Congo : tout se jouera-t-il entre la Grèce, l’Italie et la France pour 2026 ?

 Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Entre le 6 et le 30 juin 2026, une série de rencontres en Grèce, en France et en Italie dont deux qualifiées de « haut niveau », cristallisent l’attention autour de l’avenir politique et financier du Congo. Selon des sources proches du dossier, la célébration de l’anniversaire du mariage du fils de Claudio Descalzi et autres serviraient de couverture aux rendez-vous où se négocieraient des flux de liquidités jugées indispensables pour compenser les dysfonctionnements de l’État congolais et la santé des dignitaires.

Le contexte est clair : la gestion controversée et calamiteuse des figures comme Jean‑Jacques Bouya et Gilbert Ondongo a creusé des retards de paiement qui paralysent des services publics et fragilisent le pouvoir. L’objectif affiché des acteurs présents serait de rapatrier du cash par divers moyens, pour solder ou atténuer ces retards et préserver la stabilité politique. Anatole Collinet Makosso (ACM) a ouvert le bal en faisant, Pointe Noire – Paris – Athènes – Paris – Pointe Noire en 36 heures. Bilan de ce tourisme, des centaines de millions de FCFA dépensés, un pactole qui aurait pu servir à payer les arriérés de pensions des retraités et les bourses des étudiants. Après ACM, les ministres Christian Yoka, Steve Onanga, Rosalie Matondo, la “vice-présidente”  Françoise Joly, Maixent Raoul Ominga, Louis Marc Sakala (qui a été aperçu récemment en Afrique de l’ouest) et Cie emboîtent le pas. Tandis que les coûts de la logistique aérienne donnent le tournis, générés par Air France et une flotte de luxe, les Falcon 7X et Learjet 45 opérés par Regourd Aviation – Amélia- groupe, propriétaire d’Equaflight et d’Equajet qui compteraient parmi ses actionnaires des intérêts liés à la famille Sassou-Bongo via la défunte Édith Lucie Bongo, ainsi que la FELBO, dirigée par Julienne Sassou et sa sœur.

L’enjeu de tous ces déplacements est d’éviter l’effondrement de services publics essentiels et de préserver un pouvoir exposé aux critiques pour sa gestion calamiteuse et qui envoie parents se soigner à l’extérieur. L’action qui consiste à transporter discrètement des liquidités sonnantes et trébuchantes est un pied de nez fait à l’éthique et la légalité. Mobiliser des fonds par cette voie et hors des circuits indiqués, alimentent la défiance et érode davantage l’État de droit.

Les origines

L’histoire de ces arrangements retrace des liaisons politico-économiques nées dans les années 1970 –1980. Au lendemain de la disparition d’Ange Diawara, éphémère Vénérable Maître de 1969 à 1971, une démarche de rapprochement entre Marien Ngouabi et la franc-maçonnerie était engagée. Certains observateurs considèrent que l’internationalisme socialiste développé par Lénine, Trotski et leurs compagnons s’inspirait, sur certains aspects, d’idéaux proches de ceux de la tradition maçonnique.

En 1976, l’attaque menée par le FLEC contre le réalignement du CFCO réalisé par la société italienne ASTALDI avec le petit comptable d’origine calabro-tunisienne, Hubert Pendino, place Marien Ngouabi dans une situation délicate. Il se tourne alors vers AGIP (future ENI), l’une des rares compagnies pétrolières disposées à collaborer avec les États du bloc socialiste.

Les rapprochements engagés dans la perspective d’une initiation occulte conduisent à une rencontre entre Ngouabi et Nicoloso. Cependant, le 19 mars 1976, l’hélicoptère qui les transporte s’écrase entre Owando et Makoua. Nicoloso Enéa et le professeur Diamand, présentés comme instructeurs et parrains spirituels de Ngouabi, trouvent la mort dans l’accident. Le chef de l’État survit, sans imaginer qu’il ne lui resterait alors qu’un peu plus d’une année à vivre.

En 1982, Denis Sassou Nguesso est à l’apogée de son pouvoir. Il vient de consolider son contrôle sur l’ensemble des rouages de l’État congolais. Même la question pétrolière, qui constituait jusque-là un défi majeur, semble désormais maîtrisée par le groupe des « Amazones, groupe né de l’initiative du Grand Maître Nicoloso Enéa, directeur de la société TIBEA (Travaux d’Isolation, Bâtiment et Étanchéité en Afrique), à qui les tenues maçonniques et rassemblement rosicruciennes sont interdites officiellement depuis le MNR pour des raisons de l’idéologie communiste en vigueur. Il organise des réunions spirituelles privées dans sa résidence familiale, au nom de son épouse, Armide Ganziti Nicoloso, dans le quartier de la Mission-Cathédrale, parcelle n°51, section F d’une superficie de 2735,94m2. C’est dans ce contexte que les Amazones, composées de femmes métisses, à la peau claire, réputées pour leur beauté et leur influence, se distinguent.

Leurs liens avec les services de renseignement congolais ont été étroits, ces femmes servant de relais d’information dans les milieux nocturnes brazzavillois.

Une idylle sur fond de pétrole et d’espionnage

Au cours des années 80, les Amazones sont marginalisées, ainsi, Ingoba dont le nom signifie en Mbosi « femme fertile » resoud de s’installer à Pointe-Noire où elle développe un commerce de restauration-bar destiné à la clientèle pétrolière expatriée. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre Claudio Descalzi, alors jeune ingénieur-réservoir recruté par AGIP-ENI en 1981. Sachant ses redevances vis-à -vis de l’ancien DGSE devenu président, Ingoba servira désormais de lien entre les pétroliers rouges italiens et le pouvoir. Nous poursuivrons cette odyssée pétro-idyllique dans nos prochaines publications. En attendant, revenons aux pérégrinations gouvernementales pour dire que les rendez‑vous Occidentaux et non Russe, pourraient, soit sceller un compromis pragmatique, soit précipiter une crise de légitimité..

 Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Diffusé le 11 juin 2026, par www.congo-liberty.org

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