La lutte affichée contre une criminalité et une délinquance devenues endémiques au Congo, par le fait d’une gouvernance elle-même criminelle et criminogène, devient en cette fin d’année 2025 le miroir grossissant de l’état de ce pays à la dérive, de sa morale à l’envers, de ses institutions en carton et de ses dirigeants ostensiblement loufoques et nuisibles. Voici donc un pays dont les griots se targuent de qualifier de « PAYS DE DROIT » ! Sur des plateaux de télévision et sur des plateformes numériques, des esprits en apparence éclairés vous expliquent, arrogants et fiers d’eux-mêmes, en citant des articles de ce torchon qui tient lieu de constitution du pays, comment la constitution et les conventions internationales garantissent le respect des droits et libertés fondamentaux des citoyens. Ils claironnent à qui veulent les entendre que la police et la justice républicaines protègent les droits des congolais !
Pourtant, en cette fin d’année 2025, Sassou Denis et son régime ne font plus semblant. Ils ne se cachent plus et tuent à visage découvert sur la place publique tout en revendiquant leurs forfaits. Ils n’attendent plus le « petit matin », à l’abris des regards, pour accomplir les assassinats sordides qui sont la marque indélébile de ce système. Malgré les drames vécus par les victimes et leurs familles, c’est une chance historique inespérée de pouvoir disposer en temps réel des éléments matériels indiscutables sur les crimes commis, leurs auteurs et les circonstances de leur commission. Dans les rues de Brazzaville et des autres villes du pays des escadrons de la mort pourchassent, arrêtent, ligotent et abattent froidement devant des familles terrorisées des jeunes gens supposés être des KULUNA. Des cadavres gisent dans des mares de sang à même le sol. Des mères de familles, spectatrices malgré elles de ces horreurs, hurlent leur douleur à en vomir. Des badauds, souvent des mineurs, s’agglutinent autour de ces spectacles macabres de cadavres abandonnés des heures durant comme des dépouilles de chiens sans maître. Les traumatismes se lisent dans les regards hagards de ces enfants en uniforme scolaire. Personne ne peut décrire ce que perçoivent ces jeunes cerveaux à peine formés. Dans un pays où la force et la violence sont glorifiées, ces criminels en treillis sont sans doute perçus comme des héros qui manient la gâchette sans sommation sur des victimes désarmées. En réalité, ceux que Sassou présente comme une unité d’élite n’est qu’une bande de miliciens formés pour tuer du civil. Car, s’ils sont si forts que ça, pourquoi ne vont-ils pas combattre sur des théâtres d’opération où des frères africains luttent contre des ennemis armées et coriaces comme dans l’Est de la RDC à côté de chez nous ou dans le Sahel.
Les meurtres ciblés, multiples et systématiques perpétrés sur des civils, sous couvert de la traque des délinquants et des criminels, par des militaires sous les ordres écrits de leur chef et en dehors de tout cadre légal et juridictionnel, constituent des crimes contre l’humanité. Sans faire du juridisme qui n’a pas lieu d’être ici, envoyer des soldats armés, parfois nuitamment, pour abattre sans autre forme de procès des personnes civiles non armées supposées être des criminels sont des actes visés par l’article 7 du traité de Rome relatif au statut de la Cour pénale internationale (CPI). La circonstance qu’une partie de la population qui n’a connu que le crime comme mode de règlement des conflits approuve ces opérations meurtrières ne change rien à leur nature. Car, si l’Etat congolais est tel qu’il se proclame par ses représentants et par ses griots – comme un Etat de droit – rien ne peut justifier que des supposés criminels identifiés et arrêtés ne soient pas présentés à la justice pour être jugés et le cas échéant condamnés, notamment à la réparation du préjudice causé aux victimes. En les exécutant froidement et sans procès, Sassou Denis et ses miliciens privent les victimes éventuelles d’un droit à réparation de leur préjudice subi du fait des crimes commis par ces supposés KULUNA.
Comme si la barbarie des meurtres ne suffisait pas, les habitations des familles sont détruites et les familles sont empêchées de manifester leur deuil. Quelle humanité !
Puis, au-delà de toutes ces considérations factuelles, il y en a une qui devrait intéresser un Etat digne de ce nom : connaître la vérité en décortiquant les méandres du phénomène criminel des KULUNA qui terrorise les populations depuis tant d’années. C’est une illusion de croire que l’on peut éradiquer un phénomène criminel dont les ramifications s’étendent jusque dans l’appareil sécuritaire de l’Etat sans chercher à démanteler et à traiter judiciairement les piliers criminogènes de ce phénomène. A moins que ces opérations n’aient qu’une seule motivation qui reste le seul argument de cette tyrannie qui a trop duré : semer la terreur pour dissuader toute velléité de contestation.
Pour ces crimes-ci, sans exclusion de tous les autres auxquels Sassou Denis se réfère pour en justifier le mode opératoire, la chance historique des congolais d’aujourd’hui et de demain c’est de disposer des vidéos, des témoignages et des documents écrits qui les présentent. L’autre bonne nouvelle, c’est que ces crimes sont imprescriptibles. Ce qui veut dire que des auteurs de ces crimes seront jugés tôt ou tard. Pour une fois, le temps demeurera l’allié indéfectible de la justice.
Mais, pour arriver à cette justice, il faut rassembler tous les éléments de preuves disponibles. Toute personne témoin de ces crimes ou détentrice d’informations sur ces crimes est invitée à livrer son témoignage à l’adresse mail suivante : crime-humain@brazzaville-justice.org
Le Collectif contre les crimes humains au Congo-Brazzaville
Diffusé le 14 janvier 2026, par www.congo-liberty.org
