Présidentielle de mars 2026 au Congo : une victoire annoncée avant le scrutin ?

Bernardin DILOU

Par Bernardin DILOU

À quelques mois de l’élection présidentielle annoncée pour mars 2026, le pouvoir en place donne déjà le sentiment troublant que le verdict des urnes est connu d’avance. Les récentes déclarations du président sortant, M. Denis Sassou Nguesso, affirmant que l’opération menée par la DGSP contre les kulunas et les bébés noirs se poursuivra « toute l’année 2026 et au-delà », sonnent comme un aveu à peine voilé : celui d’une victoire déjà acquise avant même la tenue du scrutin.

Dans tout État démocratique digne de ce nom, une telle affirmation aurait suscité un débat national, voire un tollé institutionnel. Car comment un président, encore officiellement candidat déclaré du PCT, peut-il engager l’action publique bien au-delà de la durée de son mandat sans attendre le verdict du peuple ? Cette posture n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une longue tradition de confiscation du pouvoir, de mise en scène électorale et de mépris assumé pour la souveraineté populaire.

Les Congolais ne sont pas naïfs. Ils savent déjà à quoi s’en tenir. Ils ont vu, vécu et subi les précédents scrutins : des élections sans suspense, organisées dans des conditions opaques, avec des résultats connus à l’avance. Le décor est toujours le même : un découpage électoral taillé sur mesure, un fichier électoral non actualisé, des institutions électorales inféodées, une opposition fragmentée à dessein et une force publique davantage utilisée pour intimider que pour protéger les citoyens.

Dans ce contexte, parler d’« élection présidentielle » relève davantage de la rhétorique que de la réalité démocratique. Il s’agit moins d’un rendez-vous avec le peuple que d’une formalité destinée à reconduire un système à bout de souffle, installé au pouvoir depuis plus de quarante ans.

Quarante ans d’un règne sans partage, quarante ans de promesses non tenues, quarante ans d’échecs répétés dans presque tous les domaines essentiels : social, économique, culturel et politique. Le Congo, pourtant riche de ses ressources naturelles, de sa jeunesse et de son potentiel humain, demeure l’un des pays les plus marqués par la pauvreté, le chômage, la précarité et l’exode de ses compétences. Les infrastructures sont délabrées, l’école est sinistrée, l’hôpital abandonné, la culture marginalisée, et la jeunesse livrée à elle-même.

Même le livre-bilan récemment mis en avant par le pouvoir peine à convaincre. Il ne peut masquer la réalité quotidienne des Congolais : la vie chère, l’absence de perspectives, l’injustice sociale, la confiscation des libertés publiques et la peur savamment entretenue. On ne gouverne pas durablement un peuple avec des slogans, encore moins avec la force.

Les propos du chef de l’État, président sortant, justifiant la prolongation de l’action sécuritaire par la nécessité de garantir la liberté de circulation « de jour comme de nuit » aux mamans commerçantes, pourraient sembler rassurants s’ils n’étaient pas instrumentalisés à des fins politiques. La sécurité est un droit, certes, mais elle ne peut servir de prétexte à la militarisation de la vie publique, à la répression des voix dissidentes et à l’étouffement de toute contestation citoyenne. Et, ce droit ne peut s’exercer en dehors du cadre juridique et ou constitutionnel.

Face à cette situation, le silence serait une faute historique. Il revient désormais aux leaders des partis politiques de l’opposition, aux intellectuels, aux universitaires, à la société civile, aux artistes, aux jeunes et aux femmes du Congo de prendre pleinement leurs responsabilités. Le temps n’est plus aux calculs individuels, aux querelles de leadership ou aux compromissions. Le temps est à l’unité, à la pédagogie citoyenne et à la mobilisation pacifique.

Mobiliser pour dire non à une élection sans crédibilité. Mobiliser pour exiger des conditions minimales de transparence et d’équité. Mobiliser pour rappeler que la souveraineté appartient au peuple et non à un clan. Mobiliser, surtout, pour refuser de céder aux sirènes d’un pouvoir qui, depuis des décennies, n’a cessé de paupériser les Congolais tout en s’enrichissant.

Le peuple congolais doit comprendre que l’avenir ne se mendie pas, il se conquiert. Non par la violence, mais par la conscience, l’organisation et la détermination collective. L’histoire nous enseigne que les peuples qui renoncent à leur voix finissent toujours par perdre leur dignité. Pourtant, un vieux proverbe africain nous rappelle une vérité essentielle : « L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse ».

Autrement dit, les cris du pouvoir, ses démonstrations de force et ses discours martiaux peuvent donner l’illusion de la toute-puissance. Mais pendant que l’on détourne le regard vers l’arbre qui chute, une forêt entière est en train de grandir : celle d’un peuple qui s’éveille, s’organise et refuse désormais la fatalité.

Mars 2026 ne doit pas être une simple date sur un calendrier électoral vidé de son sens. Il doit devenir un moment de réveil national, un sursaut citoyen, une étape décisive vers la reconquête de notre destin commun. Le Congo vaut mieux que la résignation. Il mérite la vérité, la justice et l’alternance. La messe n’est dite que lorsque le peuple abdique. Tant qu’il se lève, parle et agit, l’espoir demeure.

Bonne et heureuse année 2026 !

Par Bernardin DILOU

Diffusé le 04 janvier 2026, par www.congo-liberty.org

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8 réponses à Présidentielle de mars 2026 au Congo : une victoire annoncée avant le scrutin ?

  1. Anonyme dit :

    Il n’y a indubitablement plus rien à innover, à renover, à imaginer ensemble avec Takou au Congo, après quarante+ (40 s’il vous plait) de pouvoir anarchique et ultra criminel…

    Les parents l’ont vu, les enfants l’ont aussi regardé, les grands enfants le trouvent à la même station, pulvérisant l’essence et enflammant tout ce qui a été essentiel pour ce pays, appauvri comme jamais! Connait-il la honte, ou sait-il même ce qui est un scandale crapuleux?

    On ne peut tout simplement continuer avec cette escroquerie fatale dans une nation après des décennies, pour accompagner misérablement un bandit et délinquant toute la vie. Il va falloir au people Congolais (sans dire con-go-laid) l’instinct d’éradiquer la torpeur et la résignation, immédiatement.

    On ne peut faire des omelettes sans casser les oeufs; nous l’avions récité jadis!

    Joyeuse année, Bernadin et aux compatriotes.

    Le Louboukou Yongo
    (P.S. même signature a.k.a « anonyme » sur l’article de DiAG)

  2. Val de Nantes dit :

    Sassou,un créateur de misère congolaise.Il a tout détruit pour créer un océan de misère socio économique.Et son passif est effrayant,au regard de son long séjour insipide au sommet du pays. On l’aurait presque oublié ! .
    C’est la fameuse maxime Schumpeterienne  » la destruction créatrice » ; mais de façon inversée.Mal comprise par Sassou,le Congo Brazzaville en fait les frais..
    L’idée de Schumpeter est de détruire pour créer davantage, pour Sassou, c’est détruire pour ne rien créer sinon la misère…Tel est le triste bilan politique de l’homme politique le plus vomi du pays..
    Il parle du taux de croissance du PIB en progression, alors que le marché du travail Congolais dément vertement son optimisme béat..
    À croire que les kulunas viennent d’un Monde d’ovnis. C’est bien la preuve de l’échec patent d’une politique d’apartheid social initié par ce gouvernement..

  3. Val de Nantes dit :

    Si Trump veut en savoir davantage sur les ressources naturelles du pays, il n’avait qu’à répéter le scénario du Venezuela au Congo Brazzaville.Et le Congo Brazzaville lui en saurait gré tant ils sont fatigués de la sénilité de Sassou au sommet inutile du pays..
    Le Congo Brazzaville attend toujours son messie et lorgne du côté des USA pour pouvoir s’échapper de la dictature féroce qui s’y déploie..
    Que l’ONU valide le droit d’un peuple ,en proie à la dictature, à se faire aider des soutiens extérieurs pour s’en libérer..Le cas Maduro en interpelle plus d’un.
    Faudrait il laisser un peuple sous le magistère féroce d’un esprit obtus, fourbe et criminel sans lui apporter le moindre secours ? .
    Y a t-il une humanité à géométrie variable ? .
    Les limites de l’humiliation d’un pays, longtemps asservi par un dictateur à fortiori d’un pays sous développé sont incompréhensibles au vu de l’état souffreteux où s trouve ce peuple..
    Pour paraphraser De Gaulle, ce machin de l’ONU à intérêt à revoir son logiciel de géopolitique mondiale….
    Plusieurs leviers de pression internationale pourraient venir à bout d’un dictateur ,et notamment celle de suspendre tout prêt..Le FMI, drapé dans une posture coloniale , allume davantage les effets toxiques de la cause dictatoriale au Congo Brazzaville..
    À quand l’application de la vraie démocratie au Congo Brazzaville, avec les bénéfices économiques ,sociaux qui lui sont associés ?

  4. Samba dia Moupata dit :

    Cher Bernardin, comme disent les Allemands, mieux vaut la fin de l’horreur que l’horreur sans fin. En réalité ces pseudos dirigeants Mbochi sont des liquidateurs de nos richesses naturelles, dont Sassou Denis est le chef d’orchestre depuis mars 1977. L’opération de la DGSP est faite pour générer la peur dans la population . Car Sassou Denis très bientôt ne pourra plus payer ses propres miliciens Mbochi faute de liquidités. C’est aux congolais épris de liberté de sortir massivement dans nos rues pour mettre fin à cette barbarie Mbochi…

  5. val de Nantes dit :

    Quand les congolais désirent le désir des vénézualiens ! La contamination heureuse .
    A chacun sa chance ! Hier ORTEGA , aujourd’hui ,c’est MADURO ,le danseur imitateur de TRUMP .Et demain ? Je ne pense pas que SASSOU fasse partie de la liste des dictateurs pétroliers et parfumés des drogues . Oui les critères semblent réunis pour son voyage en hélicoptère aux USA ,car la drogue fait partie de la besace politique de SASSOU par OMBALO , son fils spirituel ,extirpé du pouvoir .OMBALO s’en est échappé de peu .
    Que TRUMP consulte la diaspora parisienne sur le cas de SASSOU .Et il sera bien servi.
    Le Congo BRAZZA veut désormais son MADURO , seul levier d’action pour sa libération .

  6. Anonyme dit :

    Tout à fait!
    Des manifestants iraniens par exemple prendraient apparemment le contrôle des villes en rejetant le régime islamique, renommant des rues: rue du président Trump…

    Amen!

    Takou vraissemblament considère depuis dans sa petite cervelle de moineau, bestiale, que le Congo est devenu depuis une épicerie familiale conquise, sa proprieté privée avec le concours et support de certains chiens galeux domestiques et étrangers.

    Peuple Congolais, le destin est vôtre, saisissez-le sans équivoque!

  7. Val de Nantes dit :

    Le rêve congolais transféré au Venezuela. On s’en délecte ! Mais Trump y pense vraiment ? Sassou passe sous le radar Trumpiste. En Mars prochain,ce dictateur d’alima va revioler la volonté populaire.On ne se refait pas ! Une habitude banalisée par la passivité congolaise en attendant le messie.
    Et si c’était Trump ? L’espoir fait rêver.

  8. Anonyme dit :

    La Maison-Blanche a déclaré dans un communiqué que le président Trump avait signé un mémorandum ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales et traités qui «ne servent plus les intérêts américains». Les responsables ont déclaré que l’accord climatique faisait partie des accords les plus importants inclus dans la directive.

    «Ces retraits mettront fin au financement des contribuables américains et à leur implication dans des entités qui font avancer des agendas globalistes au détriment des priorités américaines, ou qui traitent des questions importantes de manière inefficace, de sorte que les fonds des contribuables américains soient mieux répartis autrement pour soutenir les missions concernées», indiquait une fiche d’information liée à la Maison-Blanche.

    L’administration a décrit cette décision comme faisant partie d’un effort plus large visant à réaffirmer la souveraineté nationale sur la politique énergétique et environnementale. «Pendant trop longtemps, des bureaucrates mondiaux non élus ont dicté la manière dont l’Amérique utilise ses propres ressources», a déclaré un haut responsable de la Maison-Blanche. «Ce président estime que les travailleurs américains, et non les comités internationaux, devraient décider de l’avenir énergétique de l’Amérique…

    C’est autant illustrer et signifier que l’ont attend pas un liberateur/sauveur en dormant tout simplement comme des marmottes, avec une hibernation prolongée, sans action aucune, espérant une divinité.

    C’est aux intellos Congolais et Politiques ou aspirant politiciens, que revient la soigneuse tâche de déposer et faire intéresser conséquemment et convainquant le pourri dossier Takou à la Maison Blanche nononbstant les potentiels crocs-en-jambe des néocolons inutiles et omniprésents du côté de la méditérranée.

    L’intérêt américain au petit Congo-Zoba est relativement insignifiant mis à part la considération humanitaire et l’enjeu d’effacer les dictateurs notoires qui posent autrement des risques de sécurité autour du globe…

    Aide-toi, le ciel t’aidera!

    N’appelez jamais ces fantasies et mascarades con-go-laides sans débats publiques ni véritable cadre constitutionnel et juridique propres, des ‘élections’. C’est une insulte même à un enfant du lycée.

    Peuple Congolais, lève-toi, quoi qu’il en soit, à ce point-ci!

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