Congo-Brazzaville : Que souhaitons-nous pour 2026 ?

Par Dieudonné ANTOINE-GANGA

Que souhaitons-nous pour la nouvelle année ? De l’emploi pour tous, une « Santé » en forme, la fin du calvaire des retraités, une bonne et rigoureuse gouvernance, une bonne éducation et une bonne scolarisation de nos enfants, une fin du délestage permanent de l’électricité, une abondance d’eau potable et saine, de bonnes routes principales et secondaires dans tout le territoire, des investissements stratégiques, la fin du tribalisme, du népotisme, du régionalisme et du culte de la personnalité… ?

Qu’on le veuille ou non, c’est la performance d’ensemble qui va conditionner les ambitions des congolais à concrétiser dans les années à venir. Après avoir découvert nos failles que nous feignons d’ignorer, il nous faudra nous ressaisir tout en débusquant la relance des recoins insoupçonnés. Notre pays doté d’immenses réserves de pétrole et d’autres richesses, demeure pourtant un chantier permanent pouvant donner du travail à tout le monde et importer éventuellement la main-d’œuvre étrangère. Ce qui permettrait à tout le monde de vivre heureux, sans stress du lendemain.

Côté social, les factures sont très profondes. Les retraités continuent à vivre leur calvaire. Beaucoup de congolais n’ont pas, comme l’affirme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme « droit à un niveau suffisant pour assurer leur santé, leur bien-être et ceux de leurs familles, notamment pour l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires. »

Il y a aussi les jeunes, cette génération que l’on présente comme ‘’nerveuse, stressée, impactée par l’environnement et la société ; ou comme sombrant dans une oisiveté chronique et ipso facto dans le banditisme et la criminalité’’. Mais aussi ‘’vivace et active, capable de produire, de se prendre en charge et non d’être éternellement assistée.’’ Donc, une jeunesse à laquelle devrait s’appliquer avec rigueur, entre autres, la Loi Portella de 1960, contre la délinquance juvénile et arrêter un programme de développement qui consisterait à éradiquer la pauvreté, la misère et la clochardisation de la population en se focalisant sur la jeunesse, la pépinière et l’avenir du Congo.

Au cours de l’année 2026, il faudra coûte que coûte, amener, la jeunesse congolaise à se revêtir d’un nouvel habit de valeurs cardinales, telles que par exemple :

  • Aimer le Congo, notre patrie, être fier d’en être citoyen et se disposer à le respecter, à l’honorer et à le défendre jusqu’au péril de sa vie. A ce propos, la création d’un Service Civique de la Jeunesse qui insufflerait aux jeunes gens la foi dans les destinées de notre pays, serait très souhaitable.
  • Promouvoir et inculquer la culture de l’excellence et de la compétence : nul n’ignore que ce sont des hommes et des femmes, tous excellents, diplômés, doués de savoir et de savoir-faire dans les différents domaines d’activités et qui sont les artisans du développement de notre pays.
  • Promouvoir la culture de la créativité, de l’esprit d’initiative et d’entreprise. Il faudrait amener les jeunes à retrousser les manches et à créer des entreprises dans tous les secteurs d’activités. Il y va, en tout cas, de leur avenir.
  • Promouvoir la culture du vivre ensemble et de la pratique de la solidarité. Aujourd’hui il sied de reconnaitre sans vergogne que les Congolais vivent malheureusement dans un environnement de méfiance, d’égoïsme, d’égocentrisme, de jalousie, de haine, de délation, de tribalisme et de méchanceté parfois gratuite. La culture du vivre ensemble et de la solidarité doit être une valeur que tous les Congolais devraient cultiver en eux pour que désormais, leurs relations ne soient plus empoisonnées par des considération tribales, régionalistes, religieuses ou philosophiques.
  • Promouvoir le dialogue qui demeure l’arme des forts et non des faibles ; c’est l’arme de ceux qui font passer leurs problèmes généraux avant les problèmes particuliers, avant les questions d’amour propre.
  • Promouvoir la paix, non par la force, ni par les intimidations ni par les menaces. La paix qui n’est pas un vain mot, mais un comportement. Tout citoyen congolais qui se dit apôtre de la paix, doit d’une part, défendre le dialogue à tout instant car le dialogue et la paix sont étroitement liés, et d’autre part, travailler à promouvoir le dialogue et la paix.
  • Promouvoir la culture du pardon aux fins d’en faire bénéficier par exemple nos compatriotes Jean-Marie Michel Mokoko et Okombi Salissan qui sont toujours en détention.
  • Faire que les Congolais soient eux-mêmes afin de ne pas se sentir obligés de soutenir un homme politique dont l’agir ne concorde point avec leur conscience, même s’il est de leur tribu ou de leur région, voire de leurs partis respectifs. A ce propos, qu’ils se souviennent toujours d’une part de ces propos d’André Frossard « Quand on abdique sa conscience entre les mains d’un parti, il s’en empare mais ne vous la rend jamais. Il ne faut pas déléguer son regard, son intelligence ou sa conscience à quiconque, jamais » et d’autre part de ceux du professeur Levy Makany, ancien ministre de l’Education Nationale : « Être homme, cela se construit, souvent à travers les difficultés de la vie, mais aussi grâce à la persévérance et le goût de l’effort, au respect et à l’attachement de vraies valeurs. »

Enfin, unissons tous, nos efforts, parents et l’Etat, pour sauver en 2026, la jeunesse congolaise qui, malheureusement continue à sombrer et à se désintégrer progressivement en suivant la pente actuelle.

En effet, seuls un grand courant d’enthousiasme, un amour passionné du pays, peuvent nourrir cette volonté d’effort et de sacrifice ; seuls, ils peuvent conjurer la création de blocs hostiles qui opposeraient violemment dans la nation d’une part les mieux pourvus et de l’autre ceux qu’écraserait le sentiment d’une injustice. C’est vraiment une tâche magnifique de contrôler, d’aider et de régler les activités privées et individuelles de la vie nationale pour les faire converger harmonieusement vers le bien commun. Il faut aussi tenir compte qu’un pays ne se développe pas pour sa jeunesse, mais avec elle.

Evidemment, les prochaines élections présidentielles sont le grand cap que tout le monde surveille. Dans tout ce grand remue-ménage, une seule vérité doit se dégager : 2026 devra être ce que chacun d’entre nous aura décidé d’en faire, comme par exemple, recréer le bonheur qui, contrairement à ce que nous croyons, se trouve dans les petites choses.  Malheureusement l’égo nous en éloigne, car il entraîne un individualisme exacerbé et des réponses inadéquates aux circonstances de la vie ; ainsi, il détruit le bonheur qui est différent du plaisir et ne peut exister sans partage. Le bonheur, c’est avant tout l’amour, au sens le plus noble du mot. Aimons-nous vivants.

Dieudonné ANTOINE-GANGA

Ancien Ministre des Affaires étrangères de la République du Congo

Diffusé le 03 janvier 2025, par www.congo-liberty.org

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4 réponses à Congo-Brazzaville : Que souhaitons-nous pour 2026 ?

  1. Anonyme dit :

    Que Takou soit manié copieusement comme Nicolas Maduro!
    Le sauvage d’Edou aux milles constitutions taillées de primitive qui a reussi à faire bannir le petit Congo-Zoba des visas d’entrée aux USA toutes catégories, doit quitter la scene.

  2. Val de Nantes dit :

    Une maudurosation semble utile pour le Congo Brazzaville. Les Maduros africains,dont Sassou méritent une telle humiliation, du fait de leurs inconséquences politiques et économiques. Cette nouvelle formule de libération de la servitude dictatoriale doit être louée.
    Que Trump fasse une visite surprise à Sassou.Et c’est le Congo Brazzaville qui retrouvera son indépendance,stricto sensu.

  3. Samba dia Moupata dit :

    Cher aîné Dieudonné, que pouvons-nous espérer des soit disants dirigeants Mbochi sans conscience et sans vision ? Nous avons l’un des Mbochi le plus diplômé Gilbert Odongo détenteur d’une thèse doctorale en économie qui vient nous parler d’un bilan élogieux de Sassou Denis, alors que tous les signaux d’une faillite sont très visibles dans le pays ! L’absence de la pensée des pseudo dirigeants Mbochi ne laisse aucun doute que le désastre actuel va se transformer en apocalypse. Je pense q’une révolte populaire des sudistes n’est pas une option, mais une impérative pour sauver ce pays…

  4. Anonyme dit :

    votre reve est louable mais combien il coute?meme si le petrole n etait pas gagee et surtout vers la fin de son exploitation .le president sassou n est pas seul responsable du sous developpement de l afrique et du congo en particulier les vrai responsables sont ceux qui insultent les occidentaux pour avoir le champ libre et abuser des citoyens sans qu ils puissent protester malheureusement c est la majorite comme fils du pays dia moupata ect…plus ils sont diplomes sans experiences plus ils sont revolutionnaires donc irrationnels c est la plaie de l afrique ex ganga qui reve sans dire avec quel argent il va realiser ce reve il parle de petrole gagee et bientot la fin de son exploitation dommage pour l afrique ,d avoir des irresponsables comme intellectuels

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