CONGO : QU’EN EST-IL DE LA PAIX A QUELQUES JOURS DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE DU 15 MARS 2026 ?

                                Par Dieudonné ANTOINE-GANGA.

En ma qualité de diplomate qui « par essence est un ministre de Paix », je dois toujours me comporter en conciliateur, en agent de concorde et d’apaisement. Malgré les découragements relatifs aux événements tragiques que vit le peuple Congolais dont je suis un maillon, je crois toujours en l’homme et en la paix, même si la paix semble parfois la plus dure des batailles ; elle n’est pas impossible. Il suffit seulement d’un minimum de volonté et de courage pour vaincre les embûches et les difficultés que ceux dont la mission macabre est d’empoisonner l’atmosphère, par des rumeurs fantaisistes, par la violence, par la haine, par la délation, par la démagogie et par la haine, sèment sur nos voies.

Je ne me lasserai jamais de déclarer urbi et orbi que nous sommes une génération des « Jean-Baptiste », c’est-à-dire des pionniers tout court pour les générations futures. En tant que tels, nous avons, les uns et les autres, l’impérieux et fraternel devoir de préparer leur avenir en les préservant des fléaux des guerres civiles et des violences à répétitions qui continuent à nous infliger de douloureuses épreuves.

Pour nous tous, l’heure n’est-elle pas venue de nous regarder dans le miroir et de nous demander qu’avons-nous fait, que faisons-nous et que ferons-nous dorénavant pour que tout cela change afin que la paix devienne pérenne ? A ce propos, je voudrais fraternellement nous inviter à méditer sur ces deux articles que j’ai retrouvés dans mes archives. Il s’agit des articles écrits respectivement par le professeur Dominique Ngoie-Ngalla sous le titre « Présidentielles 97 » dans le journal ‘’Le Temps’’ N° 068 du 16 janvier 1997 et Jean Mandzoungou dans le journal de l’Eglise Evangélique ‘’le chemin’’ en juillet 1997.

A/ Le Professeur Dominique Ngoie-Ngalla :

« Les présidentielles, c’est pour bientôt. Déjà s’ouvre, bien perceptible dans les états-majors politiques qui ont commencé à mobiliser, un temps de crise et d’examen. Les sept mois qui nous séparent de l’événement seront, de toute évidence, des mois de fièvre et de haute tension nerveuse qu’il appartiendra aux leaders politiques de surveiller, afin de savoir raison garder. Et il y a de quoi.

En effet, plus qu’aux présidentielles de 1992 où le bon peuple congolais se montre étonnamment démocrate, les responsables politiques devront travailler à canaliser, si proche de la furia dévastatrice, la fougue de leurs militants depuis marqués par les affrontements interethniques de 1993-1994 dont le pays, sur le psychologique et des relations sociales, comme sur le plan économique, a tant de mal à se remettre.

Déjà, dans tous les quartiers de la ville, on ne parle plus que de ces choses, la peur au ventre, et chez certains, le couteau entre les dents. Et beaucoup de nos compatriotes se préparent à déserter les Brazzavilles Noires, pour se mettre à l’abri de la violence qu’ils pensent inévitable. Comme si celles de 1959 et les toutes récentes n’avaient pas suffi ! L’histoire, avait dit Paul Valery révolté, qui en attendant en vain des leçons, ne sert à rien. C’est vrai que le bénéfice de la sagesse par l’histoire a été refusé aux aventuriers et aux foules. Mais pour celui qui réfléchit, l’histoire a une incontestable valeur éducative. Les leaders politiques qui ne sont pas de mauvais bougres, ni des assassins prêts à marcher sur des cadavres pour parvenir à leurs fins, mais des hommes de réflexion et de méditation, devront s’attacher à enseigner à leurs militants tendus et anxieux, les avantages de la justice et de la paix, et que les élections ne peuvent pas être l’occasion pour eux de laisser au bord de la route, d’occire ou même de molester, en cas d’échec, qui n’est pas de leur bord ».

B/ Jean Mandzoungou :

« En fait notre classe politique n’est pas en mesure de tenir une seule promesse. Pendant quatre ans, on a feint de croire qu’on pouvait asseoir la paix et la préserver à partir des seules déclarations d’intentions, sans avoir à vérifier et à sanctionner les actes des uns et des autres sur le terrain. Cette politique du faux consensus et de l’impunité a eu pour résultat d’affaiblir sérieusement l’autorité de l’Etat.

La réalité aujourd’hui est que nos leaders politiques sont inconstants et hypocrites. Ils renouent facilement avec leurs vieux démons, tant leur pratique montre que la fin justifie les moyens. La violence, la manipulation de l’opinion, la corruption des esprits et la tricherie restent encore des moyens d’action pour la conquête ou la conservation du pouvoir. Les milices, privées ou officielles, loyales ou rebelles, demeurent à cet égard pour les uns et pour les autres, un enjeu stratégique.

Le vrai problème, à notre avis, réside donc dans la nature de notre classe politique (au pouvoir comme hors du pouvoir) : incapable de respecter les règles d’un Etat de droit et de s’enraciner dans une culture démocratique. Cet état de choses l’empêche de concevoir et d’accepter un véritable code de bonne conduite, garantissant un scrutin libre et transparent et une campagne électorale sereine, faisant place à un débat responsable sur le bilan de ceux qui ont eu à gérer, et les aptitudes à mieux gérer, de ceux qui aspirent au pouvoir.

Le vrai problème, disons-nous, est dans la tete de nos responsables politiques. Tant que ceux-ci n’auront pas compris et mis en avant les intérêts fondamentaux de notre peuple, tant qu’ils manipuleront les esprits fanatiques à leur cause égoïste, le pays connaîtra encore et pour longtemps son chemin de croix, avec des simulacres de repentance, de cessez-le feu, d’accords et autres pactes pour la paix à répétition dont ils seront toujours eux-mêmes les fossoyeurs. »

Ce qui me pousse à comprendre et à penser que la politique est tout à fait autre chose. Car en politique les gens sont guidés par leurs intérets et il y a très peu de place pour les sentiments. Les luttes politiques, la conquête du pouvoir, la défense des intérets font que ceux qui étaient ensemble hier, s’opposent aujourd’hui. Sur le terrain politique, le vice pousse plus facilement que la vertu.

Hier, notre firmament politique fut marqué par des assassinats sauvages, inexpliqués et injustifiés. Que peut-on dire de ce qu’il en est aujourd’hui ? Ne continue-t-on pas à appliquer la loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent) ? Ne continue-t-on pas à tuer pour se faire peur dans l’espoir de s’imposer politiquement ?

En conclusion, je pense que nous les Congolais, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, nous devons nous engager ensemble, être plus unis que jamais, en oubliant ce  qui nous divise, pour que notre beau et cher pays, le Congo, retrouve les conditions de la stabilité et de pérennité sans lesquelles, il est condamné à disparaître. Car il est dangereux de confondre la lutte pour la Paix avec la lutte pour le pouvoir. La paix est une nécessité vitale pour la société. Dans ce cas, il n’y a plus à opposer la paix à des préalables. Tant que la logique de la Paix ne deviendra pas la logique des négociations et du dialogue, toute construction sera vouée à l’échec.

Dieudonné ANTOINE-GANGA

Ancien Ministre des Affaires étrangères du Congo-Brazzaville

Ancien Ambassadeur à Washington aux USA du Congo-Brazzaville

Diffusé le 23 janvier 2026, par www.congo-liberty.com

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9 réponses à CONGO : QU’EN EST-IL DE LA PAIX A QUELQUES JOURS DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE DU 15 MARS 2026 ?

  1. Anonyme dit :

    Pour paraphraser Jean Mandzoungou, je dirais que ce sont des « déclarations d’intentions » non réalistes de ce que dit ce diplomate (même si l’acte d’intentions n’est pas mauvais, il est donc dans son métier de diplomate) en demandant aux congolais de s’unir et de faire la paix. Comment voulez vous que les congolais s’unissent, dès lors que ceux qui sont pouvoir ne montrent pas l’exemple?! Il est clair qu’il ne peut pas y avoir d’unité et de paix. Ne dit-on pas que « Les escaliers se balaient du haut vers le bas », donc la classe politique dirigeante et même non dirigeante doit d’abord montrer l’exemple et mettre les conditions en place pour la paix (car sans condition pour la paix quelque soit la volonté de montrer l’exemple cela ne sera pas possible) pour que le Congolais lambda suive cet exemple et pratique la paix.
    Ainsi tant qu’il n’y aura pas d’exemple au sommet, et bien les déclarations d’intentions (non réalistes) pour la paix et l’unité des Congolais ne seront que de simples paroles en l’air ou des voeux pieux, et ce diplomate le sait bien et je ne sais pas pourquoi il n’a pas nommément parler des responsables politiques on est gentiment à faire et pratiquer la paix et l’unité pour montrer l’exemple, même s’il l’a fait en citant les deux auteurs, mais à mon avis il lui a manqué du courage pour le dire lui-même avec ses propres mots, en ne parlant que des congolais en général.
    Cela étant dit, je suis totalement d’accord avec ce qu’a dit l’auteur Mandzoungou, à savoir que le problème se trouve dans la tête de la classe politique ce constat a été valable en 1997, et il est toujours valable en 2026.
    
    Et comme l’article parle de la politique, je profite de ce commentaire, pour partager avec les passionnés de la politique et sociologie des autres pays en l’occurrence, la France et le Brésil, un travail de recherche très intéressant, voici le lien de la version française, vous pouvez le partager aussi avec vos proches qui peuvent être intéressés par le sujet : https://www.academia.edu/150254048/Crashs_davions_et_inculpations_judiciaires_deux_modes_utilis%C3%A9s_au_Br%C3%A9sil_et_en_France_pour_%C3%A9liminer_les_candidats_et_m%C3%AAme_des_juges_g%C3%AAnants_prometteurs_aux_%C3%A9lections_pr%C3%A9sidentielles_et_concurrents_dans_le_monde_de_la_Culture
    
    https://www.academia.edu/150254108/Plane_Crashes_and_Judicial_Indictments_two_modes_used_in_Brazil_and_France_to_eliminate_promising_presidential_candidates_and_even_troublesome_judges_and_competitors_in_the_world_of_Culture (version anglaise).
    Bonne lecture !!!.

  2. pierre martin dit :

    a mr d a ganga
    le pb du congo est le suivant:

    le pool a toujours crut que le pouvoir politique doit lui revenir de droit.ils avaient revmnverse labbe f youlou ecarte al m debat assassine marien ng renverse denis
    sassou ng emiette pascal lissouba et depuis 1993 le pool a sa kalachnikov a la main soit 33ans de vie sauvage.

    plusieurs perssonnes physiques et morales se sont tenues aux cotes du pool

    melanie ibouritso pascal lissouba andre milongo bernard kolelas denis sassou ng. charles.zacharie bowao seraphin ondele jacquie trimardeau mgr portella mbouyou le programme des nations unies pour le dev pnud) brazza via le ddr le premier ddr ayant commence en 2001 sous mr william paton( represident resident du pnud a cette epoque) et jusqu’aujourdhui il y a un ddr en cours dans le pool avec la participation de letat congolais( via mr euloge kolelas) et le pnud lambassade des usa le pam lunicef…

    le ddr en cours dans le pool doit etre le plus long du monde(25 ans d’age)

    vous comprenez tout de suite abuse et consomme lessentiel du budget du pnud au congo

    des elections

    le pool a deja choisi son candidat en la personne de frederic bitsangou.il est libre de choisir nul nest force dans ses choix politiques.

    poiurquoi l pool ne doit il voter que pour un candidat du pool?

    de la paix

    hier sous mr lissouba on parlait de colonel anicet( milicien ninja)
    aijourdui on pale de sergent rafale( milicien ninja )
    33 ans separent willy matsanga a sergent rafale

    pourqoi le pool aime il tant les armes?

  3. val de nantes . dit :

    Voilà un concept limité à la critique consensuelle et non conflictuelle . La paix ,c’est laisser faire . C’est bien SASSOU qui allume le chalumet de la guerre , à l’orée de chaque tricherie présidentielle .Une tisane pour des grands brulés ,les congolais épris de vraie paix .Elle n’est possible qu’à la seule condition que SASSOU RESTE AU POUVOIR . C’est aussi clair que ça !Mais ce narratif a commence a prendre des rides .
    Les congolais doutent de cette forme de paix biaisée ,sur fonds du pillage du revenu national .
    Le défi congolais se trouve entre le désir de paix armée et celui d’une paix florissante sur fond d’une économie humaine , diminuant les inégalités sociales .

  4. Anonyme dit :

    Effectivement, refaire les choses echouantes de la meme facon avec la meme maniere et les memes acteurs pourris, quoique les vertues soulignees, sont vouees a l’echec perpetuel comme on le constate depuis toujours…

    Il faut courageusement se remettre en question. Le veritable maleur c’est lorsque les gens bien capables ne font rien pour arreter le mal.

  5. Anonyme dit :

    Quant a l’autre imbecile et barbare, il est paye avec l’argent du contribuable pour polluer l’espace. TRASH!

  6. Samba dia Moupata dit :

    Je me demande si ce fameux Pierre Martin , ne serait pas Jean Claude Ngakosso, car ce garçon m’a tenu ce même discours dans un vol Brazzaville Paris .Effectivement Massamba Débat en moins de cinq ans vous a laissé 54 entreprises fleurissantes , un trésor public en sûr liquidités, 58 ans après c’est la banqueroute des Mbochi qui tourne à l’apocalypse. Oui comme disait le professeur Lissouba que le pool est la locomotive du Congo. Quiconque aurait fait des études à très certainement été enseigné par un enseignant du pool du primaire, secondaire à l’université les ressources humaines du pool ont toujours briller ! Qui n’a pas connus Alaxis Gabou, Mankassa, Makambila, Paul Douna , Bakadio, Niangoula, Ma Dzoumba, Mayetela, Loko Balossa , Mounguegue Fidel , Hervé Diata le premier agrégé en économie, j’en passe…

  7. pierre martin dit :

    finalement les gens demeurent des grands fous.brazzaville avait ete capitale de la france donc a ce titre avait beneficie dun traitement de faveur vis a vis des.autres villes africaines

    chemin de fer, chu de brazzaville initialement concu pour les patients dafrique cet hopital demeure le plus grand dafrique francophone en terme de capacitesde lits( 700 lits) port de pointe noire port de brazzaville centre industriel de nkayi…et meme siege dair france pour lafrique et le moyen orient( c officiel mr c n pas alphonse mr)

    labbe fulbert youlou avait recu de la france un document dorientation des politiques publiques appele par plan quinquennal.dans cette meme veine la france avait fait organise desjeux de lamitie( antananarivo dakar puis brazzaville en 1965)

    en 1963 une excitation politico ethnique etait passee par la et labbe avait demissionne( demission en passant illegale et anticonstitutionnelle)

    on ne sait trop par quel tour de magie mr al m debat avait accede a la tete de letat congolais( accession illegale et anticonstitutionnelle car la demission du president de la rep nentrainait pas celle du vice president)

    donc al m debat avait execute le plan quiquennal concu par la france pour le congo.cela.avait.dailleurs.souleve l’ire.de mr lazare matsokota ,neveu direct de labbe f youlou

    lazare.avait perdu la vie.dans.des conditions non encore elucidees et cela ninteresse plus personne car trop de temps sest ecoule..de.65 a aujourdhui quand meme!

    cest du vrai theatre quand on nous presente al m debat comme etant un homme dune grande probite.non mr.

    si cetait vraiment le cas marien ng naurait pas accede a la tete de letat

    les investissements francais ayant quasiment baisse a brazzaville au profit del libreville abidjan et dakar on nous parle de massamba debat.non mr

    cest la france qui avait fait briller brazzaville.cest la france qui avait construit lhopital a cisse.de pointe noire tout comme le wharf( unique warf construit par la france au monde)

    brazzaville avait deja abrite le siege de loms afrique depuis 1952.c n pas alphonse mr.

    apres loms le suivant accord de siege fut par le congo en 1975.avec la bdeac

    toujours en 1975 le congo avait signe un accord avec loua poir antîter lesiegede luapt.

    ce batiment fut incendie en 1997 par ceux la meme qui se.battent aujourdhui contre la dgsp.

    lua ayant provisoirement transfere luapt.a nairobi la installe de facon definitive a arusha ou dar es salam.

    enfin par respect pour mr al m debat il sied de faire savoir que ce nest pas lui qui avait construit lhopital de makelekele la route du djoue.ni.le.boulevard des armees congolaises.ne lui attribuez pas ce qu il n’a pas realise.letat.est une continuite mr.

    58 milliards….ca mr c chiffre est inconnu.des archives du tresor public congolais.il.nengage que son revelateur.

    pour ce qui est des.bebes.noirs et des ninjas cest deja dit et entendu ils seront tous tues sans exception.meme le 15 mars jour du vote ils seront tues.

    nous les tuerons eux tous quoi vous les aimez les bebes noirs et les ninjas

    nous les tuerons meme le 15 mars meme au lendemain du 15 mars nous les tuerons

    nous ne voulons plus de desordre dans ce pays.

  8. Val de Nantes dit :

    Chaque plaisir se dépérit. Point besoin d’en rajouter davantage. Le temps est notre allié objectif. L’histoire a montré les similitudes politiques qui rappellent que le pouvoir reste une île illusoire..
    Le pouvoir n’est jamais un ami fidèle ; il se glisse entre les doigts à la moindre inadvertance. Tant que toutes choses se destinent à disparaitre, il ya eu de faire confiance à la force de la nature..

  9. Val de Nantes dit :

    Tout ceci relève de la distraction. La vraie question qui vaille est celle ci.
    Où va l’argent du pétrole ?
    Car un calcul macro-économique nous démontre que nous sommes trop petits pour trop de pétrodollars.
    En voici la preuve : Si nous sommes 6 millions d’habitants pour un revenu national ou PIB évalué à 400 milliards de CFA, chaque congolais aurait :
    400 milliards de CFA/ 6 millions de CFA= x CFA par année.
    C’est le PIB/hb . La somme est colossale pour citoyen congolais. Ce qui veut dire que les dépenses publiques effectuées par l’État touchent chaque agent économique congolais à hauteur de xCFA issu du PIB/ hb par année.
    Que Sassou arrête de nous distraire sur des présidentielles factices et truquées d’avance.
    Qu’il nous dise où va l’argent du pétrole et du gaz ?

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