Monsieur le président : Graciez JMM Mokoko, André Okombi Salissa et les autres opposants politiques
1, Etat des lieux.
La pièce de théâtre contestée du 15 mars 2026 – élection présidentielle- est terminée. Les rideaux sont tirés. Les résultats sont contestés par l’opposition et acceptés par la majorité présidentielle. Le président Sassou a encore gagné avec 94,82 % des suffrages exprimés, loin devant certains opposants comme Dave Mafoula ou Destin Gavet, qualifiés d’opposants accompagnateurs. On peut revenir à l’infini sur les incompétences stratégiques des opposants de la diaspora et de l’intérieur à se rassembler, à construire des leaderships de consensus. C’est un constat normal mais une perte de temps car cette opposition s’appuie sur le verrouillage du système politique par le président Sassou, que j’ai qualifié d’antonomase, pour ne rien faire. On se plaint que, depuis plus de quatre décennies, le nom République du Congo devienne République de Sassou. Voici donc, pour ceux qui ne le savent pas, le principe de l’antonomase qui fait qu’un nom propre devient un nom commun.
Les opposants, à juste titre, critiquent la mascarade électorale au Congo. Les griefs sont connus : l’absence des cartes biométriques, la suppression de certains partis politiques, l’embastillement de certains membres de l’opposition, dont Okombi Salissa et JMM Mokoko, la composition discutable de la commission électorale nationale indépendante. En plus de ces griefs, il faut rajouter les faibles mobilisations des populations et surtout des membres de la société civile. La peur a envahi l’espace politique congolais et cette peur n’est pas simplement due aux Kulunas dont la DGSP a fait son affaire en rassurant les populations congolaises.
A côté de ces éléments nationaux, on peut ajouter l’absence de l’environnement international pour parler des élections au Congo, même si l’Union africaine a délégué l’ancien président Akufo Addo comme observateur régional. La France, qui d’habitude est prompte à réagir, n’a rien dit et cela est normal car il y a deux cents entreprises françaises qui préfèrent faire du business que de s’occuper des atermoiements des oppositions congolaises. C’est ici une piste que les opposants ne doivent pas négliger, eux qui recherchent le consensus, le dialogue national et la transition politique. Tous ces éléments ne se décrètent pas par des discours , mais nécessitent une construction méthodique sur le terrain. Ce sont des éléments importants à tenir en compte pour une alternance démocratique, à moins que certains estiment, comme on peut l’entendre ici ou là, que seul un coup d’État militaire est normal pour obliger le président Sassou à quitter le pouvoir. Cette conception de l’accès au pouvoir n’est pas la mienne car je préfère le débat d’idées structuré, les mobilisations des populations qui souffrent en fonction d’une cartographie sociologique claire, ce qui oblige à apporter des réponses idoines, au-delà des discours émotionnels sur l’embastillement de la société politique.
La pièce de théâtre, c’est à dire l’élection, est terminée et maintenant on fait quoi ?
2. Le président réélu doit gracier Mokoko, Okombi Salissa et les autres prisonniers politiques.
L’idée de grâce présidentielle n’est pas de moi mais d’un jeune frère, que je me permets de citer ici, Espérance Ketto (Afrikili TV, « Il faut dire la vérité », 27 mars 2026, Youtube). Tous les éléments de travail n’engagent que moi, mais en prenant cette idée et en la développant, je montre que les sachants congolais peuvent travailler ensemble, ce qu’ils ne font pas, malgré des discours ampoulés et des revendications justifiées, mais très peu suivies de réflexions concrètes. La grâce présidentielle est un instrument juridico-politique. Elle permet d’annuler ou de réduire la durée de la condamnation, sans annuler celle-ci. Je laisse aux juristes le soin de débattre de cette problématique mais en attendant, si la grâce du président Sassou était réalisée, elle permettrait à Mokoko et Okombi Salissa d’être libres.
Président Sassou, après votre j’assume de la conférence nationale, sortez par la grande porte en graciant les opposants politiques congolais. Je ne suis ni leur représentant, ni leur affidé, ni leur conseil, mais je constate que c’est le prix à payer pour l’accélération de la marche vers un développement politique fondé sur la réconciliation nationale et sur la capacité des Congolais à vivre ensemble.
Pour la justice congolaise, Mokoko et Okombi Salissa sont des prisonniers de droit commun, ces deux opposants ont travaillé avec vous, Mokoko comme chef d’État Major pendant la conférence et Okombi Salissa comme votre soutien pendant la guerre civile de 1997, il a été de nombreuses fois ministre. Pour l’opposition politique, ils ont été embastillés et ils purgent une peine de 20 ans depuis 2016 car ils ont osé vous défier politiquement.
Conclusion
Monsieur le président, pendant plus de quatre décennies, vous avez toujours, avec votre mouchoir blanc, œuvré pour l’unité et la stabilité au Congo. En graciant les opposants politiques, vous sortez par le sommet de la pyramide tensionnelle et politique du Congo depuis les années 60 ; mais cette grâce ne doit pas vous faire oublier que votre nouveau mandat sera scruté grâce aux réformes institutionnelles, au pluralisme politique réel et aux réformes des cadres légaux de dialogue qui doivent intégrer tous les enfants de la République sachant ou non sachants. Voilà Monsieur le président la fin de ce message qui n’est ni une injonction, ni un conseil, mais une recommandation du modeste congolais que je suis et qui voit avec peine le tissu social de son pays se déliter. Faites en sorte Monsieur le président, que le vivre ensemble soit effectif et ne se traduise pas un vivre ensemble séparé.
Lucien PAMBOU
Diffusé le 04 avril 2026, par www.congo-liberty.org

Ah, le très ambigu Monsieur Lucien Pambou frappe encore plus fort…
Comment peut-on qualifier de “pièce de théâtre” une élection censée être digne de ce nom ? Non, cher Lucien, il s’agit là d’une véritable barbarie qui met des vies humaines en danger.
Soutenir le contraire relève, à mes yeux, d’une profonde erreur d’appréciation. Les drames vécus par Mokoko et Okombi illustrent justement cette tentative vaine de concilier l’intelligence avec la médiocrité de Sassou Denis.