HOMMAGE AU VÉNÉRÉ ÉMILE CARDINAL BIAYENDA À L’OCCASION DU QUARANTE-NEUVIEME ANNÉE DE SON ASSASSINAT ( 22/03/1977 – 22/03/2026 )

ÊTRE DE LUMIÈRE OU GUIDE DE LUMIÈRE DÉNOMMÉ NGUNZA DANS L’UNIVERS KONGO

Pour le professeur Henri Louis CANAL, Monseigneur le Cardinal Émile BIAYENDA figure parmi les êtres de Lumière, ce Religieux fait ressusciter la Source Primordiale en occupant une place privilégiée de discernement et de lucidité qui donne à son axe de communication sainte autant de spiritualité que de préoccupation sociale quotidienne. C’est qu’il est, à la fois, Philosophe et Théologien. Et Mystique. Réaliste et Inventeur Traditionnel….. Préface in  » Le testament socio-institutionnel du cardinal Émile BIAYENDA Le sacre du M’pfumu Mpu ou du chef à couvre-tête  » de RUDY MBEMBA-DYA-BO-BENAZO-MBANZULU, Les Impliqués Éditeur 2016. P.11.

Par ailleurs, le professeur Henri Louis CANAL ajoute que :

Inspiré Émile BIAYENDA constitué, à lui seul, un canal de catalyse réciproque entre a-tempotel et temporel, entre ciel et terre, entre intuition et raison…, entre réel et Réel…

Le séminaire,
Petit et grand,
À 31 ans, Prêtre,
À 41 ans, Docteur
À 43 ans, Évêque.
À 46 ans, Cardinal

Il n’a pas perdu de temps. Il ne s’est pas égaré en cours de route. Il n’a rien gaspillé. Il s’est affiné tout au long du chemin. Il a Voulu, il a persévéré. Il a rouvert un passage sacré, mais en accord avec une vie sociale meilleure pour chacune, chacun et pour tous. » RUDY MBEMBA-DYA-BO-BENAZO-MBANZULU Op vit P.23.

Ces mots du professeur Henri Louis CANAL sur le vénéré Émile Cardinal BIAYENDA sont en parfait accord avec ceux de l’abbé Olivier MASSAMBA LOUBELO que j’ai eu, comme professeur au petit séminaire de MBAMOU, aux termes desquels

 » Chez Émile, les qualités ne sont pas en deli teinte, elles apparaissent dans toute leur maturité et ne s’éclipsent pas, car cet homme est entier et constant. Parmi ses qualités, je voudrais relever spécialement son humilité qui est à la fois déroutante et fascinante.  » Il a toujours été comme cela « , disent ceux qui l’ont connu depuis les années de formation au séminaire jusqu’à la fin de sa vie. Mais pour le commun des fidèles, c’est la tranche de vie de l’épiscopat et du cardinalat qui marque les esprits. En Afrique (mais ce n’est pas une spécificité africaine), il n’est pas rare que les prêtres, à plus forte raison les évêques et les cardinaux sont mis sur un piédestal quand ce ne sont pas eux-mêmes qui invitent les fidèles à les hisser sur le pavois ; en effet, ces hommes de Dieu ont le privilège d’être manipulateurs du sacré et donc détenteurs de pouvoirs magico-religieux que sollicitent ceux qui sont dans les embarras de tous genres ; c’est pour cela qu’on leur donne le respect et les honneurs dus à leur rang de notables et de faiseurs de sacré. Émile BIAYENDA, évêque et cardinal, méritait ces honneurs en toute logique. Il avait conscience d’être un chef, un grand chef, il n’était pas seulement ngaanga Nzaambi, le féticheur de Dieu ( c’est ainsi qu’on désigne le prêtre au Congo-Brazzaville), mais plus encore il était Mfumu ngaanga (appellation de l’évêque en pays Koongo), le chef des féticheurs. Cependant il n’utilisait jamais son statut de chef pour se pavaner ; c’était vraiment un prince à l’esprit noble et élevé qui savait que sa véritable grandeur ne lui venait pas de ce que les hommes l’encensaient, mais plutôt de son élection par Dieu au rang de serviteur des fidèles chrétiens. Abbé Olivier MASSAMBA LOUBELO in « Les Nouveaux Enjeux Pastoraux entre tradition et modernité Hommage au Cardinal Émile BIAYENDA » ICES 1972. P.31 et s.

C’est dire que le vénéré Émile Cardinal BIAYENDA fut, de son vivant, un être exceptionnel, dont la vie, apparaissait, au regard de KI-MUNTU ou du MUNTUÏSME, comme une norme, à la fois, humaine, sociale, spirituelle et morale.

Le vénéré Émile Cardinal BIAYENDA fut, en toute simplicité, un NGUNZA, un véritable NGUNZA qui s’entend, comme un être des lumières ou un guide de lumière, comme l’écrit si bien le professeur Henri Louis CANAL qui inspirait, à la fois, crainte, respect confiance et assurance, en raison, de sa façon d’être et, de faire qui, à ce titre, avait une forte résonance ou un gros impact auprès des fidèles ou auprès de ses compatriotes.

En somme, la vie du vénéré Émile Cardinal BIAYENDA est, sans conteste, un bel exemple de ce qu’il faut entendre, d’une part, par le mot MBUTA et, d’autre part, par celui de MUNTU.

Étant entendu qu’au regard du MUNTUÏSME, un MBUTA est cet être qui est parvenu, dans le cadre de son processus d’humanisation et, de socialisation, à être doté d’une haute conscience et, sur la base de laquelle, il fonde son agir existentiel, par des propos sensés et responsables.

Quant au Muntu, c’est, comme le rapporte si bien Placide Temples, la réalité invisible dans l’être ou la résonance, de la réalité invisible, de portée humaine et intelligible, chez l’être, surpassant, par voie de conséquence, son animalité ou son agir instinctif.

C’est dire que, le vénéré Émile Cardinal BIAYENDA a été, au sens propre de l’expression, un véritable MBUTA-MUNTU qui, par définition, a été, un être certes d’intelligence remarquable mais qui davantage l’a été, en raison d’une haute conscience spirituelle dont il était doté et, sur la base, de laquelle, il avait grandement contribué, à la sécurité, au bien-être et, à la paix de la société Congolaise, dans laquelle, il avait vécu. La preuve, il a fait don de sa vie face, à la méchanceté ou barbarie humaine non justifiée.

Enfin, le vénéré Émile Cardinal BIAYENDA a été un NKULU-NGANGA ( MUNTU WA KULA N’GA MESO MA NZAMBI MPUNGU TULENDO), c’est-à-dire, un être exceptionnel, doté d’une haute sagesse, dont le discours et, la manière d’être furent, de facto, des normes d’orientation humaine et sociale, celles qui ont été inscrites, par le passé, sur NZILA KONGO, par les patriarches BANTU.

TAATA NDUENGA (MFUMU MU-TOMBO OU MU-TUMA-NGO), depuis la source ancestrale du Mont KABA de MBANZA KONGO

Diffusé le 21 mars 2026, par www.congo-liberty.org

Ce contenu a été publié dans Les articles. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire