Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD est une des rares écrivaines congolaises résidant, à l’étranger, plus précisément, au Canada depuis 1996, qui a fait de la cause féminine, la préoccupation humaine la plus profonde qui soit avec la limpidité et clarté de sa plume. Cette belle et remarquable plume que l’on retrouve dans ses différentes et enrichissantes publications, à l’instar de deux de ses ouvrages que sont :
“Rendez aux Africaines leur dignité” ou “le combat des femmes au Congo-Brazzaville”, ouvrages publiés aux éditions l’Harmattan respectivement en mai 2011 et, au mois de janvier 2008.
L’intérêt ou la passion de Ghislaine SATHOUD, pour la cause féminine pour laquelle, elle ne cesse de donner le meilleur d’elle-même et ce, de manière constructivement sage et intelligente, n’est nullement le fruit du hasard. Il est, une sorte de résultante du milieu familial dans lequel, elle a connu son enfance et, sa jeunesse, celui de ses père et mère dont le mode de vie a été, à ses yeux fort déterminant, dans son noble combat qui est, celui de la justice, aux fins d’amélioration de la condition féminine, à l’échelle planétaire et particulièrement, sur ses terres africaines d’origine.
Tel est, le sens et l’objet même de la récente publication de Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD, aux éditions de l’Onde en 2025, sur son pére, “VICTOR SATHOUD, Un père fondateur de la République du Congo”. Un bel hommage rendu, à ses parents et, particulièrement à son père qui a été, sans conteste, au coeur même de la fondation de la République du Congo. Un ouvrage de 146 pages répartis en six chapitres, allant de la sociologie de son enfance, sa jeunesse, son installation au Canada et du sens, peut-on dire, de l’action politique menée par son père, sur l’édification originelle de la République Congolaise.
Femme de coeur et de raison, de surcroît viscéralement, tournée vers l’humanité et, sa propre histoire familiale, Ghislaine SATHOUD a dédicacé, cet ouvrage, outre la figure emblématique de son père, à son frère Wilfrid Olivier Gentil SATHOUD, ce passionné de l’histoire du Congo/Brazzaville dont les publications, sur le site de Congoliberty, étaient, en effet très enrichissants, sur la connaissance afférente, à la fondation et, la construction du pays.
Considéré par leur père Victor Justin SATHOUD, Wilfrid SATHOUD, frère cadet de Ghislaine SATHOUD était appelé par ce dernier “le chef des chefs”, qui décortiquait, à juste titre, comme le rapporte si bien sa soeur aînée, “le fonds documentaire de notre père pour rédiger des chroniques qui abordaient toutes sortes de sujets.”P.9.
A dire vrai, Wilfrid Olivier Gentil SATHOUD, était, aussi, à l’image du milieu familial, dans lequel, il avait été élevé, celui de sa soeur Ghislaine Nelly Huguette, qui était absolument tourné vers des principes de haute humanité portant sur le devenir de soi qui, selon leur père, ne pouvait être qu’en ayant, le sens des responsabilités, le courage d’affronter le monde, de la manière la plus juste et, la plus honnête qui soit, tout en gardant ou restant fidèle, aux valeurs du tissu familial et, historique auxquelles, un être humain digne de ce nom doit s’identifier.
C’est dire que, le patriarche de la famille SATHOUD, Victor Justin SATHOUD, portait bien son nom, celui de SATHOUD qui apparaît, en réalité, comme, une francisation de l’expression SA-NTU qui, chez les LUMBU et, tous les KONGO voire les BANTU en général, constitue, par essence, le principe de l’humanité, du respect de l’être et de la justice.
C’est à ce titre que, le NTU est, par définition, le principe même de l’intelligible qui ne peut être effectif que, s’il est associé, au respect de l’autre et, par conséquent, de la société, pour mieux parfaire les conditions d’exsistence de l’être dit civilisé qui est le MU-NTU.
C’est à ce modèle de père très humaniste, affectueux doté d’une haute attention familiale que, Ghislaine SATHOUD, doit, peut-on dire, son parcours sur le sens de son combat ou de lutte contre les discriminations féminines, toute son enfance et, jeunesse durant. Ce père qui leur répétait inlassablement que : “ S’il m’arrive quelque chose pendant que vous devez passer des examens à l’école, il faut d’abord se présenter en classe pour remplir cette exigence avant de revenir pleurer à la maison.”P.13.
Tout compte fait, Monsieur Victor Justin SATHOUD, apparaît, comme son “premier mentor”, en quelque sorte, du choix qui a été le sien, depuis son enfance, celui d’être, une porte-parole voire une défenseure des droits des femmes.
A ce propos, Victor Justin SATHOUD, était, écrit Ghislaine SATHOUD, un fervent défenseur des droits des femmes. Pendant que mon père occupait la fonction de préfet de la région du Niari, son épouse, ma mère, qui travaillait pourtant comme infirmière, était retournée, à l’école pour suivre une formation complémentaire. En effet, avec la bénédiction de son mari, ma mère était, observe-t-elle, allée vivre dans une autre ville, à Pointe Noire, où elle devait étudier. Donc son mari l’encourageait à continuer de réaliser des actions qui pouvaient faire avancer sa carrière. Une telle ouverture d’esprit correspond plus, poursuit-elle, aux conceptions affichées par les hommes dans la société d’aujourd’hui que dans celle d’hier. Lorsque maman suivait sa formation à Pointe-Noire, nous, les enfants, étions, conclut-elle, auprès de notre père, à Dolisie pour la laisser se consacrer pleinement à ses études.P.42.
Victor Justin SATHOUD, apparaît, au fur et à mesure, de l’évocation paternelle de Ghislaine SATHOUD, comme un chef de famille très aimant, affectueux mais également, humaniste, progressiste, dont la vision sociale avait aussi, un accent féministe, celui de l’amélioration des conditions de vie des femmes qui, à ses yeux, devaient, de quelle que manière que ce soit, disposer des mêmes droits que les hommes.
Ce père aimant, très respectueux des valeurs de KI-MUNTU ou humanistes que dépeint Ghislaine SATHOUD, en toute lucidité et simplicité, a été au coeur, de la fondation de la République du Congo/Brazzaville, en étant, aux côtés de son premier président l’abbé Fulbert YOULOU.
A ce propos, Ghislaine SATHOUD rapporte que, son père avait occupé différents postes ministériels, durant la présidence de l’abbé Fulbert YOULOU, dans un Congo nouvellement indépendant. Il avait été député, ministre et préfet, en ayant constamment, le souci d’apporter le meilleur de soi, d’inscrire son pays dignement? dans le concert des nations africaines nouvellement indépendantes.
Mon père était, écrit Ghislaine SATHOUD, ministre dans le premier gouvernement du Congo indépendant. Il avait occupé cette fonction, au sein de l’Etat congolais bien avant ma naissance. Je n’avais pas connu cette époque. J’étais à ses côtés durant son passage à la tête de la préfecture de la région du Niari. Les activités professionnelles du préfet avaient, observe-t’elle, laissé des souvenirs impérissables dans mon esprit. En le voyant exercer ses fonctions, j’avais, conclut-elle, pris la résolution de trouver les voies et moyens pour m’impliquer dans des causes qui me tenaient à coeur.P.108.
C’est dire que, Victor Justin SATHOUD, a été un artisan dans la construction de la République du Congo, pour avoir été impliqué dans les instances politiques avant l’obtention de l’indépendance. C’est à ce titre qu’il avait été, de surcroît, aux premières loges, à la Rencontre Nationale qui annonçait la Constitution de la République du Congo le 28 novembre 1958. Il fut également présent, lors de la cérémonie de proclamation de l’indépendance de la République du Congo le 15 août 1960. P.106.
Victor Justin SATHOUD, avait été fait prisonnier, à la chute du président, l’abbé Fulbert YOULOU et libéré de prison après l’amnistie décrétée par le président Marien NGOUABI, à la suite du mouvement insurrectionnel de réajustement de la révolution du 31 juillet 1968.
A sa sortie de prison, Victor Justin SATHOUD, n’hésita guère, à faire une déclaration qui, en filigrane, illustre parfaitement, la profondeur des valeurs humaines et républicaines, auxquelles, il tenait ou qui l’ont toujours animées, toute sa vie durant, celles d’agir en donnant le meilleur de soi pour le bien-être social ou collectif, du respect de l’être ou du Muntu et, de son intégrité, en disant :
“ Car j’estime pour ma part que tous les congolais doivent plus que jamais, comme l’a dit un grand penseur de notre siècle, “devenir des maçons pour bâtir, non pas des murs pour nous séparer, mais des ponts pour nous unir ”. Alors, les termes soeur et frère ne seront jamais de vains mots qui sortent de nos bouches, mais l’expression vivante de notre solidarité et de notre cohésion agissante. Je suis profondément convaincu que c’est dans l’union sincère, fraternelle et confiante de tous les congolais que nous combattrons efficacement le sous-développement de tous ordres qui accablent si atrocement notrze pays, qu’il soit économique, social, culturel, moral, spirituel ou idéologique, afin depréparer à nos enfants des lendemains enchanteurs, pour que vive le Congo. ” P.110-111.
Une belle déclaration que fit Victor Justin SATHOUD, avec un état d’esprit de citoyen congolais digne de foi et de profond respect, en indiquant par ailleurs :
“ C’est donc sans acrimonie, ni nostalgie, sans rancoeur ni haine contre qui que ce soit que je réintègre la nouvelle société congolaise, et pourrais dans la mesure où il me serait donné de le faire, apporter loyalement ma modeste contribution à cette oeuvre exaltante, mais combien délicate, difficile, voire même ingrate, l’oeuvre de construction nationale à laquelle le gouvernement s’est attelè sous l’impulsion du Parti avec l’appui de tout le peuple. J’ose espérer que nous trouverons en chacun un frère honnête et compréhensif, débarassé de l’égoïsme, des suspicions non fondées et préjugés de toutes sortes, qui se fera un devoir patriotique de faciliter notre réadaptation.…”P.109.
Un discours teinté de bon sens et, de grande responsabilité qui atteste, par ailleurs, de la haute conscience politique des gouveneurs de l’époque de Victor Justin SATHOUD, pour lesquels, le sens de l’action, en matière gouvernementale ou ministérielle n’avait de sens que, si elle devait toujours prévaloir l’intérêt supérieur, celui de la Nation et, par voie de conséquence, celui du rejet des intérêts égoïstes qui ne tendent, malheureusement qu’à l’affaiblissement du tissu communautaire.
C’est dire que Victor Justin SATHOUD, fait partie de ces rares et, hommes politiques congolais, ayant exercé des fonctions ministérielles avec beaucoup de gravité, ayant profondément la conviction que, la politique n’a véritablement de sens que, si elle tend, vers des réalisations diverses et variées qui contribuent, au bien-être social des citoyens, tout en laissant aux générations futures des lendemains enchanteurs, comme l’indiquait lui-même.
Tel est, ici, le portrait que Ghislaine Huguette Nelly SATHOUD a merveilleusement dépeint dans son ouvrage, concernant son père et homme politique congolais de haut rang, le nommé Victor Justin SATHOUD que je recommande aux lecteurs, de lire et d’apprécier, de la manière historique et intelligente qui soit, à l’effet de connaître et de partager cette conscience politique de nos premiers dirigeants, pour servir demain d’exemples ou de modèles à suivre.

RUDY MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO MBANZULU (ALIAS TAATA NDUENGA)
DOCTEUR EN DROIT ET AVOCAT A LA COUR,
Diffusé le 24 février 2026, par www.congo-liberty.org
