EMISSIONS OBLIGATAIRES ET LE BLANCHIMENT D’ARGENT expliqués aux pauvres Congolais

Illustration du transport des 200 tonnes  de billets de banque blanchis
Plus de 2 000 milliards de FCFA
de 2017 à nos jours

L’enquête produite très récemment par Congo-Liberty, très complète sur le sujet des BTA et OTA, mérite d’être détaillée et mise à la portée du plus grand nombre de nos lecteurs. En voici donc quelques éléments essentiels :

Le 15 août dernier une jeunesse livrée à elle-même, s’est déchaînée au stade Massamba-Débat. Deux bandes rivales, sans motivation particulière, ont transformé l’enceinte sportive en une avenue des Champs Elysées, un soir de 14 juillet ou de victoire du PSG. Le sang a coulé, deux morts et de nombreux blessés dans l’indifférence des forces armées et des policiers présents. Le salaire du 15 août 2025 n’avait pas été versé !

Pourtant Denis Sassou Nguesso ne manque pas d’argent ! Des montagnes d’argent qu’il réserve pour ses besoins personnels et ceux de son innombrable descendance ; enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants qu’il faut faire vivre grassement pendant que tous les Congolais se serrent la ceinture depuis trois générations… !

Un Etat CCC en voie de sombrer dans le « D »

Lorsque l’Etat congolais a besoin d’argent, il lui est, depuis longtemps, impossible d’emprunter. Sa notation CCC+/- par les agences Standard & Poor’s, FITCH Ratings et autres, ne le lui permet pas. Pourtant, suspecte complaisance à l’égard du tyran, cette note aurait pu être bien pire : Sassou Nguesso n’a jamais remboursé un prêt correctement dans les délais, selon les engagements qu’il a pu prendre. Cependant, la plus mauvaise note de crédit qu’une agence de notation puisse attribuer à un État est « D », qui signifie « défaut de paiement » (default). Et le Congo n’en est pas loin du tout !

Cette note indique que l’État n’a pas honoré ses obligations de paiement sur ses dettes. Il peut s’agir de défauts de paiement sur les intérêts ou le capital, ce qui est le signal d’un risque financier extrêmement élevé. Avant d’atteindre cette note, un pays est souvent dégradé à des échelons inférieurs dans la catégorie « spéculative » comme :

  • CCC+/CCC/CCC- : Risque de défaut très élevé.
  • CC : Risque de défaut imminent.
  • C : En défaut de paiement, mais les obligations de l’État continuent d’être honorées sur certains marchés.

La note « D » représente donc le dernier échelon de l’échelle de notation, marquant l’incapacité totale de l’État à rembourser ses dettes.

Aujourd’hui le cousin-ministre des finances Christian Yoka se démène, comme un beau diable, pour que le pays ne sombre pas dans le « D » ; prochaine étape du Congo des Nguesso dans sa descente aux enfers économiques et financiers qu’ils auront plus que méritée ! Chaque mois ou presque des OTA ou des BTA (emprunts d’Etat) arrivent à échéance. La priorité est donnée à ces remboursements, les salaires du 15 août dernier ont ainsi été sacrifiés pour faire face à ces « priorités ».

Les Congolais qui ne mangent plus depuis longtemps à leur faim, qui voient autour d’eux des proches, des parents, des voisins, mourir chaque jour par manque de soins, apprécieront…

Les Nguesso veulent sauver avant tout leur fonds de commerces et de gangstérisme : continuer à voler le plus longtemps possible !

La martingale des émissions obligataires (OAT- BTA) 

Des magots cachés aux Emirats, en Chine et dans une multitude de paradis fiscaux ne se comptent plus. « Cet argent-là ne rentrera jamais au Congo ! » du moins le pensent-ils ! Cependant, les trésors en stock sur le territoire congolais, en FCFA, ont vocation à dépanner le pouvoir lorsqu’il est aux abois ; lorsque les cours du pétrole se trainent à de bas niveaux ou que le gang mafieux des Nguesso n’a que trop siphonné les caisses et le Trésor Public, la martingale des émissions obligataires (OTA et BTA) se met alors en place.

Néanmoins, seul un Etat voyou comme le Congo de Sassou Nguesso peut oser user d’une combine aussi grossière et cousue de fil-blanc.

Sassou Nguesso et des conseillers financiers dans son ranch d’Oyo

Une question se pose : qui a bien pu souffler pareille idée ?

 Liquidités domestiques et rôle des émissions obligataires dans leur “blanchiment”

Le contexte financier congolais est donc marqué, depuis plus de deux décennies, par une accumulation massive de liquidités en FCFA, issues de la captation de rentes pétrolières et de pratiques de corruption à grande échelle. En fait, les Nguesso ont saigné à blanc tous les secteurs de l’Etat. Les Congolais le savent parfaitement et il est inutile de revenir là-dessus : pétrole, minerais, or, diamants, forêts, douanes, Port, Aéroports, droits maritimes (Socotram Willy Nguesso), jeux, alcools, tabac, drogues diverses et variées, passeports simples et diplomatiques, marchés de l’Etat, denrées importées de premières nécessité et sans oublier le Trésor Public, Open Bar pour les Nguesso bien tenu par l’inamovible Albert Ngondo : se rappeler l’affaire Rémy Ayayos !

La République du Congo est un Etat MAFIEUX, plus que voyou, bien connu du monde de la finance et des organisations internationales.

Ces montants, stockés principalement sous forme de billets physiques, restent difficiles à réinjecter dans le système bancaire classique en raison des dispositifs internationaux de lutte contre le blanchiment.

Or, les émissions obligataires de l’État congolais ont offert une opportunité unique pour ces capitaux :

  • Souscription au guichet auprès des établissements agréés (comme le montre le formulaire officiel de l’Emprunt Obligataire du Congo 6,25% net 2021–2026), dans lequel figure une grande banque française parmi les intermédiaires.
  • Dans la pratique locale, ces souscriptions peuvent se faire en espèces.
  • Le souscripteur obtient un titre d’État valide et reconnu, convertible dans le système financier formel.
  • Au remboursement, les fonds transitent par les circuits bancaires officiels, devenant “blanchis” et utilisables non seulement dans toute la CEMAC mais également sur les places financières internationales.

Conséquence directe

Cette demande “hors marché” crée une pression à la souscription déconnectée des logiques classiques de rendement ou de risque, contribuant à des taux de couverture record dépassant souvent 300–400 %. Pour un émetteur CCC+ tous les voyants doivent normalement se mettre automatiquement au rouge !

Ce ne fut jamais, le cas ! De 2017 à nos jours, le Trésor Public de la République du Congo a bénéficié d’environ 150 émissions obligataires…

Les responsabilités de contrôle en zone CEMAC

En zone CEMAC, la lutte contre le blanchiment d’argent et le contrôle des flux financiers sont gérés par plusieurs institutions. Leurs responsabilités se déclinent dans l’ordre hiérarchique suivant :

  1. Le GABAC (Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale) : C’est l’autorité suprême. Il établit les normes, coordonne les politiques de LBC/FT (Lutte contre le Blanchiment des Capitaux et Financement du Terrorisme) et évalue leur mise en œuvre par les États membres.
  2. La COBAC (Commission Bancaire de l’Afrique Centrale) : Elle est chargée de la supervision directe des banques et des institutions financières. Elle contrôle leur conformité aux réglementations de LBC/FT et peut imposer des sanctions en cas de manquement. Une limite de 5 millions de FCFA a été mise en place seulement en 2022. Sans fermeté, les pressions des personnalités politiques leur permettent de passer outre les restrictions et l’évasion (après blanchiment) continue…
  3. La BEAC (Banque des États de l’Afrique Centrale) : En tant que banque centrale, elle supervise l’intégrité des systèmes de paiement et gère la réglementation des changes.

Rôle de la Banque de France

La Banque de France n’est pas une autorité de contrôle direct dans la zone CEMAC. Son rôle est principalement celui d’un partenaire et d’un conseiller technique. Elle intervient à travers :

  • Le soutien technique : Elle fournit son expertise à la BEAC et à la COBAC en matière de stabilité financière et de LBC/FT.
  • Le secrétariat du CLAB : Elle assure le secrétariat du Comité de Liaison Anti-Blanchiment (CLAB), un forum qui facilite la coopération et la coordination des efforts de LBC/FT entre les pays africains de la Zone Franc (dont ceux de la CEMAC) et la France.
  • La garantie de convertibilité : Elle est impliquée dans le dispositif de la garantie de convertibilité du franc CFA, un mécanisme géré par le Trésor français qui assure la stabilité de la monnaie.

La Banque de France a un regard sur tout, cependant, concernant la République du Congo et Denis Sassou Nguesso, le silence est surtout de mise ! Surtout lorsqu’une grande banque française est concernée !

Quant au Fonds Monétaire International, il feint d’ignorer le stratagème grossier mis en place à Brazzaville et recommande « une gestion prudente de la dette … » ; comme il ignore les cessions de permis pétroliers à vil-prix qui profitent particulièrement bien à ses anciens cadres, qui se sont intégrés dans le «Contenu Local » !

Une montagne d’argent sale, blanchie

Le 5 août dernier, l’émission obligataire CG1300000961 BTA-52 d’un montant de 15 milliards de FCFA, échéance au 6 août 2026, a été effectuée par adjudication. Le résultat, Taux de Couverture, n’a pas été communiqué. Cependant, les salaires des policiers n’ayant pas été payés, il est fort probable que les souscriptions ont été très inférieures aux attentes.

La République du Congo semble être entrée dans un cycle infernal d’émissions-cavalerie : les nouvelles seraient destinées au remboursement des anciennes et/ou de leurs intérêts. Sinon ce sera le défaut et la fin des haricots ou presque.

Pourtant une montagne d’argent sale a été blanchie, de 2017 à nos jours plus de 2 000 milliards de FCFA principalement au bénéfice des barons du régime !

Un billet de 10 000 FCFA pèse 1 gramme. Une liasse d’1 million de FCFA, 100 billets, pèse donc 100 grammes.

Un milliard de FCFA, cela représente 0,1kg x 1000 = 100 kilogrammes.

2 000 milliards de FCFA = 100 x 2000 = 200 000 kg  soit un total de 200 TONNES

L’équivalent en chargement de 15 à 20 camions poids-lourds qui sont arrivés aux guichets des banques agréées  SVT. De l’argent volé, détourné, sale qui s’est retrouvé entre les mains des banques centrales et transformés en quelques petites lignes de titres dématérialisés, disponibles à leurs échéances d’intérêts et du principal dans tous les grands établissements bancaires de la planète… !

Le crime était presque parfait !

Hector Captagon

Diffusé le 26 août 2025, par www.congo-liberty.org

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3 réponses à EMISSIONS OBLIGATAIRES ET LE BLANCHIMENT D’ARGENT expliqués aux pauvres Congolais

  1. Le fils du pays dit :

    Le système mafieux, criminel, maléfique et diabolique installé au Congo depuis cinquante sept ans par les parrains.
    Le pouvoir donné par les maîtres depuis la nuit des temps a toujours été une mascarade que vous soyez compétents ou pas.Ils vous le donnent ainsi que ses succursales pour vous lier les mains.
    Tant que les Congolais ne comprendront pas l’utilité de la politique et du pouvoir politique.Eh ben on tournera en rond
    Le vrai pouvoir c’est celui qui émane de la communauté ou du peuple.

  2. Le fils du pays dit :

    @Hector Captagon.Le Congo est un champ de ruines.
    Vu votre texte,vous semblez être spécialiste du domaine économique et financier.
    Vous serez parmi les sollicités pour sortir ce pays cette ornière.
    Excellent texte.

  3. Samba dia Moupata dit :

    Cher Hector , officiellement Sassou Denis encaisse 8 milliards de dollars an de recettes pétroliers, sauf que ce dernier souffre d’une pulsion irréversible de dilapider tout l’argent du pays. Ce Mbochi cleptomane est incapable de nous dire combien doit-on aux chinois ? Le fils Yoka ferait mieux de nous expliquer comment peut-on dilapider 5000 milliards des CFA chaque année, alors que le pays c’est chaos incarné ! On est chez les dingues Mbochi, car ces derniers occupent à 100% tout les départements de la régie pétrolière et financière…

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