Par Félix Bankounda Mpélé
Au Congo-Brazzaville, une certaine élite, désormais résolument engagée dans la défense de ses intérêts particuliers, au détriment de ceux de la société, au détriment des principes fondamentaux du droit et de la démocratie, est plus que jamais prête, laborieuse dans toutes les compromissions…
C’est la question, tout sauf mineure, qui s’impose quand les sachant comme certains les appellent, les enseignants de droit, les constitutionnalistes précisément et en l’occurrence, au lieu d’user des outils que leur offre la formation au service du respect de la Constitution, se mettent plutôt au service du pouvoir, se soumettent à leurs caprices pour, au contraire, manipuler la Constitution. Cela, de façon délibérée.
À quoi, dès lors, servent la Constitution et le droit constitutionnel ! Peut-on, d’ailleurs, l’appeler encore droit constitutionnel si, au lieu d’assurer le respect scrupuleux de la Constitution, au lieu de permettre le meilleur fonctionnement des pouvoirs publics, au lieu de garantir le respect des droits et libertés fondamentaux, ce droit est saisi et instrumentalisé par le pouvoir établi pour satisfaire ses lubies ! Résultat des courses, depuis quasiment trois décennies, au Congo-Brazzaville, cinq présidentielles et cinq législatives aboutissent au même résultat ! Soit un président toujours élu au premier tour avec un score stalinien, et une chambre introuvable perpétuelle ! Avec la bénédiction d’une partie de l’élite, servilement à la besogne ! Le professeur de droit peut ainsi dire et marteler, de l’authentique, visible despotisme noir qui règne et sévit au Congo-Brazzaville depuis quarante-trois ans cumulés, et éternellement à contre-sens, notamment qu’ « Il y a une consolidation du droit… nous sommes en train d’avancer » !
Dans ce document-vidéo, cette interview, nous avons pris le prétexte de la sortie d’un enseignant congolais de droit, à l’occasion de la publication de son ouvrage sur le « Droit Constitutionnel congolais » pour dire combien ce que l’on pense et croit a priori du droit constitutionnel, de ses enseignants, n’est pas aussi évident. Au Congo-Brazzaville, globalement, les enseignants de droit, l’élite, passent leur temps à s’auto-censurer, à faire des appels de pied au pouvoir, à occulter voire tronquer la réalité politique pour, bien entendu, tirer leur épingle du jeu, au détriment de la philosophie et des objectifs de ce noble droit, au détriment des droits des citoyens, au détriment de la société tout simplement. L’élite ment, triche, falsifie, se contredit effrontément, transgresse les principes fondamentaux du droit et de la démocratie, sous le prétexte de la classique maxime « Ubi societas ubi jus », quand ce n’est pas, à écouter le professeur au cours de son interview, au nom de ‘l’africanité’, avec des formules du genre « Les choses des blancs sont les choses des blancs », pour battre en brèche les principes fondamentaux du droit, mais aussi ceux de la démocratie ! Une façon, pour cette élite, d’ouvrir toutes les portes, de lever tout obstacle au pouvoir autocratique pour permettre à celui-ci d’assouvir tous ses fantasmes et, pour elle-même et par ricochet, d’en tirer la rente. C’est, désormais, dans cette voie que se situe la compétition de l’élite congolaise ! Elle fait feu de toutes brindilles, mêle chèvre et chou, manipule de façon audacieuse et culottée pour satisfaire ses intérêts !
C’est contre cela que nous avons essayé de rappeler ce que devraient être le profil et la pratique de l’élite : UN PROFESSEUR DE DROIT NE DEVRAIT JAMAIS DIRE ET FAIRE ÇA !
Enseignant-Chercheur, Juriste et Politologue, consultant, Membre de l’Association Française de Droit Constitutionnel, Membre-Expert de l’Institut International de Droit d’Expression et d’Inspiration Françaises (1997-2024)
Diffusé le 05 septembre 2026, par www.congo-liberty.org