Congo : la face cachée de la rente numérique YAO CORP, AKIENI, Bongo et les marchés de la souveraineté

Derrière les ambitions affichées de digitalisation de l’administration congolaise, des interrogations persistent sur la gouvernance des marchés publics numériques, la répartition des revenus, la transparence des contrats et les liens entre intérêts privés et sphères de décision. Au cœur de ces questionnements figurent notamment YAO CORP, AKIENI, le Système de facturation électronique du Congo (SFEC), Fouta et surtout le duo Frédéric Nzé – Omar Denis Junior Bongo PCA d’AOGC qui s’accapare de tout.

 Le « hub numérique », nouvelle frontière de la rente publique ?

La digitalisation de l’État congolais est devenue un mécanisme de prédation sophistiquée. Présentée comme un levier de modernisation administrative, d’amélioration du recouvrement fiscal et de transparence économique, mais derrière cette ambition, des interrogations se font jour sur les modalités de financement des infrastructures numériques, l’attribution des marchés stratégiques et le partage des revenus générés par les nouvelles plateformes. Sur le rebondissement du débat, figure tout le pan numérique du Congo que Omar Denis Junior Bongo s’approprie en violation des lois. Témoins : le pactole, des 3/4 de la fibre optique du Congo, de Fouta, des Niu, des permis pétroliers, des cartes de la CNSS jamais livrées depuis des lustres, de la taxe dite de « hub numérique » prélevée sur les retraits Mobile Money (MoMo) et certaines transactions bancaires, etc. La taxe est censée financer le Système de facturation électronique du Congo (SFEC), destiné à renforcer le suivi des transactions commerciales et la collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Selon nos informateurs, 30 % des recettes concernées reviennent à YAO CORP, une société appartenant à Yacine (YA) et Omar (O) Denis Junior Bongo. Cette répartition essentielle interroge.

Le nom de YAO CORP est également associé à l’exploitation des infrastructures de fibre optique et aux conditions économiques de certains accords conclus dans le secteur numérique. 80 % de bras sont attribués à cette entreprise dans le cadre d’un dispositif relatif au patrimoine de fibre optique national. Des sources indiquent que YAO CORP a sous- traité le marché du SFEC à sa filiale Akieni, dirigée longtemps par Frédéric Nzé. La rémunération annuelle du prestataire est estimée à près de 7 milliards de francs FCFA  et des dizaines de milliards de FCFA préfinancés par l’État pour des projets informatiques dont les résultats sont invisibles.

AKIENI : Startup d’État où État privatisé ?

L’évolution d’AKIENI s’inscrit dans une transformation plus large de l’économie politique congolaise. Mais le numérique devient le nouveau véhicule de captation financière. Selon les informations rapportées, Frédéric Nzé, introduit auprès d’Omar Denis Junior Bongo par « Joujou » dans le but de contribuer au développement commercial de la holding familiale YAO CORP après la délégation de service public liée à l’exploitation de la fibre noire et des réseaux de transport de E2C où Émile Ouosso a fait les frais d’une résistance résolue avec son débarquement du gouvernement. Le projet SFEC serait né d’une collaboration directe entre YAO CORP et AKIENI. Officiellement, il s’agissait de déployer une solution destinée à moderniser la collecte de la TVA et la traçabilité du chiffre d’affaires des entreprises et à renforcer la mobilisation des recettes fiscales. Michel Ndjombo avec UNICONGO sont cité dans les deals d’Omar jusqu’à son entrée au gouvernement, pendant que les autres complices se sont brouillés plus loin avec des tensions managériales, de recrutements opaques de développeurs à l’étranger notamment à Londres et au Kenya, de mouvements importants de personnel et d’interrogations sur les résultats obtenus au regard des sommes engagées. Le ministre des Finances de l’époque est mouillé aussi dans les montages d’Akieni. Le nom de Joelly Moussoda Itoua, ancien directeur général adjoint d’AKIENI, est notamment associé à des contestations qui ont émergé en 2023 au sujet de certains flux financiers liés au projet SFEC. Des témoignages évoquent des milliards transférés vers Londres pour rémunérer des développeurs fictifs. Le Projet de réformes intégrées du secteur public (PRISP), de la Banque mondiale, constitue un autre volet du numérique. Ce programme devait contribuer au renforcement de la gestion publique et à l’amélioration des capacités administratives de l’État. Mais le PRISP s’est vu non seulement vidé de sa substance, mais aussi pillé dans ses budgets par Ghislaine Eboucka-Babackas,  » Likango ya  » Jean Jacques Bouya, cette dernière s’est permise avec son frère Valery de dépecer les fonds à travers de faux contrats validés par Ousmane Bachir Deme, fils spirituel de Bruno Jean Richard Itoua-Lucifer qui continue à constituer son trésor de guerre actuellement, via les partenaires qu’il veut ramener pour les problèmes d’électricité alors que des solutions existent et la Banque mondiale a apportée des financements des milliards de FCFA.

 Le numérique : camouflage idéologique

Le discours officiel sur la transformation numérique met en avant la digitalisation intégrale, les plateformes intelligentes, l’automatisation des procédures et l’amélioration de la mobilisation fiscale. Pourtant, la modernisation numérique ne peut être dissociée aux difficultés en fourniture d’électricité, à la persistance des procédures papier et à la désorganisation et la faiblesse institutionnelle. La technologie devient ainsi un habillage moderne d’un vieux mécanisme : la privatisation informelle de l’État.

Le précédent du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP), logiciel de comptabilité publique ayant coûté près de 8 milliards de FCFA (sans compter le détournement de près de 3 milliards de FCFA du DSI Guy-Noël Londongo, illustre le désordre. Les interventions parlementaires, notamment celles de Bokilo, auraient dû nourrir un débat public durable sur les coûts, les résultats et la traçabilité des projets informatiques de l’État au lieu de nous parler du  » bidon  » révision de la constitution. Hélas, l’histoire se répète avec des montages, et la dépendance à des prestataires suspect et la faible traçabilité des résultats. Plus inquiétant encore, la résurgence d’une confusion totale entre responsabilités publiques et intérêts privés par Frédéric Nzé.

 Un capitalisme clanique numérisé

Le Congo révèle l’émergence d’un capitalisme clanique numérisé qui structure l’accès aux  marchés stratégiques. Les nouveaux centres de rente ne reposent désormais que sur les données, les systèmes fiscaux, les plateformes de paiement et les infrastructures numériques. Or ces secteurs touchent directement à la souveraineté de l’État. Il est important de souligner que les pays ayant réussi la transition numérique, ont construit les infrastructures digitales autour d’institutions solides, de mécanismes de contrôle puissants et d’une méritocratie technique crédible. Au Congo, on digitalise la fragilité avant même d’avoir consolidé la République. L’État confie ses données fiscales, ses systèmes de paiement, ses infrastructures stratégiques à des réseaux et entreprises privés opaques liés vraisemblablement à Nzé et Bongo qui ignorent des appels d’offres, résultats : la digitalisation cesse d’être un outil de modernisation et de souveraineté. Elle devient un instrument sophistiqué de captation politique et financière. Les mélanges et l’accaparement de tout le pan économique par un clan des méchants et égoïstes dont, Nzé et Bongo, dérange le peuple qui rumine le mécontentement en sourdine qui finira un jour par une implosion. On n’avait pas besoin de recourir à L’archer et LCB capital en ce mois pour refinancer 48,6 milliards de FCFA de la dette en monnaie locale qui arrive à échéance en octobre, si l’argent du numérique n’est pas siphonné par Nzé et Bongo. Les pasteurs qui rencontrent MM. Sassou, Nzé et Bongo doivent se rappeler d’Esaïe 58 :1 à défaut qu’ils ferment leurs églises s’ils ne veulent pas  » dirent  » la Bible. De même, le clan doit arrêter ce duo dans son élan sinon, les congolais n’auront d’autres choix que de réagir comme Denis Sassou Nguesso l’avait conseillé publiquement au cas où  » la Constitution est violée « . Les montages, les détournements et la gouvernance de Nzé qui passe outre les appels d’offres et autres sont interdits par la loi. Si les injustices ne sont pas stoppées et la gouvernance n’a pas changé et non la révision de la constitution qui n’arrangera pas les conditions de vie, alors… (À suivre).

Ghys DOMBE-BEMBA

Diffusé le 17 octobre 2026, par www.congo-liberty.org

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