henri Lopes, Alphonse Souclhati Poaty, André Milongo, Antoine Claude Da Costa, Stéphane Maurice Bongho-Nouara, David Charles Ganao, Bernard Kolelas, Clément Mouamba, les autres Grands Commis de l’Etat et tous les compatriotes Religieux et Laïcs ayant versé du sang pour notre pays, priez et intercédez pour un Congo uni et prospère dans la paix !
Dieudonné ANTOINE-GANGA.
Ancien Ministre des Affaires étrangères du Congo-Brazzaville
Ancien Ambassadeur du Congo à Washington (USA)
Diffusé le 05 mai 2026, par www.congo-liberty.org


ABBÉ FULBERT YOULOU ( 05/05/1972 – 05/05/2026)
S’il faut dresser une liste des hauts dignitaires fortement épris par des idées d’équité, de justice et de paix que le CONGO-BRAZZAVILLE ait connu, l’Abbé Fulbert YOULOU, en fait, sans conteste, partie.
À titre d’exemple, lors des événements de février 1959, ayant marqué une grande partie de l’opinion publique congolaise et caractérisés par des tueries ethniques avec 99 morts, 177 blessés et 350 cases détruites, l’Abbé fut le premier à créer les conditions requises d’une meilleure gouvernance tendant, vers une consolidation de l’unité nationale.
Si le leader du Mouvement Socialiste Africain, ( le M.S.A.), Jacques OPANGAULT se fait arrêter pour ses appels et incitations, à la violence le 30/06/1959, l’Assemblée Nationale, sur proposition du gouvernement et donc de son premier ministre qui fut, à l’époque, l’Abbé Fulbert YOULOU, adoptera une loi d’amnistie aux termes de laquelle, étaient amnistiés de plein droit les auteurs des faits délictueux commis, lors des incidents de Brazzaville en janvier 1956, de Pointe-Noire en avril 1957 et en novembre 1958, de Fort-Rousset en janvier 1959 et de Brazzaville en juin 1959. Étaient également amnistiés, les auteurs de délits commis lors des luttes sanglantes de Brazzaville de février 1959.
Dans le même ordre d’idées, l’Abbé Fulbert YOULOU fit entrer dans son gouvernement des membres du M.S.A., en l’occurrence Appolinaire BAZINGA, Ministre d’État chargé des régions Nord et Faustin OKOLBA, Ministre du Travail.
Le WENE, MFUMU N’GATA invita son aîné Jacques OPANGAULT à se joindre à sa politique de restauration de l’unité nationale.
Ainsi, comme le rapporte si bien le politologue français Jean-Michel WAGRET, accomplit au cours des années 1961 et 1962 de nombreux voyages dans les différentes parties du pays, au cours desquels il reçoit la confirmation de l’adhésion populaire déjà manifestée par l’élection unanimitaire de mars 1961. Lors de son message télévisé à l’occasion du 4ieme anniversaire de l’indépendance, le 28/11/1962, le Président YOULOU rappelle encore :
» Nous devons nous garder de verser dans le régionalisme et de mettre en péril notre règle d’or » l’Union Nationale « .
En somme, depuis son entrée en politique en 1946, jusqu’à son accession, à la présidence le 21/11)1959, et ce, en conformité d’une loi constitutionnelle relative à la présidence du CONGO, l’Abbé Fulbert YOULOU fit preuve d’une grande habileté et sagesse pour préserver l’unité du tissu national, lui conférant, par voie de conséquence, la qualité d’un véritable NTINU WENE, c’est-à-dire, d’un illustre chef d’État et de la Nation.
Ici, force est d’indiquer que les vocables de NTINU ou MUTINU et WENE sont très évocateurs, selon le KI-MUNTU ou le MUNTUÏSME et dont la teneur étymologique est la suivante :
1.MUTINU OU M’TINU : un dérivé du verbe TINA qui renvoie, à la notion de crainte, de respect, de révérence ou de profonde considération
2.WENE : il est, une extension du mot WENA qui renvoie, à la notion de devenir ou à la transformation de l’être ou du Muntu, accédant à une fonction, en l’occurrence supérieure et reconnue, comme telle par l’ensemble de la communauté, à laquelle, on appartient.
Ainsi, l’Abbé Fulbert YOULOU, de par son intelligence, sa finesse d’esprit, sa perspicacité et d’homme de grande culture traditionnelle et moderne fut, un MUTINU WENE, c’est-à-dire, un véritable MFUMU N’GATA, un grand chef d’État et de la Nation sur beaucoup de ses contemporains n’ont pas, malheureusement, su juger de la manière la plus intelligente et, la plus MUNTUÏSTE qui soit.
RUDY MBEMBA-DYA-BO-BENAZO-MBANZULU
in
» PLAIDOIRIE POUR L’ABBÉ FULBERT YOULOU 1er président de la République du Congo-Brazzaville 21 novembre 1959 – 15 août 1963 » L’Harmattan 2009. P.76