Les gesticulations de Brazzaville dans la traque des fortunes illicites

Ursus Fred Otsoa Andely

Les populations du Congo-Brazzaville désabusées, soumises à l’inanition , dépourvues d’infrastructures médicales, scolaires, universitaires, routières de qualité, appauvries et témoin impuissantes du vol à ciel ouvert, n’y croient pas un seul instant.

Traque et traquenards

Brazzaville est devenu un havre de paix pour les auteurs des malversations financières et des détournements des deniers publics. Dans la lutte contre la criminalité financière, l’argent est souvent le nerf de la guerre. Au Congo-Brazzaville, l’argent est le sel de la corruption. Conscient que les réseaux criminels prospèrent avant tout grâce aux profits qu’ils génèrent, le Congo entend désormais frapper les délinquants là où cela fait le plus mal : leur patrimoine. Personne n’y prête attention aussi longtemps que cette posture relèvera de l’incantation et des déclarations d’intention.

Ursus Fred Otsoa Andely

C’est dans cette perspective que l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF), dirigée par Ursus Fred Otsoa Andely, a lancé, lundi 15 juin 2026 à Brazzaville, une session de formation de six jours consacrée à l’identification, à la saisie et au recouvrement des avoirs criminels. Une trentaine d’officiers de police judiciaire, de gendarmes et de magistrats ont pris part à cet atelier stratégique qui s’est achèvé le 20 juin 2026.

Soutenue par le programme SecFin Africa avec l’appui de l’Union européenne, cette initiative intervient dans un contexte où les États africains sont appelés à renforcer leurs capacités face aux flux financiers illicites, à la corruption, au blanchiment d’argent et aux différentes formes de criminalité organisée qui fragilisent les économies nationales. Selon plusieurs experts internationaux, la saisie des biens issus d’activités criminelles constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces pour démanteler durablement les réseaux délictueux.

Au-delà des aspects techniques, cette formation traduit une évolution profonde de la politique pénale congolaise. Il ne s’agit plus seulement d’identifier et de poursuivre les auteurs d’infractions financières, mais également de retrouver, geler, saisir puis restituer à la collectivité les richesses acquises illégalement. Une approche qui s’inscrit dans les standards internationaux de gouvernance et de transparence financière (geoafriquemedia, 16 juin 2026).

Silvaire Dangou Zidane

A Brazzaville et à Pointe-Noire en passant par Oyo où les maisons à plusieurs étages ont poussé comme des champignons, la mission serait facile, il suffit de se baisser et de ramasser. Curieusement, au Congo-Brazzaville, personne ne connaît cette institution ni le nom de son patron Ursus Fred Otsoa Andely. La haute autorité de lutte contre la corruption (HALC) et son patron Olita Ondongo commis à cette tâche brillent par leur dilettantisme et par leur manque de volonté caractérisés par une inefficacité flagrante. N’est-ce pas au Congo-Brazzaville que les populations ont observé le Procureur André Oko Ngakala en grande conversation avec Silvaire Dangou Zidane, présenté un moment comme fugitif ? Dangou Zidane serait propriétaire d’un grand complexe immobilier à Gamboma. Les populations du Congo-Brazzaville attendent des actes. N’est-ce pas Denis Sassou Nguesso qui est monté au créneau pour défendre les détenteurs des biens mal acquis ?

Juges et parties

Au Congo-Brazzaville où plusieurs proches de Denis Sassou Nguesso sont épinglés dans les scandales financiers au retentissement international ( panama papers, paradis papers, enquêtes de Global witness…), peut-on faire travailler ensemble policiers, magistrats, services financiers et ONG dans la traque des fortunes illicites ?
Rien n’est moins sûr au regard des relations incestueuses existant entre ces institutions. Dans un pays qui a fait disparaître 14 mille milliards de francs CFA sans autre forme de procès, derrière chaque compte bancaire suspect, chaque bien immobilier dissimulé ou chaque transfert financier opaque se joue une bataille plus vaste : celle de la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Diffusé le 24 juin 2026, par www.congo-liberty.org

Ce contenu a été publié dans Les articles. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire